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Road to Indy 2015 : Laguna Seca

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15 jours après la finale de l’Indycar, ses formules de promotion s’offrent un tour de Laguna Seca. Trois disciplines et trois titres à attribuer.

L’idée de créer une filière vers l’Indycar n’est pas nouvelle.
A l’origine, peu de concurrents disputaient l’intégralité du championnat. Des régionaux de l’étape débarquaient avec leurs voitures. Certains espéraient se faire « remarquer », d’autres voulaient juste prendre du plaisir. Tant que vous n’étiez pas un noir ou une femme, l’AAA ne voyait pas de mal à faire courir des novices. Dans les années 20, le peloton se professionnalisa. L’AAA n’avait plus de problème de plateau et il faut montrer patte blanche. Les midget étaient alors considérés comme l’antichambre de l’Indycar (d’autant plus que certaines courses avaient lieu sur terre battu.)
Puis, au fil des décennies, ce fut le tour de l’ARCA, de la Formule Libre, de la Formula Vee, de l’Indy Lights, de la Formula Atlantic… Ce n’est que depuis quelques saisons que l’Indycar dispose d’une « Road to Indy » pérenne.

Indy Lights 3

Absentes à Sonoma, l’US F2000, la Pro Mazda et l’Indy Lights disputent leur finale à Laguna Seca. Le site appartient à Mazda (motoriste des trois disciplines), ce qui explique sans doute cela. Laguna Seca a accueilli le CART dans les années 80-90-2000. Le Champ Car aurait du y revenir en 2008. Aux yeux de l’Indycar, Laguna Seca possède deux gros défauts : sa proximité géographique avec Sonoma et sa compromission avec le CART. Néanmoins, on a déjà vu la Road to Indy jouer les éclaireurs. De là à imaginer l’Indycar sur cet espèce de « Spa Californien » en 2017…

Laguna Seca 1983

US F2000

Tous les titres restent à attribuer. En US F2000, Nico Jamin (Cape Motorsports) n’a besoin que d’une 6e place pour succéder à Florian Latorre (dont il pilote la voiture.) Jake Eidson (Pabst) compte néanmoins lui mener la vie dure.

En décrochant la pole, Jamin se garanti un peu plus un sacre.

US F2000 1

Le Normand s’envole au départ, tandis qu’Aaron Telitz (Cape Motorsport) bouchonne le peloton. L’Américain se piège dans le « tire-bouchon », ce qui profite à Anthony Martin (John Cummiskey) et à Eidson. L’Australien est trop fort pour l’ancien champion de F1600 et il n’y a même pas un safety-car pour maintenir un semblant de suspens.

Avec une facilité déconcertante, Jamin s’offre un 9e succès, synonyme de titre. Martin est 2e et Eidson, 3e.

US F2000 2

Malgré son sacre, Jamin ne relâche pas la pression. Poleman de la course 2, il taille la route. Aaron Telitz (Cape Motorsport) contrôle Martin. L’Australien sort de la piste et Luke Gabin (Pelfrey) hérite de la 3e place. Las, « l’autre Australien de l’US F2000 », est trahi par son moteur. Eidson se retrouve ainsi sur le podium.

Le Normand quitte donc l’US F2000 par la grande porte, avec un sixième hat-trick consécutif. Bien plus tard, Telitz et Eidson passent devant le starter.

US F2000 3

Pour la deuxième année de suite, le champion d’US F2000 est Français. Avec 457 points, le record de podiums et de poles position, Jamin atomise la concurrence. Plus qu’à lui souhaiter de faire de même en Pro Mazda…  2e à 385 points, Eidson a complètement lâché prise à mi-saison. Au moins, il est le seul capable de battre Jamin à la régulière. 3e à 348 points, Telitz est assez décevant pour un redoublant. 4e à 300 points, Martin est -de loin- le meilleur débutant. Une belle performance pour un pilote qui n’avait que de la FF Australia dans les jambes. Il ridiculise les nombreux pilotes issus de la F1600, qui connaissait déjà les circuits. Enfin, la meilleure progression est pour Yuo Lufeng (Pabst.) Chicane mobile en début de saison, il finit par accrocher des top 5. D’où une 7e place finale, à 193 points.

US F2000 4

Pro Mazda

En Pro Mazda, c’est un duel improbable. D’un côté, Santiago Urrutia (Pelfrey), ex-homme invisible du GP3. Pour la finale, il porte le casque de son compatriote Gonzalo Rodriguez (mort en 1999, en Indycar, alors qu’il dominait la F3000 et semblait promis à un poste de cobaye chez Benetton.) De l’autre, Neil Alberico (Cape Motorsport), abonné aux pépins de fin de course.

