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F1 2017 : récapitulatif des forces en présence

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La saison de Formule 1 reprend ce weekend aux antipodes, en Australie. Après 8 jours de tests d’intersaison, difficile de savoir à coup sûr qui va être en tête, qui va fermer la marche. Faisons le point.
A Barcelone pour les essais d’inter-saison, il était difficile de jauger les performances même si certains tours avortés (rentrée au stand ou freinage avant la ligne de chronométrage) donnait à penser que les voitures iraient 5 secondes plus vite qu’en 2016. Mais au début de la saison, c’est la fiabilité qui compte le plus avec de gros points à prendre pour ceux qui sauront aller au bout. Les deux premières séances d’essai libre ont montré que les limites peuvent être vite franchies avec de nombreuses excursions dans l’herbe, les graviers, ou comme pour Palmer, dans le mur de pneus.

Cette année les monoplaces sont plus longues (l’aileron avant est plus éloigné de l’essieu et est en forme de « banane »), ont plus d’appui aérodynamiques (aileron arrière plus bas et rejeté en arrière) mais aussi mécanique (pneus plus larges et plus endurants). Evidemment, le jeu des pronostics est difficile avec des écuries qui cache leur jeu, d’autres en difficulté l’an dernier qui peuvent surprendre, et d’autres, que l’on attend et qui répondront présentes. A vous de vous faire votre idée.

Mercedes AMG Petronas

 
#44 Lewis Hamilton   #77 Valtteri Bottas
Lewis Hamilton n’aura pas droit à sa revanche face à son ami/rival Nico Rosberg parti auréolé de son titre 2016. Mais l’Anglais va tenter d’entrer  un peu plus dans la légende de la F1 en allant chercher un 4ème titre. Cette année il fête ses 10 ans en F1.

Assurément un favori au titre. D’autant qu’il est désormais numéro 1 officiel chez Mercedes, à moins que Bottas n’éclate au grand jour.

Une des inconnues de la saison. Appelé pour suppléer le départ de Rosberg, Bottas sait qu’il va devoir hisser son niveau de pilotage. Après deux saisons « à sensation » chez Williams, le Finlandais est retombé dans un « train-train » avec une voiture de moins en moins compétitive l’an dernier.

Bottas ira d’abord conquérir sa première victoire avant de penser au titre. Mais surtout il va devoir accepter le challenge d’un coéquipier théoriquement meilleur que lui.

Mercedes ne s’est pas reposé sur ses nombreux lauriers cet hiver et a encore mis les moyens pour être en haut de la feuille des temps. Durant les essais hivernaux, on les a surtout vu chercher la fiabilité et il y sont arrivés. A Melbourne, la voiture évolue encore dans les détails et Hamilton se hisse au premier rang des deux premières séances d’essai libre de la saison. Bottas n’est pas très loin derrière.

Le changement de réglementation va peut-être rebattre un peu les cartes, surtout côté suspensions, mais Mercedes avec sa force de frappe et son avantage côté moteur devrait encore être aux avant-postes. Top 1/2.

Red Bull Racing

#3 Daniel Ricciardo   #33 Max Verstappen
L’Australien a signé une très solide saison 2016. 7 podiums et 1 victoire, il est « le meilleur des autres » derrière les pilotes Mercedes. Il a fait ce que Ferrari et Vettel auraient du faire à défaut de pouvoir lutter pour le titre.

Ricciardo a pris la mesure de son très jeune et talentueux coéquipier, mais, en 2017, il faut tout recommencer. Il vise plusieurs victoires et, qui sait, plus. Il a les épaules pour en tout cas.

« Max la menace » s’assagit un peu, avec l’expérience. 6 podiums, 1 victoire, il pourrait faire jeu égal avec Ricciardo s’il arrive à engranger des points dans les jours sans (4 fois hors des points en 2016).

En plus, cette année, la règle du changement de file dans la zone de freinage disparaît. Il devrait défendre chèrement sa peau. Un candidat au podium régulièrement.

Red Bull Racing compte sur le nouveau moteur Renault pour aller jouer le titre constructeur et/ou pilote. Sa paire de pilote est solide et la voiture semble performante. Plus « simple » que ses principales concurrentes bardées d’appendices en carbone, la voiture de cette année porte immanquablement la patte de Newey. Sera-t-elle géniale ? Top 2 ou 3 au championnat.

