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Comité national de l’hydrogène sur les starting-blocks

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Le gouvernement tout feu, tout flamme sur l’hydrogène ! La ministre déléguée chargée de l’Industrie Agnès Pannier-Runacher a annoncé mardi à l’Assemblée nationale que le Comité national de l’hydrogène « s’installerait prochainement ».

Le Comité national de l’hydrogène réunira l’ensemble des entreprises de la filière

L’instance sera présidée par le ministre de l’Économie Bruno Le Maire et « réunira l’ensemble des entreprises de la filière, petites et grandes », a précisé Mme Pannier-Runacher en réponse au député LREM de Dordogne Michel Delpon, qui préside le groupe d’études sur l’hydrogène à l’Assemblée nationale.

Plan d’hydrogène décarboné

Cette information voit le jour alors que le gouvernement a annoncé début septembre un plan de développement de l’hydrogène décarboné, en dotant le secteur de 7 milliards d’euros d’ici à 2030, dont 2 milliards sur 2021-2022 dans le cadre du plan de relance.

Faire de la France un des leaders mondiaux de l’hydrogène d’ici 2030

L’objectif est de « faire de la France une des nations leaders mondiales d’ici 2030 », a souligné Mme Pannier-Runacher. « Nous voulons faire émerger dès demain des entreprises qui seront les maillons indispensables de cette filière industrielle » et « nous voulons faire également de l’hydrogène une des technologies incontournables pour la décarbonation de nos activités (…) industrielles d’une part et la décarbonation de nos mobilités », a-t-elle déclaré.

Notre avis, par leblogauto.com

Il n’en demeure pas moins que l’hydrogène n’est pas forcément la solution miracle que l’on attendait pour verdir notre planète. En témoigne notamment le très controversé projet allemand de construction d’un méga barrage en République démocratique du Congo.

Selon le Süddeutsche Zeitung, le pays africain et l’Allemagne pourraient en effet bâtir ensemble un partenariat énergétique qui verrait le pays d’Afrique centrale fournir l’énergie hydraulique capable de produire de l’hydrogène vert pour les besoins allemands de décarbonisation. Le tout via un projet de coopération de 20 milliards d’euros financé par l’Union européenne.

Le barrage projeté, d’une capacité potentielle de 44000 mégawatts, pourrait aider l’Allemagne à combler l’écart important entre la future demande d’hydrogène évaluée par Berlin et les modestes capacités de production allemandes, tout en dépassant la demande d’électricité en RDC. Mais des dizaines de milliers de villageois pourraient perdre leurs maisons si le barrage était construit, le gouvernement n’accordant que peu d’indemnisation ou d’aide à ses citoyens pour déménager.
Les militants des droits de l’homme demandent une évaluation d’impact qui prend en compte les intérêts de la société civile tandis que l’organisation environnementale International Rivers redoute que la RDC ne soit contrainte de davantage s’endetter.

En France, notre hydrogène dit vert pourrait être issu de l’énergie nucléaire, laquelle implique notamment de très polluantes extractions d’uranium … L’utilisation de ce type d’énergie pour cette production est contestée par certains défenseurs de l’environnement.

En juin dernier, évoquant la possibilité que la France produise son propre « hydrogène propre » à partir de son électricité nucléaire, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire a réaffirmé quant à lui que celle-ci gardait « toute sa pertinence  » sur le long terme.

« Je suis un défenseur du nucléaire. Comme beaucoup de scientifiques beaucoup plus chevronnés que moi le sont parce que le nucléaire n’émet pas de CO2 et qu’aujourd’hui [il] a deux avantages : [il] nous permet d’être l’un des pays qui émet le moins de CO2 pour sa production d’électricité et ça nous garantit quelque chose dont tout le monde parle matin midi et soir, ça nous garantit notre indépendance », avait-t-il déclaré.

Célia Gautier, responsable climat et énergie à la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme (FNH) estime quant à elle que le glissement sémantique d’« hydrogène renouvelable » à « hydrogène vert » est dangereux.

