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Autolib’ : près de 240 millions d’euros à la charge des communes ?

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Si le service est encore plutôt bien utilisé, côté finance, c’est un fiasco. Pour les communes, ce pourrait être un gouffre financier.

Sûr de son fait lors du lancement d’Autolib’, le Groupe Bolloré avait promis d’assurer les pertes éventuelles jusqu’à 60 millions d’euros. Sauf que le service pourrait, selon le groupe Bolloré, avoir une dette cumulée de 293 millions d’euros en 2023. 2023 c’est la date de fin de la concession actuelle.

Et Bolloré de réclamer 40 millions d’euros par an aux 97 communes d’Ile-de-France qui bénéficient du service. Il y a 2 ans, le groupe avait déjà tiré la sonnette d’alarme en annonçant un déficit de près de 180 millions d’euros. Ce déficit a été contesté par le « syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole » (SAVM) qui a diligenté un audit. Après un début de conciliation, le groupe Bolloré a claqué la porte des négociations le 25 mai dernier.

Selon le journal Le Monde, le groupe Bolloré réclamerait donc 40 millions d’euros par an sur les années restantes. Les 97 communes devraient contribuer à la hauteur du nombre de bornes qu’elles accueillent. Un sacré coup de pression donc que met le Groupe Bolloré sur des communes qui n’ont pas des budgets extensibles. Une pression pour mieux revenir à la table des négociations ?

Certains pointent du doigt le fait que pour Bolloré, Autolib’ a été un laboratoire grandeur nature pour les batteries LMP (Lithium Metal Polymère) maison ainsi que pour le service qu’il a vendu à une dizaine de municipalités dans le monde. Avec les aides européennes, d’autres, comme Serge Federbusch, président d' »Aimer Paris » et opposant à Delanoé puis Hidalgo, avancent que « entre prêts et subventions, #le groupe Bolloré] a raflé plus de 200 millions d’euros ». Pour Bolloré, ce pourrait donc être un jackpot en exploitant « la nullité politique des élus au pouvoir » si on cite Federbusch.

La majorité municipale de Paris pointée du doigt

 

Au sein du Conseil de Paris, cela commence à faire de gros remous. En effet, Paris devrait éponger plus de 50% de la dette présentée par Autolib’. Et certains de pointer du doigt la responsabilité de la Maire de Paris, Anne Hidalgo. C’est certes le syndicat mixte qui est en charge du dossier. Mais, rappelle Maud Gatel, vice-présidente du groupe UDI-MoDem au Conseil, il y a deux élus de la majorité municipale parisienne qui en font partie et aurait du tirer le signal d’alarme plus tôt.

En soi, la Maire de Paris n’est pas à l’initiative de cette concession déséquilibrée entre les municipalités et le groupe Bolloré. C’est, en effet, Bertrand Delanoë qui avait lancé le service Autolib’. Mais, après un pic d’utilisation, le service patine un peu. Certains, comme Danielle Simonnet, La France Insoumise, pointent du doigt « la prolifération de VTC dans la capitale, sans aucune régulation ».

Le principal problème très souvent pointé du doigt avec le service Autolib’, c’est l’état des voitures qui s’est grandement dégradé depuis le lancement. De nouvelles voitures avec le style revu (comme les autres services dans le monde) arrivent. Mais, n’est-il pas trop tard ? Le nombre d’abonnements « 1 an » diminue régulièrement depuis son pic de 2016. Le nombre de locations ponctuelles (tarif plus élevé) est de plus de 400 000 par an. Toutefois, le nombre de trajets plonge, là aussi depuis 2016.

L’élection municipale 2020 en ligne de mire

Ici, le dossier menace clairement les budgets municipaux déjà très fragiles. Mais, c’est aussi une pierre de plus contre la majorité municipale de Paris avec le changement chaotique de l’opérateur du Velib’ ou bien encore l’annulation du contrat avec JC Decaux pour les panneaux publicitaires (40 M€ de redevance fixe et environ 8,3 M€ de part variable).

Des armes toutes fourbies pour les opposants municipaux qui visent la mairie en 2020. Avec un tel gouffre financier, il n’est pas certain qu’Autolib’ se poursuive après 2023.

Illustration : Autolib’

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9 Commentaires sur "Autolib’ : près de 240 millions d’euros à la charge des communes ?"

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mko
Invité

Combien de km ou de location par an depuis l’ouverture ? Merci

Anthony
Invité

Et surtout pour quelle consommation énergétique, car n’oublions pas qu’une Bolloré non branchée se vide de moitié en une nuit… mais ça, c’est un secret industriel semble-t-il !

ART
Invité

Encore un désastre idéologique de la gauche parisienne complètement allumée !!! Et il est ou le Christophe là qui sait si bien la ramener ???

koko
Invité

Anne, ma sœur Anne, ne vois tu rien venir ?

Gus
Invité

C’est vraiment dommage, je suis sûr qu’on peut restructurer le bouzin pour que ça fonctionne mieux et coûte moins. Mais le facteur clé de succès c’est quand même l’usage qui en est fait par les citoyens et là il semble que le compte n’y est pas…

En même temps, à force de saturer le trafic artificiellement, on préfère emprunter un scooter ou vélo électrique qu’une boite à roues, toute électrique qu’elle soit…

greg
Invité

Moi j´ai pas trop compris pourquoi ils ont senti le besoin de créer un syndicat mixte à Grand renfort de publicité et de confier la Chose à un acteur sans expérience, au lieu de donner une licence d´exploitation à Car2Go ou Drivenow…Les pertes auraient été entièrement à la Charge des constructeurs en question (Daimler et BMW), et les municipalités auraient même touché de l´argent par les frais de licence.
Après c´est sûr que cela aurait empêché Delanoe de parader…

SGL
Invité

Vive la concurrence !
Vivement des concurrents avec du bon matériel moderne.
Renault pourrait le faire (ou une société indépendante) avec un mixte de Twizy et de Zoé.
Les e-up! et autres smart EQ fortwo et forfour et i3 pourraient l’affaire.

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