Accueil Actualités Entreprise Tesla contraint d’hypothéquer sa Gigafactory ?

Tesla contraint d’hypothéquer sa Gigafactory ?

6819
68
PARTAGER

Les nuages s’amoncellent au dessus de Tesla. Et les menaces d’une débâcle voire même d’une faillite planent  … Car les déboires sont tant techniques que financiers, voire organisationnels ? Certains estiment même que la bulle Tesla pourrait éclater.

Inquiète quant à l’avenir du constructeur, l’agence de notation Moody’s a dégradé les notes de Tesla le 27 mars dernier.
La société dirigée par Elon Musk doit en effet faire face à des difficultés de production. Certes, elle a  pu annoncer quelques chiffres rassurants il y a quelques jours …. mais c’est histoire de donner quelques os à ronger aux investisseurs … avant qu’ils n’aiguisent leurs dents.

Le Wall Street Journal affirmait même il y a peu que Tesla pourrait arriver à court de liquidités. Le constructeur pourrait même se voir contraint d’effectuer un geste on ne peut plus symbolique : hypothéquer la « Gigafactory », sa gigantesque usine de batteries électriques. A moins qu’au delà du symbole, il ne s’agisse d’une porte d’ores et déjà ouverte aux établissements financiers au sein des textes contractuels régissant le fonctionnement de ses obligations.

Moody’s revoit les notes de Tesla à la baisse

Coup dur pour Tesla le 27 mars dernier, alors que son titre dégringolait – les marchés réagissant à la nouvelle d’un accident survenu  avec l’un de ses véhicules et  ayant causé la mort de son conducteur – l’agence de notation Moody’s a revu à la baisse ses notes sur le constructeur  et sur sa dette. Saupoudrant le tout de perspectives négatives. Ce qui signifie que son évaluation pourrait encore se dégrader. Moody’s avait alors pointé du doigt des problèmes de production et le risque d’un manque de liquidités.

La baisse de valeur est particulièrement préoccupante, Tesla « flambant » encore des milliards de dollars de cash par an, ce qui la rend fortement tributaire de l’accès aux marchés financiers. Plus le prix de ses « bonds » baissera, plus le constructeur rencontrera des difficultés à trouver des investisseurs prêts à le soutenir. L’objectif final étant d’obtenir des fonds supplémentaires pour couvrir cette perte de trésorerie, et ce, à des taux raisonnables.

Une dette de 10 milliards de dollars

Selon le Wall Street Journal, Tesla aurait accumulé une dette de 10 milliards de dollars. Or, la situation ne devrait pas s’arranger à court terme, bien au contraire. En effet, le constructeur va être prochainement confronté aux règlements de deux échéances de remboursement de sa dette, d’un montant global pour le moins conséquent. Une échéance de 230 millions de dollars en novembre prochain … et une deuxième de 920 millions de dollars !!! en mars 2019.

Cerise sur le gâteau …. déjà bien indigeste : cette dette pourrait s’accroître dans le cas où Tesla déciderait de refinancer des obligations en vue d’obtenir des liquidités. Lesquelles s’avèrent indispensables pour pouvoir suivre le rythme effréné des dépenses de l’entreprise. Rappelons qu’en 2017, l’entreprise a déboursé 3,4 milliards de dollars.

Hypothèque de la Gigafactory ?

Face à une telle situation, le Wall Street Journal indique ainsi que Tesla pourrait devoir hypothéquer sa fameuse “Gigafactory”, la plus grande usine de batteries électriques au monde. Solution certes inattendue … mais qui n’a malheureusement rien à voir avec un poisson d’avril … n’en déplaise à Elon Musk. Ce dernier profitant de l’occasion pour se gausser des rumeurs de faillite de l’entreprise.

L’éventualité d’une hypothèque se base sur des fondements bien précis. Tout d’abord, la valeur intrinsèque de la Gigafactory, l’un des atouts les plus précieux de Tesla, usine géante située au Nevada.
Mais un autre élément revêt une importance capitale. Un terme inhabituel dans le contrat de « bonds » de Tesla stipule que ce site n’est pas soumis  aux mêmes restrictions que le reste des biens de Tesla. Pas fous les banquiers …

Selon Covenant Review, un cabinet d’études qui analyse les documents obligataires, cela signifie que la Gigafactory « peut être librement gagée en vue de garantir la dette ».

En d’autres termes, si Tesla s’avère pris dans la tourmente, les détenteurs d’obligations pourraient exiger de l’entreprise qu’elle hypothèque son usine de batteries en vue d’obtenir des financements.