Elle rappelle à cet égard qu’on ne sait toujours pas traiter les déchets radioactifs : « non seulement le centre de stockage Cigéo n’est pas dimensionné pour les résidus de potentiels EPR, mais les déchets enfouis en profondeur restent dangereux durant des dizaines de milliers d’années ».

« Le risque serait donc de s’enfermer dans un système énergétique dont on ne maîtrise pas toute la chaîne, sans parler des enjeux majeurs de sûreté et… des coûts, en augmentation constante » prévient-elle.

Selon elle « avec un tel hydrogène, on serait aux antipodes de la transition écologique ». Principal argument : « la production de cette énergie ne doit pas s’appuyer sur un système de production électrique centralisé comme l’est le nucléaire. » Elle estime au contraire qu’il faut installer des électrolyseurs sur tout le territoire, de façon décentralisée, près des sources d’énergies renouvelables et des futurs usages de l’hydrogène.

Au final, elle estime que « les acteurs du nucléaire font tout pour trouver des débouchés à une filière en crise, dont les coûts deviennent incontrôlables – 19 milliards d’euros pour l’EPR de Flamanville, contre 3 milliards initialement prévus » rappelle-t-elle.

Au final, l’hydrogène pour sauver du fiasco le nucléaire français … ou pour sauver la planète …. ?

Sources : AFP, Assemblée nationale, La Croix, FNH

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35 Commentaires sur "Comité national de l’hydrogène sur les starting-blocks"

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wizz
Membre

il y a eu 2000 essais nucléaires, dont 500 en surface

question de contamination radioactive dans la nature (et ceux qui y vivent, dont nous humains), c’est déjà fait. Et la population humaine est même passé à 7 milliards…

retrouvé le retour
Invité

Il y a plus de cancer et d’ablation de la tyroïde dans les Alpes qu’en Polynésie Française !!! Cela pourra probablement donner à des non lieu car comment prouver la responsabilité et faire payer le trou noir ukrainien situé à nos frontières européennes. Pour le moment les exemption de visas font surtout tourner les entreprises de charpente de Mariusz !! et d’autres situées sur notre territoire national et jusque chez les copains du frère Erdogan et que la pudeur m’indique de ne pas trop citer.
Je me demande aussi si wizz ne fait pas un peu du H.S. 😉

wizz
Membre
Pourquoi du hors sujet? Dans l’article, il est mentionné de l’inquiétude face aux déchets nucléaires, de leur nocivité, etc… Sur cela, je me demande combien de bombes nucléaires les Soviétiques ont fait explosé en Sibérie depuis les années 50, et qu’il est peu probable que ces résidus soient restés confinés à l’intérieur de leur pays… Idem, je me demande combien de bombes nucléaires les Américains avaient fait autant dans le désert de Nevada… ps: évitez d’aller à Las Vegas https://www.lepoint.fr/monde/las-vegas-atomic-city-28-12-2012-1606551_24.php Bref, je me demande quelle était la quantité de radioactivité dispersée dans la nature par l’accident de Tchernobyl, et quelle… Lire la suite >>
réponse
Invité

J’ai du changer de pseudo sans m’en rendre vraiment compte !! C’est grave Dr Dr.-Ing E.S.? Heureusement le petit nettoyeur est passé par là !Pour wizz pas d’inquiétude car H.S. est mort né. Il n’existe que pour les imbéciles !! C’est une simple petite provoc pas totalement gratuite !!

Mike
Invité

Le gros avantage de l’hydrogène est de le créer en utilisant de l’électricité produite par intermittence par l’éolien et le solaire, ce qui permet de stocker et donc de valoriser le surplus de production… A partir du nucléaire ça n’a pas de sens…

ema_
Invité
@ Mike : le gros défaut de l’hydrogène, c’est que ce n’est qu’un moyen de stockage de l’énergie, comme des batteries. Avantage par rapport aux batteries : densite énergétique bcp plus élevée, vitesse de remplissage du réservoir. Inconvenient par rapport aux batteries : mauvais rendement au stockage, cout des infrastructures. Donc l’hydrogène n’est intéressant que si on a trop d’électricité issue de sources renouvelables et faiblement polluantes et faiblement émettrices de GES. Effectivement, un avion de ligne à batterie n’a pas de sens physique à court terme, alors qu’il est envisageable à l’hydrogène. Mais la question qui devrait se poser… Lire la suite >>
Mike
Invité

