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Découverte : Museo Storico Alfa Romeo

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Alfa Romeo

Créé en 1976 sur l’ancien site industriel d’Arese, le musée a fait peau neuve en 2015 et propose un magnifique voyage dans l’histoire de la marque Alfa Romeo.

Le site

Le musée occupe les lieux des anciens quartiers généraux de l’usine d’Arese, un énorme complexe industriel qui avait été construit au début des années 60 pour permettre alors à Alfa Romeo, en plein boum des trente glorieuses et du « miracle économique italien », de produire les Giulia berline et Sprint. Un site immense qui symbolisait la montée en puissance et la modernisation industrielle du constructeur, s’étalant sur deux communes et situé juste à côté d’un échangeur autoroutier reliant Milan à la région des Lacs. Le musée cohabite également avec le centre des archives historiques de la marque.

Cette usine connaît ensuite des difficultés, liées aux fortes tensions sociales de l’Italie des années 70, à l’opposition des riverains et aussi aux vicissitudes de la marque dont les ventes déclinent à partir des années 80. Le site est actif jusqu’en 2002 mais avec une activité réduite, qui se limitait à la fin à la production des coupés GTV puis à l’installation des systèmes GPL sur les Multipla ! On était bien loin du temps où Arese assemblait les Giulia, Alfetta GT, Alfa 75 et autres 164.

implantation du site d’Arese

A l’image du fameux Lingotto de Fiat à Turin, le site industriel désaffecté s’est reconverti en zone commerciale et logistique. Une « viale Alfa Romeo » et un rond point orné du logo « Museo Storico Alfa Romeo » rappellent à quel point Alfa a incarné cette petite bourgade de la banlieue de Milan, où l’on arpente aussi les via « Fangio », « Nuvolari » et « Ferrari ». Vous remarquerez aussi l’aire d’autoroute « Villoresi », du nom d’un quartier des environs dont était originaire Lugi Villoresi, un pilote marquant entre les années 30 et 50 mais qui a surtout couru pour Ferrari et Maserati.

Le musée, bien visible en arrivant par l’autostrada, est flanqué d’une concession « motor village » et propose même un « Alfa Romeo Caffé » avec un ristretto agréable (en même temps, le café raté existe-t-il en Italie ?). Parfait !

« Macchina del tempo »

Les Cavalli Marini

Ce voyage à travers le temps s’est agrémenté en 2020 d’une exposition originale rappelant qu’Alfa Romeo ne s’est pas distingué que sur terre. En effet, la visite du musée commence par l’expo « Cavalli Marini », chevaux marins dans la langue de Dante, qui rappelle le passé maritime, sportif comme industriel, du Biscone dans le nautisme. Alfa a motorisé des bateaux de plaisance, des vaporetti de Venise (même des bateaux de pêche !) et aussi les fameux « canots explosifs » MTS (Motoscafo Turismo Silurante) utilisés par la Regia Marina pendant la Seconde Guerre mondiale pour essayer de couler des navires alliés, des bateaux rapides qui utilisaient le moteur de la 6C 2500. Et après guerre, et ce jusque dans les années 80, Alfa Romeo a également été très présent dans les compétitions de mononautisme et les tentatives de records, accumulant les titres en Italie, en Europe et dans le monde, le tout en adaptant et exploitant sur mer des moteurs biens connus.

Par exemple, le « Laura 1er » de 1952 reprend le moteur de l’Alfetta 159, qui venait de remporter deux titres mondiaux en F1 avant que le Biscione ne se retire du championnat du monde suite à l’adoption de la règlementation F2. Une version « bimotore » sera même développée en 1954, atteignant plus de 290 Km/h (!!!) mais avec un fin tragique pour son pilote vedette. On peut également admirer le « Molivio – Alfa Romeo GTA », qui embarque le 1.6 170CV de la Giulia Sprint GTA et fut piloté par Leopoldo Casanova qui, entre 1968 et 1972, remporte un titre européen, 4 titres italiens, et bat quatre fois le record du monde de vitesse dans 3 catégories différentes

Dans les airs

Rappelons-le pour les plus jeunes ou les moins renseignés, mais à côté de la branche automobile a existé jusque dans les années 80 la branche Alfa Romeo Industrie, qui était présente dans la construction de bus, de trolleys, de camions et utilitaires (Alfa Romeo Veicoli Industriali) mais aussi l’aviation, avec Alfa Romeo Avio qui est racheté par Fiat Avio en 1996. Justement, le musée s’épanche sur le passé aérien du Biscione, avec une exposition impressionnante de moteurs, utilisés sur des avions de tourisme mais aussi et surtout sur des chasseurs et bombardiers des deux guerres mondiales. Les plus spectaculaires demeurent les moteurs en étoile D2, conçus par un certain Vittorio Jano (le père de la monopace P2) et ceux de la série RC, dérivés de la licence des moteurs Jupiter achetée à Bristol, qui ont équipé plusieurs bombardiers Caproni et Savoia-Marchetti dans les années 30-40, avec notamment le 128.RC18 (9 cylindres, 28 litres) et le 135.RC avec ses 18 cylindres, sa cylindrée de presque 50 litres et ses 1500 chevaux.