Pour les fonds spéculatifs qui tirent de l’argent des prêts aux entreprises en difficulté, cela ne devrait véritablement  poser aucun problème.

Décalage gigantesque entre réservations et livraisons

L’agence de notation s’inquiète tout particulièrement des gigantesques retards de production du constructeur. Le décalage entre réservations et livraisons est si énorme que le terme retard n’est même plus approprié pour qualifier la situation. Il s’agit bel et bien d’un problème de production et de dysfonctionnements dans le processus de fabrication. Ce qui est encore plus grave …

En cherchant à automatiser toutes les étapes de la production, l’entreprise doit faire à de sérieux problèmes. L’assemblage via robots, plus complexe n’est pas fait pour simplifier les choses.

Certes, près de 35 000 véhicules sont sortis des chaînes de production de Tesla sur les trois premiers mois de l’année. Soit près de 10 000 de plus qu’au dernier trimestre 2017. Si on ne peut nier une montée en puissance certaine …  la firme n’a pas atteint son objectif de production concernant la Model 3, fixé à 2 500 unités par semaine.

L’entreprise souligne toutefois avoir déjà réussi à doubler la production de ce modèle, grâce à l’amélioration des outils de production et l’affectation de nouvelles ressources. Elle affirme également progressé sur la qualité de fabrication de la Model 3.

Reste que selon le Wall Street Journal, 500 000 véhicules Model 3 auraient été commandés depuis 2016. Or, selon Bloomberg, seuls 11 418 véhicules sont effectivement sortis des chaînes de production … Delà à dire que les sommes versées pour les réservations permettent de faire survivre une entreprise asphyxiée par les dettes et les fantasmes de son créateur ….

Sources : Financial Times, WSJ

Poster un Commentaire

68 Commentaires sur "Tesla contraint d’hypothéquer sa Gigafactory ?"

Notification de
avatar
Trier par:   plus récent | plus ancien | plus de votes
Haddock
Invité

Nous en France , on a le King de la batterie, Wonder Tapie.
En désossant la giga du Musk, il peut se refaire.

DINOPIPOUNE
Invité

Mais non … !!!!
Il va tout simplement anticiper la facturation des voitures modèle 3 en avance avec 60000 $ pour chaque voiture prévue en fabrication
Et faire glisser légèrement le calendrier des livraisons
Ainsi il aura suffisamment de trésorerie pour attaquer la mise en production, à pleine puissance
C’est tout simple
Et ce n’est pas une arnaque
C’est tout simplement des petits retards de livraison
MOODY c’est des rigolos

Jdg
Invité

Pas grave y a bien un chinois milliardaire qui va investir dans tesla….

DINOPIPOUNE
Invité

Ou SPACEX qui va faire une avance de trésorerie
Une fusée de moins
Des TESLA 3 en plus
Vraiment cette agence de notation …!!!!
C’est sans commentaire

greg
Invité

Pour une fusée achetée, une Tesla à jeter 😀

Invité

SPACEX n’a pas d’avance de tresorerie, ils arrivent a degager du benefice maintenant, benefice qui est absorbe en grande partie dans la R&D de la BFR.
Quand a demander aux clients de payer les $60.000 6 mois avant livraison, voir plus… Les Tesla-fan le ferront peut etre, les vrais clients par contre…

Akitus
Invité
Il faut se rendre compte du pari incroyable qui est fait. A partir du moment où la production des véhicules est entièrement automatisée, il ne lui suffira plus qu’à dupliquer le modèle. Il applique le principe de l’informatique au monde de l’industrie. Cela coûte très cher au départ, mais une fois au point, c’est la fortune assurée ! A mon avis tout ceci n’est que du bruit pour financier, mais l’avenir est plus que prospère pour Elon Musk et Tesla. Si le problème c’est la production, mais pas le résultat final (il y en a deja sur les routes) franchement,… Lire la suite >>
georges
Invité

Bin un client qui peut avoir une voiture dans les délais d’une marque sure, fiable, bien finie, aussi performante au même prix ou moins cher qu’une Teslas (avec un avenir hypothétique), tu croix que l’avenir de Telsa sera aussi joyeux que dans les rêves de certains !
Il y a ou aura des voitures aussi bien que Telsa (si mieux) chez Jaguar et Nissan donc ….. et les autres marques arrivent.

