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    Au nom de la gloire, le livre qui a inspiré Rush

    Joest Jonathan OuaknineJoest Jonathan Ouaknine5 octobre 2013Aucun commentaire
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    Le film Rush est actuellement sur les écrans. Ce film raconte l’histoire du championnat de F1 1976, avec le titre de James Hunt. Il s’agit en fait de l’adaptation d’un livre, Au nom de la gloire. L’éditeur Premium vient opportunément de le traduire en français.Le championnat du monde 1976 est, en apparence, digne d’un scénario hollywoodien.

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    Il y a d’abord les personnages. D’un côté, on a James Hunt, une sorte d’incarnation seventies d’Iron Man, avec son côté flambeur et sa nuée permanente de groupies. De l’autre, Niki Lauda rappelle les méchants de Batman avec son visage défiguré et son caractère plus solitaire, plus taciturne.

    Il y a ensuite l’histoire avec ses rebondissements : Ferrari domine, puis c’est le tour de McLaren, Lauda se blesse grièvement, puis il revient et in extremis, Hunt, l’outsider, s’impose. Tout cela sur fond d’histoires de gros sous, de filles, de triche, de coups de bluff et d’encore plus de gros sous… A la limite, si c’était une fiction, personne n’y aurait cru !

    Le livre de Tom Rubython décortique la vie (avant, pendant et après 1976) de Lauda et Hunt.

    Il commence par casser le mythe : en fait, ils ne sont pas si différents. Tous les deux viennent d’un milieu plutôt bourgeois. Ils adorent les plages espagnoles et les stations de ski suisses. Tous les deux ont connu la galère, sportive et financière. Lauda végète longtemps comme « privateer » en F1, tandis qu’Hunt a failli se retrouver sans volant fin 1975. C’est aussi une autre mentalité. Juan-Manuel Fangio regardait à peine ses contrats. Stirling Moss préférait rouler pour un ami que d’avoir une bonne voiture. Hunt et Lauda considèrent qu’ils ne doivent rien à personne. Ce sont des mercenaires qui sélectionnent le meilleur rapport salaire/voiture.

    En 1976, ils sont à leur apogée. Terminée, la galère ! A leurs manière ce sont deux jeunes qui veulent profiter de la vie, à coups de séjours dans des palaces et de dîner avec des stars. Hunt profite de sa popularité pour mener un train de vie façon « Rolling stone en tournée ». Quelque part, ils sont coupés de leur ancien monde. Du coup, l’omniprésent responsable du marketing de « rouge et blanc » (leur sponsor commun) joue les grands frères ou les nounous.

    Les Grand Prix s’écoulent. Au fil des succès de l’un et des défaites de l’autre, on voit que chacun joue un personnage. Hunt est un faux-cool qui se prépare physiquement et mentalement (une première à l’époque.) Derrière son masque froid et décidé, Lauda est en proie permanente au doute. Lorsque la lutte s’intensifie, tous les coups bas sont permis. Tant au niveau des pilotes que de leurs écuries respectives.

    Rubython a fait un travail remarquable. Il a interviewé de nombreux témoins de l’époque, dont Lauda, John Watson (proche des deux hommes), Alastair Caldwell (alors N°2 de McLaren) ou John Hogan (le fameux responsable marketing de « rouge et blanc ».) S’y ajoute une lecture des journaux de l’époque. Ainsi, il multiplie les visions contradictoires. Il se montre également très didactique dans son approche. Les novices apprendront ainsi le pilotage, les circuits, certains points de règlements, etc. C’est un livre accessible au profane.

    Rubython adopte un style descriptif, assez neutre et très académique. Eu égard au sujet et à l’intensité de la bagarre, on aurait pu espérer davantage de lyrisme. D’autant plus que le livre est desservi par une traduction approximative, pleine d’anglicismes et de fautes diverses (la deuxième édition sera, dit-on, mieux réalisée.)

    Enfin, Rubython n’est pas tout à fait neutre. Il penche un peu pour Hunt. Après tout, comme il le reconnaît, cet Anglais qui vainc un germanophone, ça a des airs de bataille d’Angleterre… La plupart des non-britanniques sont traînés dans la boue (y compris le N°1 de McLaren, l’Américain Teddy Mayer.) Les tifosi n’apprécieront pas sa description d’un Daniele Audetto médiocre, laquais d’un Enzo Ferrari complètement sénile.

    Crédits photos : McLaren, sauf photo 1 (Joest Jonathan Ouaknine/Le Blog Auto)

    A lire également :

    Souvenirs, souvenirs : McLaren a 50 ans

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    Joest Jonathan Ouaknine

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