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Les constructeurs chinois pour les nuls : Dongfeng

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Dongfeng

Fondé en 1969 sur la volonté de Mao, Dongfeng est aujourd’hui l’un des trois plus gros constructeurs chinois. Le groupe, basé à Wuhan, assemble des voitures, mais aussi des camions et bus.

Dans les années 60, Mao lance la stratégie du « Troisième Front » qui vise à se protéger des agressions extérieures, avec au programme l’industrialisation des provinces du centre du pays. Un nouveau constructeur automobile est ainsi installé à Wuhan (Hubei). Second constructeur d’état après FAW, il est donc nommé Second Automobile Works (第二汽车制造厂). Le nom de Dongfeng (东风 – Vent d’est) arrivera tardivement, en 1992.

Initialement, Dongfeng est surtout un producteur de camions et bus. Il reste d’ailleurs aujourd’hui le numéro un chinois du secteur. Ce qui en fait aussi de facto l’un des plus gros producteurs mondiaux de véhicules industriels, en compétition avec Daimler ou Volvo.

Quelques grandes dates :

  • 1969 : fondation de Second Automobile Works
  • 1992 : utilisation du nom Dongfeng
  • 1992 : coentreprise avec PSA
  • 1996 : Dongvo, coentreprise avec Volvo Trucks
  • 2002 : coentreprise avec Kia
  • 2003 : coentreprise avec Honda
  • 2003 : coentreprise avec Nissan
  • 2009 : coentreprise avec Yulon
  • 2009 : lancement de la marque Fengshen
  • 2013 : coentreprise avec Renault
  • 2014 : entrée au capital de PSA

Les marques

Dongfeng a multiplié les marques au fil des ans. Avec une particularité : toutes ses marques contiennent le terme « Feng », et partagent également toutes le même logo, soit celui du groupe qui représente deux oiseaux. Et toutes les marques ont également une certaine tendance à suivre un style très « Volkswagen ».

Depuis son lancement en 2009, Fengshen, de son nom anglais Aeolus, est devenu la principale marque de Dongfeng en matière de voitures particulières. Suite aux accords avec PSA en 2014, Fengshen est aussi censé devenir une marque commune aux deux partenaires. Y compris à l’export. Les modèles les plus récents de Fengshen sont ainsi basés sur des modèles PSA.

  • E30 : petite électrique de 3 mètres, à 4 places. La version 2 places n’a pas encore été commercialisée
  • S30 : modèle le plus ancien de Dongfeng. Berline 4 portes basé sur la plateforme de la… Citroën ZX / Fukang. La berline 5 portes H30 n’est plus vendue
  • A30 : berline compacte 4 portes de conception Dongfeng
  • A60 : berline compacte reprenant pur base la précédente Nissan Sylphy
  • L60 : berline compacte 4 portes basée sur la Peugeot 408
  • A9 : berline haut de gamme, basée sur une Peugeot 508 allongée
  • AX3 : crossover basé sur la berline A30
  • AX5 : crossover intermédiaire
  • AX7 : crossover familial, basé sur la plateforme du Honda CR-V

Fengxing est une marque essentiellement tournée vers les monospaces. Son premier modèle était en effet le Futurer (ou Lingzhi), dérivé du Mitsubishi Space Gear. Cette marque est diffusée par la filiale Dongfeng Liuzhou.

  • Futurer : grand van / monospace, issu du Mitsubishi Space Gear. Existe en différentes variantes : V3, M3, M5, M5L
  • Joyear : monospace compact, techniquement assez proche d’un Renault Scenic II, mais avec un style de Mitsubishi Grandis. A depuis donné naissance à toute une gamme
  • Joyear X3, XV : versions « cross » du Joyear
  • Joyear X5 : tout nouveau modèle. Il n’a plus de lien direct avec le Joyear hormis son nom. Il s’agit d’un SUV compact, très inspiré par un Volkswagen Tiguan
  • Joyear S50 : berline compacte 4 portes
  • S500 : monospace compact, très inspiré par un Volkswagen Sharan
  • SX6 : version cross du S500
  • F600 : version économique du CM7
  • CM7 : monospace haut de gamme, très inspiré par un Toyota Alphard

En 2005, Dongfeng fonde une coentreprise avec Yuan Group, également connu sous le nom de Sokon. La marque est ainsi connue selon les sources sous le nom de Dongfeng-Yuan, ou même Dongfeng-Xiaokang du nom du premier modèle. Néanmoins, le nom apparaissant sur les véhicules est l’acronyme de Dongfeng-Sokon, doit DFSK. La marque vend essentiellement des petits utilitaires, qui sont également diffusés directement par Sokon. En 2013, c’est DFSK qui lance le monospace Fengguang, concurrent du Wuling Hongguang. Depuis peu, Fengguang est devenu également une marque séparée.