Scuderia Ferrari

#5 Sebastian Vettel   #7 Kimi Räikkönen
En 2016, Vettel a semblé s’énerver plus qu’à son tour. Auteur de 7 podiums, il a malgré tout 4 arrivées hors des points qui lui coûtent le podium du championnat. Certains l’annoncent impatient de re-gagner avec Ferrari et d’autres osent même parler de départ en 2018.

Le début de saison sera primordial tant il a montré qu’il pouvait « lâcher » en cours de saison si tout n’était pas au top.

4 arrivées hors des points également pour Kimi qui a semblé un cran en dessous en 2016. 4 podiums, tous dans la première moitié de la saison. IceMan fait le job mais « sans plus » vu de l’extérieur. Manque de motivation ? Réel souci à conduire ces nouvelles F1 (il s’en est plaint au début de l’ère turbo-hybride) ?

Peut être l’une des dernières saisons du champion 2007. Il devrait avoir à coeur de montrer qu’il peut encore gagner.

La Scuderia nous refait le coup du « on a changé toute notre organisation, vous allez voir ! ». On veut bien les croire. A Barcelone, c’était mutisme de rigueur. La voiture est très poussée au niveau aérodynamique avec des appendices devant les entrées d’air, un museau à plusieurs « ducts » et un arrière très creusé. Vettel et Räikkönen ont semblé très rapides et fiables durant les essais. L’exploitation des gommes sera la clé de la saison des rouges qui n’ont plus goûté à la victoire depuis le 20 septembre 2015 ! Ils visent le titre. Un top 2 ou 3 semble assuré.

Sahara Force India F1 Team

#11 Sergio Perez   #31 Esteban Ocon
Le Mexicain, qui va débuter sa 7ème saison, a signé en 2016 son meilleur résultat d’ensemble avec une 7ème place au championnat grâce à 2 podiums et 10 arrivées consécutives dans les points en fin de saison. Auteur de 99 départs, il est toujours à la recherche de sa première victoire.

Pas sûr que ce soit pour cette année mais il devrait monter sur quelques podiums.

Sans doute LA grosse inconnue de ce début de saison. Le Français n’a pas encore une saison complète derrière lui et va donc devoir composer avec une nouvelle équipe, une nouvelle voiture, et des circuits « inconnus ». Mercedes l’observera (avec Renault sans doute) et son meilleur rival c’est finalement son coéquipier.

L’an dernier, il ne doit qu’à Rio Haryanto de ne pas finir culot du championnat. Mais, il a bluffé certains observateurs, notamment au Brésil sous la pluie. A suivre.

Force India a sorti une évolution de son concept 2016 avec un museau « à trous ». En 2016 c’était plutôt bien réussi faisant de l’écurie la 4ème force du championnat. La voiture vire au rose avec l’arrivée du sponsor BWT ce qui devrait permettre de maintenir un bon développement de la voiture au cours de la saison, et surtout pour 2018. Candidat régulier au top 5 vraisemblablement.

Williams Martini Racing

#19 Felipe Massa   #18 Lance Stroll
Felipe a droit à du rab’ à la cantine de la F1. Retraité (on se souvient de ses adieux au Brésil), il a été rappelé pour remplacer son coéquipier Bottas parti chez Mercedes. Il fait figure de « vieux sage » à l’aube de sa 15ème saison et fort de 250 départs. Mais, en 2016, il a été l’auteur de sa pire saison depuis 2005 et Sauber (on ne compte pas 2009 et son accident).

A voir s’il reste de la motivation à Felipe pour encadrer son (très) jeune coéquipier débutant Stroll. A voir aussi s’il pourra ramener Williams plus vers les sommets.

Nouveau venu en F1, Stroll a le talent de la fortune de son père. Mais, il se donne les moyens de ne pas être ridicule pour son arrivée. Il saute la case « écurie de fond de grille » pour viser le milieu de tableau. Durant la saison dernière, Lance a « bouffé du kilomètre » dans une ancienne Williams sur différents circuits dans des essais purement privés.

A Barcelone il a connu pas mal de galères avec 3 sorties de piste qui ont contrecarré les plans de l’écurie. Un nouveau Maldonado ou un nouveau Verstappen ?

Williams espère profiter du changement de règlement pour refaire le coup de 2014 et 2015 où l’écurie termine sur le podium du championnat. L’écurie qui vit de profonds changement avec les deux co-fondateurs (Head et Williams) qui ne sont plus aux commandes, vise le top 5 régulièrement. A Melbourne, cela ne semble pas en prendre le chemin. Peut-être en deuxième partie de saison ?

