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Les constructeurs chinois pour les nuls : Lifan

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Lifan

L’un des plus gros producteur chinois de motos, Lifan est venu à l’automobile en 2005. Et il se développe depuis beaucoup à l’export sur les marchés émergents grâce à ses prix très bas.

Comme tous les constructeurs privés en Chine (et ailleurs), Lifan est avant tout l’œuvre d’un homme. Mais contrairement à d’autres entrepreneurs, Yin Mingshan n’est pas un jeune loup lorsqu’il fonde son atelier de moto en 1992. Né en 1938 à Chongqing, il perd son père en 1950 et doit subvenir aux besoins de sa famille. Il enchaîne les petits boulots, mais il est envoyé en camp de travail en 1958 pour ses idées capitalistes. Il y passera plusieurs années, mais y apprendra l’anglais. Ce qui va lui permettre au début des années 80 d’être employé comme traducteur, puis professeur d’anglais. Il rejoint ensuite une maison d’édition. Mais au début des années 90, il cherche à monter sa propre entreprise.

D’abord une maison d’édition, puis finalement la moto. Pourquoi la moto? Non pas par passion, mais par opportunité. Ayant discuté avec un producteur de moto, il note qu’il y a un grand besoin de moteurs de moto. Les constructeurs locaux de motos ne vendent en effet pas leurs moteurs seuls à d’autres constructeurs, qui doivent donc souvent acheter leurs moteurs au Japon, à un prix très élevé. Il fonde donc en 1992 Chongqing Hongda Auto Fittings Research Centre, avec une mise de départ de 200000 yuans. Le nom de Hongda lui vaudra d’ailleurs un procès de la part de Honda, et au final Lifan perdra en 2004 le droit de l’utiliser.  Il débute progressivement la production de moteurs 50, 70 puis 100 cm3. Qu’il revend à d’autres constructeurs chinois, avant de débuter la production de ses propres motos en 1995.

Au début des années 2000, Yin Mingshan sent que le marché automobile chinois va sérieusement décoller, et souhaite donc produire des voitures. Mais il se heurte à l’obstacle de la licence de production. Il échoue à nouer un partenariat avec les grands constructeurs publics, et opte donc pour le rachat d’un constructeur mineur, mais doté d’une licence. Il rachète d’abord en 2002 55% de Chongqing Bus. Mais les 45% restant propriété du gouvernement local, il abandonne finalement au bout de quelques mois. Pour mieux recommencer en août 2003 avec le rachat de Chongqing Special Purpose Use Vehicle Manufacturing Co Ltd. qui deviendra Chongqing Lifan Automobile Co. Ltd..

En 2004, Lifan présente sa première voiture, la 520. Elle est techniquement basée sur les Citroën Fukang (alias ZX) et Elysée, dont elle reprend également la planche de bord. Elle a aussi pour originalité d’être dotée du moteur 1.6 Tritec (BMW – Mini / DaimlerChrysler) produit au Brésil. Fin 2004, la production semble prête à démarrer,mais il manque encore quelques autorisations officielles. Qui seront accordées fin 2005, alors que le gouvernement cherche à encourager l’émergence de constructeurs chinois. Les premières voitures sont donc commercialisées début 2006, et les exportations débutent dans la foulée. Lifan profite de son réseau déjà en place pour ses motos. En 2007, les premiers moteurs conçus par Lifan sont installés dans la 520. La gamme s’étend ensuite avec la 620 et l’utilitaire Foison en 2008, la 320 (mélange de Mini et de Daihatsu Sirion) en 2009, X60 en 2011, 720 en 2012…

Une extension à pas mesurés, accompagnée d’une extension des pays de commercialisation. Lifan est ainsi présent dans de nombreux pays, en particulier en Afrique, Moyen-Orient, Asie du sud-est ou en Amérique du Sud. Lifan y progresse plus par ses prix très bas que pour la qualité de ses voitures… Lifan dispose ainsi de petites unités de production au Vietnam, Iran, Russie, Azerbaïdjan, Ethiopie. Une unité a même ouvert en 2014 en Irak.

Aujourd’hui, Lifan reste un des plus gros producteurs de motos en Chine. Mais les résultats sont moins séduisants en matière d’automobile. Ses ventes ont plafonné à 105659 voitures en 2016. En baisse continue depuis 2012 où elles avait atteint 158430 exemplaires… Ceci malgré l’élargissement de la gamme. C’est que contrairement à bien d’autres constructeurs chinois, la qualité des modèles Lifan n’a guère progressé ces dernières années.

Les grandes dates :

  • 1992 : fondation de Chongqing Hongda Auto Fittings Research Centre
  • 1995 : début de production des motos
  • 1997 : Apparition du nom Lifan
  • 2003 : création de Chongqing Lifan Automobile
  • 2004 : production de la première Lifan 520
  • 2005 : autorisation officielle de mise en vente des véhicules
  • 2010 : introduction à la bourse de Shanghai

Les marques

Une seule marque pour Lifan donc, avec une gamme qui a été singulièrement épurée ces derniers temps dans la catégorie des berlines. La 720 a disparu, et les plus compactes 330 et 620 ne sont plus proposées qu’en version électrique. Lifan est assez porté sur la copie : Mini, calandre de Lexus, Ford S-Max, etc.

  • 330 : citadine mimant la Mini, et évolution de la 320. La 330 n’est plus proposée qu’en version électrique et autonomie de 150 km
  • 620 : berline compacte 4 portes, uniquement proposée en électrique. Nommée 620, elle reprend les évolutions de style de la version modernisée, la 630
  • 820 : grande berline familiale 4 portes, également disponible en version électrique avec 200 km d’autonomie
  • X50 : crossover urbain
  • X60 : crossover compact
  • X80 : grand SUV / crossover
  • MyWay : SUV économique à 7 places
  • Lotto :  monospace économique (catégorie du Wuling Hongguang)
  • XuanLang : monospace plus typé européen, copie du Ford S-Max

Les coentreprises

Lifan n’a actuellement aucune coentreprise avec un constructeur automobile étranger.

Crédit illustrations : Lifan

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1 Commentaire sur "Les constructeurs chinois pour les nuls : Lifan"

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Nicolas
Invité

Et un logo qui s’inspire de Lada

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