  • K-Series : K07 / K17,  ou l’original Xiaokang, un petit minibus avec sa calandre double haricot BMW. Ou sa version modernisée K05S / K07S. K01 ou K02, les version pick-up simple ou double cabine
  • C-Series : C35, C36, C37, une série de petits bus ressemblant à une version miniature du précédent Ford Transit. C31 et C32 sont les version pick-up à simple ou double cabine
  • V-Series : V07, V27, V29, série de trois petits bus à la face avant façon Jeep. Plus les pickup simple ou double cabine V21 et V22

La présentation du Fengguang en 2013 a lancé Dongfeng face au Wuling Hongguang, avec un certain succès. Le modèle d’origine a été suivi de d’un modèle plus imposant, le 360, puis surtout d’un SUV, le 580. L’appellation devient désormais une marque à part entière.

  • 330, le Fengguang d’origine
  • 360, version allongée et « cross » (4m51 contre 4m36)
  • 370, version un peu plus haut de gamme du 360
  • 580, SUV 7 places

Fengdu est une marque issue de la coentreprise Dongfeng-Zhengzhou-Nissan. Avec seulement deux SUV à son catalogue.

  • MX5 : clone du Fengshen AX7
  • MX6 : réindustrialisation du précédent Nissan X-Trail

Les modèles de Fengnuo ne sont pas encore commercialisés. Il s’agit de la marque de la coentreprise Dongfeng-Renault, et son premier modèle sera d’ailleurs la Fluence ZE.

Junfeng est la dernière marque de Dongfeng. Une marqué dédiée aux véhicules électriques, qui devraient être commercialisés cette année.

  • ER30 : version électrique de la Venucia R30
  • E17 : version électrique de la Fengshen A60

Les coentreprises

De tous les constructeurs chinois, Dongfeng est celui qui est le mieux pourvu en matière de coentreprises. Il est ainsi le partenaire de pas moins de six constructeurs.

La coentreprise avec PSA est la première signée par Dongfeng en 1992. L’accord préliminaire remonte en fait à 1990 mais sa mise en oeuvre est retardée suite aux tensions diplomatiques ayant suivi les événements de Tien An Men. A l’origine, la coentreprise se nomme Dongfeng Citroën Automobiles Company, puisque les seuls produits sont des Citroën. avec bien sûr la ZX devenue Fukang qui restera très (trop?) longtemps en production. En 2002, la marque Peugeot arrive elle aussi sur le marché chinois, et la société devient DPCA, Dongfeng Peugeot Citroën Automobiles.

La seconde association de Dongfeng est signée en 2002, avec le coréen Kia. Il s’agit en fait d’une coentreprise tripartite, avec également la présence de Yueda, actionnaire comme Dongfeng à hauteur de 25%.

C’est en 2003 que Honda et Dongfeng signent leur coentreprise. Dongfeng-Honda est ainsi la seconde coentreprise de Honda en Chine, celle avec GAC ayant été signée en 1998.

L’association avec Nissan est désormais l’une des principales coentreprises de Dongfeng. Elle se nomme en réalité Dongfeng Motor Company Limited (DFL). On retrouve ainsi des plateformes ou des moteurs Nissan dans de nombreux modèles badgés Dongfeng. La coentreprise est également complétée par Dongfeng-Zhengzhou-Nissan, qui produit des véhicules utilitaires vendus sous les marques Dongfeng et Nissan. Depuis 2015, Dongfeng-Infiniti produit également les modèles de la marque haut de gamme de Nissan. La marque Venucia fait partie de la coentreprise Dongfeng-Nissan.

Basé à Taiwan, Yulon s’est associé à Dongfeng en 2009 pour produire sa marque Luxgen en Chine continentale. On notera de façon ironique que malgré la politique de Chine unique, qui vise à considérer Taiwan comme faisant partie de la Chine, Yulon est obligé de s’associerà un groupe local pour produire. Comme les constructeurs étrangers donc…

Dernière association en date, la coentreprise Dongfeng-Renault a été signée en 2013, avec un début de production en 2016. Elle reprend en fait la licence de production de Sanjiang-Renault née à l’origine en 1993.

