Renaudilution
C’est la suite logique des récentes annonces du groupe Renault, qui tranche dans le vif depuis un certain temps : à la tête d’Alpine Motorsports depuis 2023, Bruno Famin quitte ses fonctions au sein du groupe Renault., en conséquence des choix stratégiques opérés par Renault dans le sport automobile. En l’espace de quelques mois, tout le programme sportif du groupe, ou presque, a été condamné : si l’écurie Alpine continue son engagement en F1 (mais des rumeurs de vente circulent déjà), le groupe a validé dès fin 2024 l’arrêt du programme moteur en F1, mais aussi début 2026 la fin du programme Endurance à l’issue de la saison actuelle et le retrait de Dacia du rallye-raid.
de la F1 au WEC
Bruno Famin a d’abord été un pilier de Peugeot Sport, où il fut l’un des architectes du programme 908 victorieux au Mans en 2009. Après un interlude au sein de la FIA, où il contribua à relancer la Formule 1 en pleine période Covid, il a basculé vers Alpine en 2022, prenant la tête du programme moteur, puis de l’écurie F1 toute entière, avant de superviser l’engagement de l’Alpine A424, symbole du retour de la marque au plus haut niveau de l’endurance. Un projet prometteur, mais qui n’aura finalement été qu’une parenthèse. Arrivé au cœur du dispositif en 2023 comme directeur d’Alpine Motorsports, puis Team Principal en Formule 1, l’ingénieur français s’est retrouvé au cœur d’un recentrage stratégique d’abord, d’une période de crise, puis du retrait progressif des programmes historiques du constructeur.
Bruno Famin prend tête d’Alpine F1 en 2023 après le limogeage d’Otmar Sfaznauer puis il voit débouler ce cher Flavio Briatore à l’été 2024, revenu du diable vauvert et missionné par Luca di Meo pour restructurer et relancer Alpine. On imaginait bien que cette cohabitation n’allait pas faire long feu. C’est là que le moteur Renault s’est vu condamner. Puis Bruno Famin a vu son spectre décisionnaire se réduire, au point finalement d’être remplacé par Oliver Oakes, quittant l’écurie F1 pour se recentrer sur les autres programmes.
Réorientation stratégique
Sauf que depuis, le directoire du groupe Renault a changé. Luca de Meo s’en est allé, et son successeur, François Provost a confirmé que le sport automobile était loin d’être sa priorité, face aux défis industriels et financiers de la transition électrique, qui concerne particulièrement la marque Alpine. Le programme Hypercar Alpine en Endurance a également été mis sur la touche. Viry-Châtillon s’orientant vers un laboratoire technologique tourné vers l’avenir.
La réorganisation se poursuit : Axel Plasse reprend désormais la supervision opérationnelle du programme Endurance, aux côtés de Philippe Sinault, pilier historique de Signatech, la structure qui a engagé les “Oreca Alpine” puis les Alpine en Endurance depuis 2013. « Nous tenons tout d’abord à remercier Bruno Famin pour son travail et son engagement envers le programme endurance d’Alpine. Il a joué un rôle clé dans la mise en place du projet et a soutenu l’équipe dès ses premières phases de développement, concrétisées par trois podiums ainsi qu’une victoire marquante à Fuji. Dans la continuité de mon rôle de VP Alpine Tech, je reprends également ses responsabilités en travaillant étroitement avec Philippe Sinault et l’ensemble de l’équipe ».
Prochaine étape : la vente de l’écurie ?
Le départ de Bruno Famin est la conclusion amère d’une période de bouillonnement organisationnel et de revirements stratégiques qui s’est emparé de Renault et Alpine à partir de 2022. L’ingénieur français a donné l’impression d’être un peu le sapeur-pompier qui devait colmater les brèches au cœur de cette tornade.
On se souvient qu’à l’été 2022, la promotion accélérée d’Oscar Piastri avait été démentie par le pilote australien lui-même, avant qu’il ne signe finalement chez McLaren. Cet énorme couac, qui avait suscité une vague de moqueries inédite, fut en quelque sorte le signal de départ d’une spirale infernale et d’une dégringolade, aussi bien sur le plan sportif qu’en termes d’images. S’en était suivi le départ tonitruant de Fernando Alonso. Depuis, Alpine F1 a été pris par un maelstrom de restructurations, de licenciements, d’arrivées et de changements stratégiques qui mériteraient d’en faire un livre, tant tout cela donne le tournis.
Quatre ans plus tard, il semble ne rester que des cendres de ce que fut Renault Sport quelques années auparavant. Tout a quasiment été démantelé. L’écurie Alpine F1 n’a plus grand chose de français avec une base 100% à Enstone en Angleterre et un moteur Mercedes, le nom Alpine ressemblant plus à du branding qu’autre chose. Plusieurs investisseurs sont dans les starting blocks pour entrer au capital : Mercedes, Christian Horner et peut-être aussi BYD, le géant chinois en quête de visibilité. La stratégie de rapprochement et de coopération avec la Chine prônée par le nouveau directeur général pourrait y trouver écho. Il ne reste qu’une chose concrète pour les fans : les yeux pour pleurer…

Qui trouvait que c’était mieux Alpine avec un GMP Mercedes !?
… Avec Briatore, on atteint le Pinacle du ridicule.
Techniquement parlant, la F1 a-t-elle encore un intérêt pour le développement des autos de M. tout le monde ?
Le WEC ou la formule E n’aurait-elle pas plus d’intérêt pour le développement de l’électrique ? L’autonomie ? La recharge ? Des 24h du Mans en électrique avec gestion de la recharge ça aurait un peu plus de sens.
Entre ça et la news sur AC Shnitzer, le thermique n’a pas l’air en forme, le monde évolue.
Quel sens donner à des pit-stop qui vont permettre aux mécanos de piquer un somme? Les épreuves dont les victoires se feraient aux stands ne me semblent pas promises à un grand avenir pour ma part. Une course de 24h en électrique, en mode better-place avec batteries standardisées et interchangeables alors. Maintenant, pour la voiture de Mr tout le monde cela n’a eu aucun avenir… donc pour le justificatif développement on repassera.
C’est pas déjà le cas en WEC les pit-stop qui durent longtemps ? Ils passent parfois une heure à réparer non ? (il me semble, je ne regarde pas)
Ce serait pas juste aux stands, ce serait la stratégie. En fonction de la situation, il pourrait être préférable d’aller un poil moins vite pour faire une recharge plus rapide, ou l’inverse. Ou pour éviter le traffic.
Un mix recharge + échange batterie pourrait peut-être aussi être intéressant. Genre 3 batteries qui tournent, mais à gérer quand même. Ca pousserait peut-être aussi à faire des autos légères ?
Ce que dit @Will est défendable si l’on considère que la F1 doit nous préparer à l’avenir, effectivement.
Les Chinois parlent déjà de recharge en série de 1500 kW.
Pourquoi donc ne pas imaginer des recharge à 3000 kW en compétition… Risqué !? Peut-être ? Mais la F1 sert aussi à cela… Essuyer les plâtres pour que la grande série puisse rapidement banaliser les 500 kW partout sur nos routes.
Ça va dans le sens du progrès.
@Will
La F1, c’est un vecteur d’image mondiale… Parfois, cela peut parfois déboucher sur des solutions techniques pour la grande série généralement bien plus tard et d’une manière aléatoire, voire accidentelle.
Mais pour cela, il faut que le GMP soit « maison »
Alpine avec un Mercedes … Aucun intérêt !