 

Place aux 4 roues

Après un escalator qui nous met dans l’ambiance avec des sons de moteurs en pleine accélération, nous arrivons dans la partie automobile, qui récapitule, décennie après décennie, sur plusieurs niveaux, toute la production routière jusqu’aux années 2000, de la toute première Alfa officielle, la 24HP de 1910, jusqu’à la 8C Competizione, en passant par les incontournables Giulia/Giulia GTA, Giulietta, Montreal, les sculpturales 8C 2900B de 1938 et 6C 2500 Sport « Freccia d’Oro » de 1947 ou encore les 75, 164 et 156. L’exposition des voitures s’accompagne aussi de l’exposition de motorisations, dont le légendaire V6 Busso.

En descendant, on passe par un niveau dédié aux carrossiers (Bertone, Zagato, etc.) et designers, qui permet d’admirer des modèles et prototypes saisissants comme les Disco Volante et la futuriste Carabo, tout en angles affûtés, dessinée par le « maestro » Marcello Gandini, le papa des Lamborghini Miura et Countach (mais aussi de la Citroën BX et de la Renault Super 5)

Vient ensuite le clou du spectacle, le niveau consacré à la compétition, le tout avec une belle scénographie projetée au mur. Tout y passe, avec une collection de mythes plus grands les uns que les autres : les machines de grand prix d’avant-guerre P2, Tipo B P3 (avec laquelle Nuvolari réalise l’exploit de battre les flèches d’argent sur le Nurburgring en 1935), Tipo C 8C-35, 12C-37 etc, ainsi que la délicate et bestiale « Bimotore » 16 cylindres avec laquelle Nuvolari établissait des records de vitesse sur autoroute, les Alfetta dominatrices des années 48-51, les sports-protos de la famille Tipo 33, la 155 V6 qui défia les Allemands dans le DTM, la Giulia GTa ou encore les F1 Turbo des annes 80. Un pan de mur entier rappelle aussi aux visiteurs la liste interminable de victoires obtenues, selon les époques, par la Scuderia Ferrari, Alfa Corse ou Autodelta.

Alfa contre les bandits

Un dernier espace est consacré enfin aux Alfa des Carabinieri et militaires, qui sont passées du « vert de gris » des années 60 au bleu foncé dans les années 70. Le 4×4 AR51 « Matta » fut en concurrence avec Fiat pour obtenir le marché de la « Jeep » italienne au début des années 50 mais fut pénalisé par son coût trop élevé, bien que ses qualités ait été manifestes…et prouvées par des victoires de classe aux Mille Miglia ! La tradition des forces de l’ordre a été inaugurée par la Giulia Super en 1968, ainsi que sa variante break « combinata », puis par les Alfetta 2.0 « Protetta », 90, 75 et se poursuit aujourd’hui avec la Giulia GTA moderne.

En terminant la visite, une boutique vous attend avec de la littérature (pour anglophones et italophones) et les incontournables « goodies » en tous genre (mention spéciale aux magnets et porte-clés du Quadrifolglio Verde). Et pour ceux qui ont davantage de budget à dépenser, une concession est attenante au musée !

Museo Storico Alfa Romeo, Viale Alfa Romeo, 20020 Arese

Ouvert tous les jours (sauf mardi) de 10 à 18h

réserver la visite par mail au préalable

entrée 10 euros

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6 Commentaires sur "Découverte : Museo Storico Alfa Romeo"

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Achille Talon
Invité

Ouah ça vend du rêve ! La Carabo, je l’avais en poster quand j’étais gamin (oui, je suis un jeune vieux).
Euh, sinon, il vont bientôt le renommer museo Alfa e-Romeo ?

Elisabeth S.
Invité

Wahou ! magnifique ! La « verte » : j’avais la.meme dans ma jeunesse… en 1/43eme ….😉

Achille Talon
Invité

Merci Nicolas, super sujet très complet !

Thibaut Emme
Admin

JP Imparato a raison quand il parle de l’histoire de Alfa Romeo et qu’il y a d’énormes choses à faire avec cette marque.

On peut ne pas aimer la personne, mais je suis certain qu’il va réussir à relancer la marque à la Vouivre (ou Biscione 🙂 ).

AXSPORT
Invité

Je l’espère sincèrement
Cette marque est une pépite chez Stellantis !!!
🙏

Et ne pas oublier Maserati

Akouel
Invité

Les articles en lien avec alfa sont sans doute parmi les plus commentés sur ce blog ! En bien ou en mal, elle a toujours fait réagir. Je suis certes objectif sur son présent, mais je reste passionné par cette marque au passé aussi chargé que son avenir incertain…de nombreuses oeuvres roulantes sont frappées du Biscione (et oui, j’inclue la récente Giulietta dedans, même pas peur ! ^^)

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