Crédit illustrations : Dongfeng

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21 Commentaires sur "Les constructeurs chinois pour les nuls : Dongfeng"

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zeboss
Invité

si quelqu’un de dongfeng arrive à suivre sans avoir des notes de l’épaisseur du bottin parisien, c’est un super QI…

zeboss
Invité

-1 c’est pour quoi ?

Fred21
Invité

par ce que The Boss, c’est Springsteen 🙂

zeboss
Invité

Tin’ t’es perché toua…..

Fred21
Invité

Tu penses réellement que c’est moi qui t’a collé le -1 ?

Ddd
Invité

Il y a pas de « vol » de technologie entre les différents co-entreprises?

Stabak
Invité

On ne peut pas vraiment parler de vol de technologie. En tant qu’actionnaire de PSA, il est normal que Dongfeng se serve à minima dans la banque de pièces PSA. Mais regardez, ce n’est pas de la grosse technologie non plus, les plateforme qu’ils récupèrent ne sont plus toutes jeunes. La PF2 et PF3 ont plus de 15 ans. Et ne parlons pas de celle de la Fukang qui est la même que nos 306.
En clair, même si ils sont actionnaire, ils ne peuvent pas se servir délibérément de tout ce qu’ils veulent 🙂

Pierre Robès
Invité

Je pense que la vraie question était : n’y a-t-il pas de vol de technologies d’une coentreprise à une autre ?
Le constructeur ayant accès potentiellement aux informations de PSA, Honda, Mitsu et tous ses autres partenaires, n’y a-t-il pas un risque élevé de fuites d’informations au sein de ce méli-mélo de partenariats ?

Thibaut Emme
Admin

Il y a toujours un risque, mais finalement pas plus qu’en Iran (où par exemple Renault et PSA travaille avec les mêmes entreprises) ou qu’ailleurs où des sous-traitant fournissent plusieurs constructeurs et sont au courant de pas mal de chose.

Quel serait l’intérêt de Dongfeng ici de faire passer une techno d’un côté à l’autre ? A part se prendre un procès et perdre un partenariat ?

Stabak
Invité

Ah oui je comprend la question. En effet comme le dit Thibaut Emme c’est risqué pour le partenaire local de jouer à ça. On peut parler de l’Iran oui, mais il y a aussi NAZA en Malaisie qui assemble des voitures pour plusieurs constructeurs, dont PSA et Kia sans que cela ne pose problème.

Stabak
Invité

Très intéressant ce sujet, je ne savais pas qu’il y avait autant de bases française. Par contre la grosse berline A9 n’est elle pas une base de C6? C’est la même plateforme que la 508 (PF3) on est d’accord, mais il me semble qu’elle profite aussi des suspensions Hydractive comme le fût notre ex voiture ministérielle.

Invité

Le projet de depart (Numero 1) partait de la plateforme de l’ancienne Citroen C6, avec suspension hydractive.
Le projet a ensuite changé pour utiliser la base 508, plus moderne, et deja utilisé dans les usines existantes.
Citroen en a profite pour en faire son derive, la nouvelle C6 chinoise.

Stabak
Invité

Merci à Gautier Bottet et Bern pour vos réponses. En effet en y regardant de plus près on reconnaît très bien notre 508, qui ironie de la chose renie ses origines Françaises, pour ressembler ) un mix de Audi et VW.

Navigator84
Invité

Fengshen est apparu pour la première fois en 1996-1997 à Huizhou dans le Guangdong où cette marque « produisait » des Xantia et XM.
Puis on la retrouve entre 2000 et 2003 toujours dans cette province mais produisant cette fois une Nissan Bluebird B14 et un Mercury Villager.
Tous ces modèles portaient le logo Dongfeng.

Comme pour FAW, chaque usine a sa propre entité et son réseau dédié (Hubei pour Fengshen, Guangxi pour Fengxing, Chongqing pour DFSK ou Zhengzhou pour ZNA et Fengdu).

DFAC produit aussi des pick-ups vans et petits camions.

dédé
Invité

Ce qui en fait aussi de facto l’un des plus gros producteurs mondiaux de véhicules industriels, en compétition avec Daimler ou Volvo ?

DFCV n’appartient il pas à Volvo ( 45% )
Daimler ne s’est il pas fait manger la place de n° 1 mondial ?

http://www.volvogroup.com/SiteCollectionDocuments/VGHQ/Volvo%20Group/Investors/Documents,%20misc/Volvo-DFCV-final.pdf

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