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Oui, Mazda continue à développer le moteur rotatif

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Le constructeur d’Hiroshima s’acharne : non, l’invention de Felix Wankel n’est pas définitivement enterrée. Pour preuve, de nouvelles technologies sont étudiées dans l’optique du retour d’un moteur rotatif dans un véhicule de série.

Depuis la fin de production du coupé RX-8 en 2012, plus aucune voiture à moteur rotatif n’est commercialisée. Entre sa gourmandise en carburant, son usage délicat et son entretien contraignant, ce type de motorisation a en effet plusieurs défauts rédhibitoires. De plus, malgré les efforts du constructeur japonais pour le moderniser, il ne respectait plus les normes d’émissions polluantes en vigueur.

Mais Mazda ne compte pas pour autant abandonner le rotatif, comme les rumeurs et informations de ces derniers mois l’ont bien laissé entendre. Alors que la firme célèbre cette année les 50 ans de la sortie du coupé Cosmo Sport, premier modèle doté d’un moteur rotatif, le manager de la recherche technique chez le constructeur a récemment confié à un magazine australien que Mazda continuait à travailler sur le moteur rotatif.

Plasma ou laser pour régler les problèmes d’allumage ?

Pour autant, Mitsuo Hitomi confesse qu’une version commercialisable n’est pas encore à l’ordre du jour. En premier lieu pour des raisons liées aux émissions polluantes : « nous ne pouvons pas arriver au niveau des moteurs conventionnels en la matière », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter que ses équipes recherchent toutefois la meilleure solution possible pour s’en rapprocher.

Un autre problème posé est celui de la combustion, délicate sur ce type de motorisation. Là encore, le constructeur teste plusieurs dispositifs pour arriver à plus de fiabilité : « nous étudions la possibilité d’avoir recours à un allumage plasma ou laser, mais cette dernière solution est très onéreuse » a précisé Mitsuo Hitomi.

Retour prévu en 2020 ?

Aussi étonnant que puisse paraître l’acharnement dont fait preuve Mazda envers le moteur à mouvement rotatif, il ne faut pas oublier que le constructeur a été le seul à poursuivre dans cette voie. Pendant près de 55 ans. Et ce après que Citroën ou Mercedes aient notamment jeté l’éponge…

S’il se heurte à la frilosité des actionnaires de Mazda, qui lui reprochent l’important investissement nécessaire à son développement, le moteur rotatif reste donc intimement lié au constructeur japonais. De plus, ce dernier fêtera en 2020 son centenaire. Une bonne occasion pour un retour du rotary sur le devant de la scène ? Tapi sous le capot d’une certaine RX-9 par exemple ?

Source : Wheels Magazine

Illustrations : Mazda

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14 Commentaires sur "Oui, Mazda continue à développer le moteur rotatif"

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labradaauto
Invité
…et c’est dommage à mes yeux que seul Mazda travaille encore et tout seul sur le moteur rotatif. Oui il a des défauts, mais beaucoup d’avantages, comme la compacité, faible masse embarquée pour un bon rendement. Les nouveaux matériaux, traitements chimiques ont fait pour l’étanchéité, longévité des segments. Oui il y a des progrès majeurs appliqués au moteur rotatif. Alors s’il lui faut une usine à gaz en aval, on l’a bien fait pour le diesel. Je me réjouis que Mazda travaille encore sur ce moteur. Et je m’étonne qu’il soit seul. Oui, on sait tous qu’il n’y a que… Lire la suite >>
Thibaut Emme
Admin

Mazda n’est pas le seul. Mais d’autres ne travaille pas sur le rotatif comme propulseur (ou tracteur).
Ils l’utilisent (ou projettent de l’utiliser) comme « range extender ». Calé à son régime optimal pour alimenter une batterie ou autre.
Cela évite de sortir de la plage (étroite) idéale et ainsi de faire envoler les consommations.
Mais de mémoire il y a eu des protos (Valmet EVA en 2010 https://www.leblogauto.com/2010/03/geneve-2010-live-valmet-eva.html ) qui projetaient d’utiliser un rotatif en REx mais rien de concret.

Frederic Papkoff
Admin

Oui, Valmet a travaillé dessus avec l’EVA.

Il y a aussi eu le concept A1 eTron :
https://www.leblogauto.com/2010/03/geneve-2010-audi-a1-e-tron-concept-suite.html

Le rotatif en Range extender a pour avantage sa compacité, son faible poids, son silence de fonctionnement en régime stabilisé et les faibles vibrations… Un équipementier proposait un ensemble complet à intégrer dans le bac de roue de secours (illustré sur l’A1 justement). Il me semble qu’il s’agissait de FEV.

