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James Hunt: sex and drugs and Rock n’roll

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En ce moment, il y a une « James Hunt-mania ». Documentaires, articles… Pourtant, il n’y a rien de particulier à fêter: il est né en 1947, mort en 1993 et a été titré en 1976. Peut-être est-ce la nostalgie d’un pilote qui brûlait la vie par les deux bouts, à une époque où la F1 est si lisse

Fils de courtier, James Simon Wallis Hunt n’a jamais aimé l’école. Il fait une première année de médecine, puis il assiste à une course avec des amis. C’est le déclic.

En 1969, à 22 ans, il se lance en Formule Ford, puis en F3. Son budget est très serré. Lors d’une course de FF, il tire tout droit et la voiture coule dans un étang. Heureusement, Hunt n’avait pas acheté de ceintures (pour faire des économies) et il peut nager jusqu’à la rive.

Les débuts de Hunt sont laborieux. Il stagne 3 saisons en F3 et y gagne le nom de « Hunt the shunt » (Hunt-l’accrochage.) A force d’avoir des accidents violents, il a peur avant chaque course.

Mi-1972, il est viré par March. Max Mosley n’appréciait particulièrement pas que son pilote n’en fasse qu’à sa tête.

Notez qu’à l’époque, il partage un appartement avec Niki Lauda.

Vu qu’il a déjà 25 ans, ça sent la fin de carrière. Hunt rencontre alors Thomas Alexander Fermor, Lord Hesketh. Cet excentrique aristocrate oisif vient tout juste de dépasser la majorité (21 ans à l’époque) et ainsi d’hériter de la fortune familiale.

Hunt le convainc d’acheter une March F3 de 1971 et de former le « Hesketh Racing ».

Hesketh possède sa propre logique. Les résultats n’arrivent pas en F3, alors il monte en F2, pour 1973. Toujours pas de succès? Bah, la F1 coute à peine plus cher que la F2, alors tant qu’à faire…

James Hunt débute ainsi en Grand Prix avec une March aux couleurs d’Hesketh.

En 1974, Hesketh construit son propre châssis, dessiné par Harvey Postlethwaite et très inspiré par la March. Hunt décroche 3 podiums à son volant. Il se conduit en F1 comme en F3 et il n’hésite pas à prendre à parti un pilote qui l’a accroché.

Homme à femmes, Hunt tente de se caser avec Suzie Miller. Il la trompe dés leur rencontre et arrive complètement saoul au mariage.

Quelques mois plus tard, Richard Burton offre un million de dollars à Hunt pour qu’il divorce. Il répond à Burton qu’il lui débarrasse de son principal poste de dépense.

Hunt est hué par la presse spécialisée, qui n’aime pas son dilettantisme. A contrario, avec lui, la presse à scandale en a pour son argent! Il porte régulièrement des badges du type « sex is a high performance thing » ou « sex is the breakfast of champion ».

1975 voit Hesketh à son zénith. A Zandvoort, Hunt domine son ex-colocataire (et ami) Niki Lauda. Lord Hesketh et son poulain célèbrent leur première victoire à coup de majeurs levés à l’intention de la presse et des autres patrons d’écuries.

Grâce à des 2ème places au Paul Ricard et à Zeltweg, l’Anglais termine le championnat au 4e rang.
Il est alors d’autant plus populaire que depuis la retraite de Stewart, les Britanniques sont devenus rares sur les podiums (alors qu’une décennie plutôt, ils les monopolisaient.)

Hélas, peu après, lord Hesketh doit jeter l’éponge, faute de fonds. Sans volant à l’hiver 1975-1976, Hunt a droit à un coup de pouce du destin. Emerson Fittipaldi décide soudainement de quitter McLaren pour aller chez Copersucar, l’écurie fondée par son frère.
Hunt hérite du volant chez les « rouge et blanc ». Bien que son style vestimentaire (il refuse de porter des costumes ou les tee-shirts aux couleurs de sponsors) ne cadre pas trop avec eux.

Il est d’emblée compétitif. Mais la FISA ne l’aime pas et lui cherche des poux dans la tête. Vainqueur à Jarama, il est disqualifié (puis finalement réinstallé) pour cause de voiture trop large. A Silverstone (où il s’impose également), il est disqualifié. Son essence est conforme, mais Penske a le même fournisseur et la leur est non-conforme.
Au Nurburgring, il mène de bout en bout une course marquée par le terrible accident de Lauda.

Hunt est l’une des premières personnes que Lauda appelle. L’Autrichien a peur (à juste titre) que ses brulures ne le défigurent à jamais. Réponse de l’Anglais: « T’inquiète pas! De toute façon, t’étais déjà moche! »

Vainqueur à Zandvoort, à Mosport et à Watkins Glen, Hunt remonte au classement. Le titre se jouera pour la finale, au Mont Fuji.

Hunt part à Tokyo une quinzaine de jours avant, accompagné d’un ami, le motard Barry Sheene. Ils s’installent au Tokyo Hilton, parce que tous les jours, les hôtesses de British Airways y font une escale de 24 heures.
Hunt les guettait et dés qu’une (ou plusieurs) hôtesse(s) arrivait, il la(es) séduisait. 33 femmes défilèrent ainsi dans sa chambre!

Officiellement, avant le départ, Hunt fume calmement une clope avant le départ. Il faut qu’il soit 3e pour être titré et il pleut des cordes. En fait, il a peur.