@ ema_ : tout a fait d’accord avec votre analyse !
Cela n’est en effet vertueux que si on produit plus d’énergie verte que ce qui est consommé en temps réel.
Ce qui devrait être un objectif, afin d’atteindre un objectif d’un maximum d’énergie décarbonnée, stockable et transportable.

réponse
Invité

Poser la question c’est ici fournir la réponse

Emmanuel
Invité

un station d’hydrogène avec un rendement inférieur à 50% ?
quelques rendements de stockages :
Step : entre 40 et 75 % selon la puissance et la distance entre le step et les éoliennes
batteries : de 60 à 90% selon la technologie (Li ion : 80/90%)
volants d’inertie : 80/90%

J’ai lu un article, ancien, qui parlait d’un site industriel chimique dans un pays nordique qui produisait de l’hydrogène comme « déchet ». Cet hydrogène était mélangé à du CO2 afin d’obtenir du méthane (CH4) utilisé dans les moteurs des véhicules présents sur le site, ainsi que dans des générateurs électriques alimentant le site.

wizz
Membre
Emmanuel Quand tu as des chiffres en tête, parce qu’on te l’aurait dit, ou parce que tu aurais lu, ou de mémoire, etc…., essaie de faire une vérif de ces choses dans un premier temps, pour voir si c’est crédible ou pas https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/hydroelectricite-stations-de-transfert-d-energie-par-pompage-step Le rendement d’un STEP, entre le barrage haut et le barrage bas, c’est 70 à 85%. OK. Ensuite, il faut tenir compte des pertes en ligne du transport d’électricité. Comme le total ferait entre 40 et 75%, alors ça voudrait dire que les pertes en ligne représenteraient jusqu’à 30%. Sur 100W transportés, il y aurait 30W perdus… Lire la suite >>
wizz
Membre
Emannuel Il faut comparre ce qui est comparable Volants d’inertie Un volant d’inertie qui tourne, c’est totalement inutile pour les humains. Ce qui est utile, c’est d’utiliser son énergie cinétique pour entrainer un alternateur et produire de l’électricité. Et c’est pareil pour l’hydrogène, qui dans cet état n’est utile que pour des usages nécessitant de l’hydrogène : moteur de fusée, alimenter un moteur à explosion, processus chimique (ex: désulfuration du gasoil) Que ce soit un STEP, une batterie ou un volant d’inertie, tous ces processus consomment et restituent de l’électricité. Donc on doit comparer l’hydrogène dans ce même processus :… Lire la suite >>
retrouvé le retour
Invité

Bravissimmo Miko et q’ça saute. Je trouve que le croquis d’intention de ES est d’une beauté absolue !! Il serait important aussi de situer les réservoirs sur la carte !! Je vois bien cela sous la maison de Miko !!

wizz
Membre
Mike Le problème des éoliennes et panneaux solaires, c’est justement leur intermittence. Et de cela, on arrive à 3 situations -ça produit juste ce dont on en a besoin à l’instant T. Consommation en directe. Pas de stockage -ça produit plus que ce dont on en a besoin à l’instant T. Le surplus peut être stocké sous forme d’hydrogène, via les pertes de rendement de l’électrolyse -MAIS il y a aussi des moments où ça ne produit pas du tout, ou pas assez. Il faut alors utiliser l’hydrogène précédemment fabriqué pour produire de l’électricité. Là encore, il y a perte… Lire la suite >>
ema_
Invité
toujours ce style inimitable : une info, un complot. Ici, le plan hydrogène serait un plan caché pour utiliser la surcapacité de production d’électricité d’origine nucléaire (selon ES et certains écologistes). Pour votre réflexion, notre parc nucléaire actuel vieilli, et sera inévitablement fermé en grande partie dans les 30 ans qui viennent. Donc la question qui se posera ne sera pas « quoi faire avec notre surproduction d’électricité » mais « par quoi le remplacer ?  » 4 solutions : 1. de nouveaux réacteurs type EPR (cela aurait du sens d’un point de vue industriel, réchauffement climatique, …) mais il y a les… Lire la suite >>
Elisabeth Studer
Invité