Mazda a aussi travaillé sur ce même sujet d’ailleurs, sur la Mazda 2 EV.

labradaauto
Invité

..d’autant qu’audi avec la NSU RO 80, juste après les TT, TTS qui avaient moteur de moto, usitait déjà début des ans septante…

labradaauto
Invité
depuis les ans 70 les constructeurs de moteurs à haut rendement ont acquis maîtrise.Les progrès tant dans les alliages, les méthodes d’usinages,(machines outils , outils coupants, les métaux à formules secrètes à but militaires initialement) font que l’histoire ne s’est pas arrêtée en 1980 et ne s’arrêtera pas. En 1970 les ingénieurs ne conseillaient pas pour le tuning des vitesses de pistons supérieures à 20 M/secondes pour les développements issus de moteurs traditionnels. Voir en 2000 un cosworth, en 2017 un mercedes BMW Ferrari est déjà éblouissant de progrès.(totalement ringardes les normes des ans 70) Les nippons avaient dans la… Lire la suite >>
psam
Invité

… les carrosses étaient tirés par des chevaux… 😉

labradaauto
Invité

merci pour votre chute. La mienne s’arrêtait à la seconde partie du XXème siècle . Vous aviez juste le trop d’inertie à la lecture de mon passage. Avec mon respect pour les et la cause animale, Je n’allais « pas si vite que ça ». Bien Cordialement.

beniot9888
Invité

Et bien moi, quelque part, c’est que Mazda travaille encore sur cette solution, qui m’étonne. Soyons pragmatiques : Ces moteurs ne sont pas très fiables, capricieux, gourmands et polluent/émettent beaucoup.

Sont-ils intéressants ? Oui. Sont ils compétitifs ? Non.

Donc je me demande pourquoi Mazda continue à utiliser des ressources à travailler là dessus alors qu’ils pourraient les attribuer à des projets plus rentables (parce que oui, la rentabilité, ce n’est pas très romantique et noble, mais c’est vital à une entreprise).

Mais peut être que Mazda pense être capable de combler les problèmes inhérents à ce type de mécanique ?

Kero San
Invité
Il y a d’autres arguments à opposer à la froide rentabilité court-termiste dépourvue de vision et auto-centré sur le retour sur investissement immédiat. Comme l’émotion dégagée par ce type de mécanique à la sonorité unique, au fonctionnement étonnamment lisse, capable de donner des frissons à ses hauts régimes en sortie de vilebrequin (plus de 9000 tr/min). Ou l’image de marque associée, avec ses communautés de fans partout dans le monde, dégageant un potentiel marché sur le moyen terme. Ou la recherche technologique (et c’est sans doute ce qui motive grandement Mazda) dont les retombées permettront d’améliorer les performances des mécaniques… Lire la suite >>
wizz
Membre
Pour être encore sur le devant de la scène en 2030, il est impératif de ne pas mourir en 2025. Or, les ventes en 2025 seront possibles ou pas en fonction des investissements qui seront fait en 2020. Et les bénéfices réalisés en 2025 permettront d’investir et développer les produits qui seront vendus en 2030. Etc… Pas de bénéfice en 2025, cela signifiera pas de nouveauté en 2030, donc moins vendre, et peu à peu, disparaitre… Lorsqu’un constructeur réalise d’énormes bénéfices, il a le choix entre distribuer beaucoup aux actionnaires au détriment des investissements, ou privilégier l’investissement au détriment des… Lire la suite >>
labradaauto
Invité
bon comme comme à son habitude dans le développement qui résume les prises de risques récompensées ou pas. La réussite en économie appartient il est vrai aux visionnaires sages je dirai dans les investissements qui afficheront des plus dans la balance avant que les autres aient copiés. – Gouverner, c’est prévoir! En France on a tant de génie dans les historiques des marques disparues qu’il est on ne peut plus réaliste que de calculer au plus juste. la conflagration ( autre nom de la mondialisation ) a raidi encore la pente du succès . Malgré l’INPI, si on est bon,… Lire la suite >>
beniot9888
Invité

Désolé d’avoir une vision conformiste et froide fixée sur rentabilité court-termiste dépourvue de vision et auto-centrée (rien que ça), mais il se trouve que les termes pas fiables, gourmands en carburant et en huile s’appliquent aux moteurs rotatifs depuis 40 ans maintenant.

Combien de temps encore à échouer avant d’envisager que, peut être, c’est juste une idée qui ne marche pas ?

Après, peut être que Mazda est à 2 doigts de résoudre tous ces problèmes. Mais je suis honnête : je n’y crois pas.

gilles
Invité

« après que Citroën ou Mercedes aient notamment jeté l’éponge… » A ma connaissance, Merco n’a pas été jusqu’à commercialiser de modèle à moteur Wankel, mais on peut dire que Audi a effectivement jeté l’éponge après la NSU Ro 80.

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