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On a lu : Giugiaro, un livre stylé (ETAI)

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Giugiaro

Giorgetto Giugiaro incarne, à l’instar d’un Marcello Gandini et de Pininfarina, le génie du design automobile à l’italienne. Ce livre publié par ETAI retrace sa formidable aventure.

Des proportions équilibrées et épurées, un design qui s’harmonise avec la base technique, des lignes en coin, un pli latéral sur la carrosserie. Le style Giugiaro est immédiatement reconnaissable, surtout dans les années 70-80 où son coup de crayon « anguleux » soucieux des justes proportions donne le là. Né en 1938 à Turin, le jeune designer italien est d’abord recruté par l’ingénieur Dante Giacosa au sein du Centro Stile de Fiat, mais il n’y trouve pas l’épanouissement escompté et saisit l’opportunité de travailler pour Nuccio Bertone en 1959. Après un détour par Ghia, Giugiaro franchit le Rubicon et fonde en 1968 son propre bureau d’études, Italdesign.

De la Giulia GT à la Fiat Uno, en passant par la Fiat Punto, la Seat Ibiza, la Lancia Delta, la Fiat Panda, la Renault 21, les Maserati Ghibli et Bora, la Delorean DMC-12 , la VW Passat ou bien évidemment la VW Golf, sans oublier les nombreux concept-cars (ah, l’Alfa Romeo Scighera et la BMW Nazca V12 !), on ne compte plus les best-sellers du maître italien. De la petite citadine à la supercar,  Giugiaro s’est essayé à tous les genres de modèles, en cherchant toujours à combiner harmonieusement l’architecture technique du modèle avec sa praticité et son équilibre aérodynamique. La VW Golf reste l’un de ses coups de génie, puisque, à partir du cahier des charges fixés par Wolfsburg, il a défini les normes des berlines compactes.

En 2010, Giugiaro vend ses parts à Volkswagen, qui intègre ainsi Italdesign à son puissant groupe. Le fondateur rappelle pourtant que sa contribution fut beaucoup plus importante avec Fiat que pour Volkswagen, mais qu’il a été totalement ignoré par le groupe italien sous l’ère Marchionne, là où les Allemands ont su apprécier l’héritage et le savoir-faire incontournables de la marque. Bien lui en a pris finalement, car le monde du design a profondément évolué depuis une vingtaine d’années. Les constructeurs ont eu de moins en moins recours à l’externalisation du design, en développant leurs propres centres de conception. En étant absorbé par VW, Italdesign a perdu son indépendance mais pérennisé son avenir, là où, ironie de l’histoire, Bertone, celui qui lui avait mis le pied à l’étrier, a fermé ses portes en 2014. Cela n’enlève rien pour autant à la diversité du label, comme en témoignent les récentes Nissan GT-R50 ou le concept Da Vinci.

L’auteur, Luciano Greggio, nous gratifie dans cet ouvrage de 208 pages (collection Auto Portrait) d’un grand nombre de clichés qui mettent en valeur les créations de Giugiaro. On découvre, ou redécouvre, de nombreux prototypes et concepts originaux, tels l’impressionnante Bugatti EB112 qui reprenait et modernisait les traits de l’Atlantic, le monospace Colombus conçu à l’occasion des 500 ans de la découverte de l’Amérique ou l’étonnante et futuriste Alfa Romeo Caimano (salon de Turin 1971) avec son grand pare-brise à baldaquin en verre, qui intégrait également les portes. Le texte, sobre et concis, relate l’ensemble des créations et des innovations, en s’attardant notamment sur la genèse de la Golf en 1974, qui allait durablement influencer l’industrie automobile européenne. Parfois, l’évocation année après année des différents concept peut paraître un peu fastidieuse, mais l’auteur sait aller à l’essentiel.

Si vous aimez le design et l’inventivité, ce livre est fait pour vous, au prix de 59 euros.

 

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3 Commentaires sur "On a lu : Giugiaro, un livre stylé (ETAI)"

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Motörhead
Invité

« Ignoré sous l’ère Marchionne » ça m’étonne pas FCA était plutôt obnubilé à faire du pognon que de faire de belles bagnoles

GREG
Invité

La derniere collaboration Fiat/Giugiaro c’ etait la mignonne Grande Punto, que Marchionne a massacre avec un facelift rate.

Bizzarrini
Invité

Gandini est quand même plus latin,plus fantasque dans son approche.

Donner le « La  » pas le « là »

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