Akitus
Invité
Sauf que le but de Tesla n’a jamais été de concurrencer les porsche, jaguar ou autre. Ils sont rentré par le haut de gamme car c’est cela qui permet de marger. Regardez Apple avec ses smartphone à 1000 euros. Il peuvent « descendre » en gamme avec des modèle à 600 euros hyper rentable grâce à leur image de marque. Pour Tesla le but ultime est de concurrencer les VW, Renault, etc. Il commence à le faire avec la modèle 3. Et pour écraser les porsche et compagnie, il vont sortir la roadster, 1000km d’autonomie, 400kmh, 0 à 100 en 1,8s. le… Lire la suite >>
Franckche
Invité

Euh, Nissan ???
Tu es sur, car ils semblent un peu dans la merde avec leur Leaf 40 qui n’encaisse pas les recharges rapides sur long trajet en raison d’une gestion thermique de la batterie au rabais. Il faut espérer que la 60 sera mieux équipée …
Quand à Jaguar, on va attendre les retours clients et essayeurs avant de les porter aux nues. Même si ils ont frappé un grand coup s’ils tiennent leurs promesses.

Franckche
Invité

« et les autres marques arrivent. »
Tesla et là et accélère et pourrait livrer plus d’ici Juillet que Nissan durant toute l’année 2018 … quand aux autres, ils arrivent …

polo
Invité

Tu crois pas que si on pouvait automatiser autant la construction d’une auto les autres constructeurs l’auraient déjà fait?
Musk a fait un pari et pour le moment même si c’est un succès d’estime on voit qu’industriellement il n’y a pas de miracles.

Akitus
Invité
Dis moi, tu penses vraiment que les constructeurs auto créent de nouvelles usines tous les mois ? Non, il font avec ce qu’ils ont pour le rentabiliser au maximum. A savoir des usine avec des salariés difficilement licenciables. Mais chaque fois qu’ils ouvrent une nouvelle usine, crois moi qu’elle est toujours plus automatisé que la précédente. Tesla fais le pari de partir d’une feuille blanche avec l’objectif de l’automatisation à 100%. C’est un pari risqué, mais hyper rentable pour le futur si ça marche. Pourquoi croyez vous qu’uber ait une valorisation de 60 milliards de dollars, alors qu’ils ne font… Lire la suite >>
wizz
Membre

Licencier des salariés, ce n’est pas un soucis pour une entreprise
Son problème, c’est le ratio gain/cout de cette opération.

Par exemple, fermer une usine française, licencier du personnel, l’indemniser, pour aller dans un pays voisin presque aussi cher en cout de main d’oeuvre, avec une fiscalité aussi pesante, alors ça ne vaut pas le coup

En revanche, si c’est pour aller dans un pays à très faible cout de main d’oeuvre, fiscalité très favorable, peu de contrainte environnementale, pas de syndicat, semaine de 45h….(et dans un domaine sans une haute technicité, genre la confection, la fabrication des pièces mécaniques ordinaires….)

SGL
Invité

Tesla, c’est souvent la notion du verre à moitié vide ou à moitié plein.
Ce que a fait déjà fait Tesla jusqu’à maintenant est FOOOrmidable (verre à moitié plein) mais ils ne sont pas encore rentables et ils sont au bord de la faillite (verre à moitié vide)

SGL
Invité

Ah bon ?
Ce n’est pas formidable ce qu’à fait déjà Tesla ?
Mais donc, qui fait mieux ?
Les BAM ? Apparemment, ils ne feront pas mieux avant 2020-23 en volume.
Leurs batteries viennent principalement d’Asie.
Franchement même si Tesla meurt fin 2018, ils auront lancé un processus irrémédiable.
Jaguar est rentré dans le Jeux, Audi dans moins d’un an, tout les autres premiums y seront dans 2-4 ans.
Si ce n’est pas formidable… faut nous expliquer !

LUCIDE
Invité

ils ne sont pas encore rentables ok mais au bord de la faillitte c est ridicule
du pur tesla bashing

Thibaut Emme
Admin

La faillite et l’hypothèque américaines ne sont pas tout à fait les mêmes qu’en France.
En 2009, GM faisait faillite…et ils sont toujours là.
La faillite est un moyen légal de rediscuter de sa dette, de restructurer celle-ci ainsi que la société, et de trouver de nouveaux investisseurs.
Ce n’est pas un gros mot chez eux.

Anonyme
Invité

Même Trump a été moults fois en faillite, et pourtant, maintenant, il est ^résident des USA !

greg
Invité

Pas sûr que cela soit un exemple très rassurant 😀

Anonyme
Invité

je ne cherche pas à être rassurant, juste réaliste

Anonyme
Invité

on va petit à petit vers un scénario que ‘javais estimé probable il y a plusieurs mois, et qui m’avait valu l’attaque des « Teslafans » !

wpDiscuz