McLaren Honda Formula 1 Team

#14 Fernando Alonso   #2 Stoffel Vandoorne
Le double champion du monde 2005-2006 n’a plus connu la victoire depuis mai 2013 et le Grand-Prix d’Espagne. Pire, les podiums le fuient depuis la Hongrie 2014 ! Honda a revu son concept moteur mais les performances et la fiabilité n’y sont pas. Risque de gros clash en vue. Certains évoquent déjà un départ si la situation ne s’arrange pas.

Des top 10 pour le début de la saison seraient déjà pas mal.

Le pilote que toute la Belgique attend ? Stoffel va enfin avoir droit à une véritable chance en F1. La voiture n’est pas au top mais il va pouvoir montrer sa valeur face à son talentueux coéquipier. Les premiers GP ne seront sans doute pas représentatifs de sa saison et les observateurs regarderont plutôt sa progression (ou non) au fil des GP.

Engranger des kilomètres et saisir toutes les opportunités de points.

McLaren est un bateau ivre à la dérive. Certes, 2016 était meilleure que 2015 (6ème contre 9ème), mais l’écurie avait toujours fini dans le Top5 final depuis l’année 1981 ! Pas sûr que 2017 soit meilleur que 2016 avec des soucis moteur trop présent à Barcelone et qui ont handicapé l’écurie dans sa préparation. Une fois le moteur stabilisé, il faudra développer le châssis mais les GP vont filer. Peut-être après la trêve estivale.

Scuderia Toro Rosso

#26 Daniil Kvyat   #55 Carlos Sainz Jr.
« Rétrogradé » en cours de saison 2016, de Red Bull a Toro Rosso pour laisser le baquet libre à Max Verstappen, Kvyat l’a très mal pris et cela s’est ressenti dans son pilotage. Il signe un podium en Chine (chez Red Bull) ce qui sauve sa saison. Chez Toro Rosso il ne marque que 3 fois des points pour un total de 4 petites unités.

2017 est sans doute décisif pour Kvyat car de petits jeunes toquent à la porte dans la filière et on sait que Marko ne fait pas dans le sentimentalisme.

Carlos est dans une position pas forcément enviable. En 2016, il a montré de bonnes choses avec trois 6èmes places comme meilleurs résultats, mais, aussi 11 arrivées hors des points. Son avenir c’est l’écurie Red Bull…si une place se libère. Sinon il va devoir convaincre Toro Rosso de le conserver (ou une autre écurie de l’embaucher).

Avec l’expérience, il devrait être plus régulier dans le Top 10 et la Toro Rosso semble bien née.

Avec la Mercedes, la Toro Rosso est de l’avis de nombreux observateurs, la monoplace la plus réussie du plateau 2017. Mais l’esthétique ne fait pas tout. La petite scuderia de Faenza a connu des essais d’inter-saison chaotiques et revient au moteur Renault cette année. A voir sur les premiers GP si l’alliance donne des résultats ou s’il faudra se montrer patients. Toro Rosso compte sur ses pilotes pour remonter dans le Top 6 mondial, voire mieux. C’est LA cible de Renault, Haas, etc.

Haas F1 Team

#8 Romain Grosjean   #20 Kevin Magnussen
Chez Haas en 2016, Grosjean avait une saison « facile ». S’il ne marquait pas, on imputait cela à la voiture, s’il marquait, c’était « tout bénef ». Surtout que son coéquipier Gutierrez, placé par Ferrari et ses sponsors, ne s’est pas du tout montré à la hauteur. Auteur des 29 points de son écurie, Romain a dépassé les attentes de Haas. Il a marqué à 5 reprises en 2016, mais va devoir faire mieux en 2017.

Toujours en froid avec ses freins, Grosjean est capable de coups d’éclat grâce à son application stricte des stratégies et sa capacité à saisir les opportunités tout en s’éloignant des zones de contact depuis 2 ans au moins. Candidat au Top 10 régulier. 1 fois sur 2 serait pas mal.

Non retenu par Renault pour la saison 2017, Magnussen a trouvé refuge chez Haas où il ne devrait pas avoir de mal à faire oublier Gutierrez. Pour Renault il a marqué par deux fois avec une Lotus à peine maquillée. On aurait aimé le voir dans la première « vraie » Renault mais c’est chez Haas qu’il va essayer de montrer qu’il a sa place sur la grille.

En apprentissage de sa nouvelle écurie, il pourrait mettre un tiers de saison à trouver le rythme. La comparaison avec Grosjean sera intéressante. Comme lui, il vise les points le plus souvent possible.