@ema_ : vous etes bcp plus conspirationniste que moi …
je ne dis pas « serait un plan caché pour utiliser la surcapacité de production d’électricité d’origine nucléaire » , il s’agit d’un plan ***financier **** pour booster la demande du nucléaire , aucune reflexion autre que financière

Rakihoney92
Invité

Parler de « fiasco du nucléaire français » est tout de même très orienté. Fiaco de l’EPR soit. Pour toutes les centrales (anciennes) existantes: en quoi est-ce un fiasco?
Sachant que la 2ème source en volume d’électricité en France est l’hydraulique. Et il a bien fallu inonder des vallées exactement comme au Congo.

wizz
Membre
Vu l’évolution possible du climat, je suis plutôt favorable au développement de l’hydraulique en France, de lancer la construction des grands barrages même s’il faudra inonder des vallées En hiver, la végétation est faible. On n’a pas besoin de beaucoup d’eau. En montagne, avec un climat plutôt froid, alors la majorité des précipitations se transforme en neige, qui fondra progressivement au fur et à mesure que la météo se réchauffe lors des moins suivant. C’est ainsi qu’on peut avoir des cours d’eau alimenté en été alors qu’il peut ne pas avoir plu depuis plusieurs mois. En revanche, avec un climat… Lire la suite >>
Mike
Invité

L’espoir serai que la solution 3 en sur-capacité couplée à l’hydrogène permettrai de couvrir un max de besoins en énergie.

DiZeL
Invité

« l’hydrogène n’est pas forcément la solution miracle que l’on attendait pour verdir notre planète. En témoigne notamment le très controversé projet allemand de construction d’un méga barrage… »

Verdir la planète ça ne veut pas dire protéger les hommes. Dans votre exemple ce barrage chasserait des milliers de personnes sans les indemniser correctement, ce qui est inacceptable, mais est-ce que c’est destructeur pour l’environnement ? (ce qui est le cas de certains barrage, mais là je ne connais pas le dossier)

Elisabeth Studer
Invité

@DiZel : sur le sujet https://stopinga3.org/

Elisabeth Studer
Invité

@DiZel : sur le sujet https://stopinga3.org/ Projet Inga 3

DiZeL
Invité
Donc le paragraphe « Les faits : Dégâts écologiques et sociaux » « Le projet Inga 3 est un projet qui présente un risque important de dommages écologiques et sociaux. » Ok. Lesquel ? En général sur les barrages on parle de destruction d’un écosystème unique et irremplaçable. Là j’ai rien. « Les impacts environnementaux associés au changement climatique et à la réinstallation d’une population entière dans la région d’Inga rendent ce projet extrêmement risqué pour les communautés congolaises touchées. » Alors là je ne comprends pas la phrase. Que vient faire le changement climatique au milieu ? C’est pas de la critique pour le plaisir… Lire la suite >>
réponse
Invité
Les barrages c’est simple ! On installe des sirènes sur le toit des mairies et on fait fonctionner tous les premiers mercredis du mois. Ca fait rêver on se croit au bord de la mer. Pour les centrales nucléaires c’est encore plus simple les mairies ont déjà distribué les pastilles d’iode !! Inga là bas je crois que c’est compliqué qu’il faut demander à Félix. Pas le chat l’autre le Président. En France c’est simple quand le nettoyage des barrages ravage le fond des rivières EDF caresse les pécheurs en lâchant de la truite d’élevage !! Dans le Congo on… Lire la suite >>
DiZeL
Invité

Par contre je comprends complètement leurs critiques sur le fait que ce projets devrait d’abord profiter à la population locale.

Jean-Pierre
Invité

On ne dit pas « sur les starting blocks » mais « dans les starting blocks ». Et ce n’est pas une histoire de nombres de lettres dans le titre…

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