Au 2e tour, Lauda et d’autres rentrent aux stands. D’après l’Autrichien, les pilotes s’étaient mis d’accord avec Ecclestone pour faire le minimum syndical de tours pour que la course soit homologuée.
Mais d’autres (dont l’Anglais) continuent. Le ciel se dégage un peu. Hunt est 3e. Ses pneus sont à bout et Vittorio Brambilla remonte comme une flèche: doit-il changer de gommes? Les panneaux sont contradictoires. Sous son nez, Depailler est victime d’un éclatement violent. Puis, l’un des pneus avant de la McLaren éclate. L’Anglais rentre aux stands, change ses pneus, repart 5e. Il double deux concurrents et termine 3e à un tour. Ce n’est qu’une fois sur le podium qu’il comprend qu’il est champion!

1977 débute moyennement, puis Hunt décroche des victoires à Silverstone, Long Beach et au Mont Fuji.

A Silverstone, il s’est débrouillé pour que McLaren donne sa chance à un jeune qu’il a croisé en Formule Atlantic: Gilles Villeneuve.

A Long Beach, Hunt reçoit sa panoplie préférée: une coupe, une clope, une bière et une fille (en l’occurrence, une pin-up de Penthouse.)

Autant la presse haïssait Hunt, autant il était populaire parmi les pilotes. Il est autant capable de parler en gentleman, que de jurer comme un charretier. L’admiration pour Stirling Moss était réciproque… Le « champion sans couronne » se disait qu’à côté de lui, il faisait figure de fêtard et de dragueur amateur!

Hunt boit beaucoup, fume beaucoup (et pas que du tabac…), festoie jusqu’à plus d’heure, se « repose » en galante compagnie jusqu’aux derniers moments avant le départ… Et pourtant, il gagne des courses. Sportif accompli, il participe aux entrainements du FC Chelsea et à des compétitions d’athlétisme.
Son secret pour rester en forme? La cocaïne.

La motivation de Hunt s’émousse. Il est champion du monde de F1, que peut-il faire de mieux?

Il ne monte qu’une seule fois sur le podium, au Paul Ricard.

A Monaco, il a une fan de choix: la princesse Caroline. Elle se serait néanmoins contenté de le chronométrer et elle n’aurait pas visité son motorhome…

L’époque n’était pas toujours à la fête. Les accidents mortels en F1 étaient hélas encore possible. En septembre 1978, à Monza, Ronnie Peterson se tue.

Son cercueil est porté par John Watson, Jody Schekter, Emerson Fittipaldi, Niki Lauda, James Hunt, et Åke Strandberg. Le chauve n’est autre que Gunnar Nilson alors atteint d’un cancer au stade terminal.

Il quitte McLaren à l’issu de la saison 1978. Ferrari, encore impressionnée par son titre, lui fait les yeux doux. Il décline et ils embauchent du coup un de ses meilleurs amis, Jody Schekter.

Hunt signe chez Wolf, où il y a de nombreux ex-employés d’Hesketh. Démotivé à mi-saison, il décide de raccrocher.

Hunt n’était pas un retraité heureux, bien au contraire. Dépression, alcoolisme, dépendance à la drogue, finances dans le rouge… L’année 1979 se termine très mal pour lui.

La BBC lui offre un rôle de commentateur de Grand Prix pour 1980. Il retrouve les circuits. Suite à un accident de ski, c’est sur des béquilles qu’il débarque à Long Beach.

Hunt finit par prendre son job au sérieux. Le duo qu’il forme avec Murray Walker est improbable. Le vétéran multiplie les formules pompeuses. Alors que les phrases de Hunt se résument à « c’est des conneries », « quel merdier » ou à « quel con, ce mec! » Il « apprécie » particulièrement Philippe Alliot et Jean-Pierre Jarier.

Comme son pote Lauda, Hunt a songé à revenir. Il effectua un test chez Williams, mais la motivation l’avait définitivement quitté.

Sur la fin, Hunt voulait se racheter une conduite, arrêtant les excès divers et se lançant dans l’élevage de perroquets (!). On le voit ici en 1990, avec une brochette de champions, pour le 500e Grand Prix de l’Histoire de la formule un.

Le 15 juin 1993, il demande à une certaine Hélène de devenir sa troisième femme. Elle accepte. Il joue au billard avec Sheene. Puis il va dans sa chambre, où il décède d’un arrêt cardiaque.

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7 Commentaires sur "James Hunt: sex and drugs and Rock n’roll"

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Invité

Ca c’est de l’histoire

Marcus
Invité

Sympa l’article, merci JJO 😉
Ce n’est plus à l’heure actuelle qu’on verrait débarquer de tels pilotes ^^

Same Yumako
Membre

Et pendant ce temps Alonso pleurniche « passke Petrov l’a pas laissé passer » 🙂

Bon article.

josh
Invité

Exact, il a fait sa vieille pleureuse en levant le poing en s’enfuyant devant lui. La grande classe Fernando, un vrai patron.

El gracus
Invité

Bon article, peut être une série sur les pilotes des annees 70/80 ?

doubleD
Invité

ça c’etait des vrais pilotes,avec du caractere,pas un caractere qui s’arrete a leur compte en banque « dixit Jarier »Hunt je me rappel l’avoir vu en chair et en os a Dijon en 1977 je crois.

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