Haas F1 a réalisé une première saison totalement inespérée, merci Grosjean. Mais en 2017, Haas n’est plus une surprise et va devoir hisser d’un cran son niveau pour entrer dans le Top 7 ou 6 du championnat. La voiture semble bien née, mais « basique » dans sa définition aérodynamique. L’écurie américaine mise vraisemblablement sur la fiabilité pour saisir les opportunités. Entre 50 et 75 points visés sans doute.

Renault Sport Formula One Team

#27 Nico Hülkenberg   #30 Jolyon Palmer
Hülkenberg va connaître sa 7ème saison et sa 4ème écurie différente. En 2016, chez Force India, il a souffert de la comparaison avec Perez. Arrivé 14 fois dans les points, il termine au pied du podium en Belgique. Avec Renault il espère avoir enfin une voiture compétitive pour aller décrocher un podium.

Le but est de terminer régulièrement dans les points et de viser pour l’écurie un Top 6 ou 7. Il est rapide, mais certains l’estiment surcoté. A lui de les faire mentir.

Renault a conservé Palmer plutôt que Magnussen même si ce dernier semblait devant. On espère pour Renault que c’est pour son talent plus que pour ses sponsors. Palmer a fait une saison 2016 transparente, ne marquant qu’une fois, un petit point. Chez Renault, qui a dit viser la victoire pour 2018, Palmer grille sans doute ses dernières cartouches. Il va devoir briller s’il veut rester.

Difficile de lui prédire plus de 5 tops 10 dans la saison tant Palmer semble sujet aux « bévues ». A Melbourne il a déjà détruit sa voiture dès la 2nde séance d’essais libres.

Renault entame sa deuxième saison depuis son retour en tant que constructeur. Après une première saison à tout réorganiser et « faire avec » une Lotus adaptée à la réglementation 2016, le constructeur au losange doit passer un cap cette année. La voiture semble assez travaillée sur le plan aérodynamique et Renault vise le milieu de tableau. Les jaune et noir devraient y arriver. En tout cas, doivent, s’ils veulent éviter les critiques. Top 6/7 sans doute, 5 si tout roule dès le début.

Sauber F1 Team

#9 Marcus Ericsson   #94 Pascal Wehrlein
22ème du championnat 2016 derrière Gutierrez (excusez du peu) avec 0 point, Ericsson a fait jouer ses relations pour sauver l’écurie helvétique. Cette année il va devoir faire mieux que son unique 11ème place de l’an passé. Mais un moteur Ferrari 2016 risque de condamner les pilotes à faire de la figuration.

Vise les points une ou deux fois dans l’année. Mais surtout il va chercher à tenir la comparaison avec son coéquipier.

Mauvais timing pour Pascal, manque de chance ? Le protégé de Mercedes a été jugé trop jeune pour intégrer l’écurie mère au côté de Hamilton. Pire, il voit Ocon qui n’a pas encore 1 saison complète derrière lui aller chez Force India alors que tout le monde l’y voyait.

Avec Manor qui a plié bagage, le voilà à demander asile chez Sauber, mû par un moteur Ferrari, lui le pilote Mercedes. Pour assurer son avenir, Wehrlein va devoir battre son coéquipier et montrer qu’il peut marquer des points avec la Sauber.

Sauvée des eaux en cours de saison dernière par des investisseurs, Sauber a reçu comme un miracle les 2 petits points de Felipe Nasr au Brésil. Mais l’écurie doit faire face au départ de Banco do Brasil (et donc de Nasr). En récupérant Wehrlein, Sauber doit récupérer un peu d’argent de Mercedes. De quoi développer la voiture en cours de saison et éviter la place de culot ?

Illustration : 1-F1, écurie respective

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3 Commentaires sur "F1 2017 : récapitulatif des forces en présence"

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Salva
Invité

Quelle tristesse. Le « championnat » du Nürburgring est autrement plus passionnant.

gigi4lm
Invité

Why ?

LoreilleSuisse
Invité
Petit secret qui joue en défaveur de Sauber : Monisha Kaltenborn a mentionné à la presse des « recrutements » de choix l’an dernier. C’était pour mieux masquer la fuite de cerveaux que Sauber a subi. Bon nombre d’ingénieurs talentueux de l’époque 2006-2012 ainsi que de leurs protégés ont quitté les rangs de l’équipe Suisse, exaspérés par son management et/ou poussés vers la sortie. Je trouve dommage que Finn Rausing ait laissé une chose pareille se produire. En plus de la licence F1 (& des revenus FOM qui vont avec), le seul véritable actif de Sauber était sa matière grise. Sauber peut… Lire la suite >>
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