Garett Grist (Juncos) est le plus rapide des essais.

Pro Mazda 1

Patricio O’Ward (Pelfrey) et Victor Franzoni (M1) s’éliminent lors du tour de lancement. Du coup, les quatre premiers passages ont lieu derrière le safety-car. Lorsque le peloton est relâché, les Juncos sont en formation avec Grist devant Will Owen. Le Texan a un coup de moue, qui profite à Urrutia et Alberico. L’Uruguayen s’offre le meilleur tour et devient virtuellement titré. Mais pas besoin de jouer à l’épicier : comme d’autres, Alberico est victime du fameux tire-bouchon. Owen retrouve la 3e place. Jose Gutierrez (Juncos) tente de l’intimider, en vain.

Grist s’impose. Néanmoins, le plus heureux, c’est Urrutia, 2e, qui devient champion 2015 de Pro Mazda. Owen est 3e, mais tout le monde s’en fout. D’ailleurs, il n’est même pas interrogé par le speaker de la série lors de la conférence de presse !

Pro Mazda 2

Le dimanche, Urrutia est en pole. Néanmoins, Grist lui chipe les commandes au départ. Il y a pas mal de frictions derrière et plusieurs drapeaux jaunes. Urrutia saisit l’opportunité et lors d’un restart, il plonge sur le Canadien. Grist ferme la porte, il y a contact, mais les deux hommes poursuivent.

Comme pour la course 1, Grist s’impose devant Urrutia. Mais cette fois, c’est Alberico qui complète le podium.

Pro Mazda 3

Bon en Formula Abarth, moyen en EuroFormula Open et transparent en GP3, Santiago Urrutia semblait sur une pente descendante. Pourtant, il remporte la Pro Mazda haut la main, avec 354 points. Comme en US F2000, l’an dernier, Alberico s’essouffle à l’automne et finit 2e (avec 302 points.) La 3e place était très disputé. L’ex-pilote Caterham Academy Weiron Tan (Andretti) et le parfait inconnu Timothé Buret (Juncos) tenaient la corde. Grâce à son beau week-end à Laguna Seca, Grist les grille sur le fil et termine 3e à 294 points.
Globalement, la Pro Mazda 2015 est un beau cru. Dire qu’en 2013, la série ne comptait qu’une demi-douzaine de participants réguliers… L’apport de pilotes d’US F2000 (suite à un changement de promoteur) et d’Européens (au sens large du terme) fut bénéfique. Côté Français, Buret termine 5e à 281 points. Florian Latorre (Cape Motorsport) est 8e à 222 points. On attendait plus de ce dernier, après son excellente saison d’US F2000, en 2014. D’autant plus que son équipier et rival d’alors, Alberico, s’est battu pour le titre.

Pro Mazda 4

Indy Lights

Ils ne sont pas deux, mais quatre à pouvoir viser le titre. Vice-champion 2014, Jack Harvey (Sam Schmidt) a soif de revanche. Spencer Pigot (Juncos) représente l’avant-garde de la génération « Road to Indy ». Pilote « moyen + » en Europe, Ed Jones (Carlin) a réussit sa traversée de l’Atlantique. Quant à RC Enerson (Sam Schmidt), il a su sauter d’une US F2000 à une Indy Lights sans passer par la case Pro Mazda.

Un cinquième homme décroche la pole : Max Chilton (Carlin.) Signalons que pour l’occasion, Shelby Blackstock (Andretti) est de retour. De plus, Sam Schmidt recrute Heamin Choi (vu en Star Mazda, puis en US F2000.)

Indy Lights 1

Chilton s’élance devant Kyle Kaiser (Juncos.) Ce dernier commet une erreur. Il frôle la correctionnelle et Pigot en profite pour passer. Un tour plus tard, le leader se paye une pile de pneus. Il arrive à rentrer aux stands et à réparer, mais il repart bon dernier. C’est le scénario idéal pour Pigot, d’autant plus qu’Harvey est aux fraises. Jones, 3e, repousse les assauts de Sean Rayhall (8Star) afin de maintenir ses chances de titres.

Pigot, Kaiser et Jones forment donc le tiercé de la course 1.

 

Indy Lights 2

Le lendemain, chacun sait qu’il n’a rien à perdre et tout à gagner. Pigot, Chilton et Harvey se présentent ensemble à la chicane. Dans cette « chicken race », Pigot est le plus fort. Les deux Anglais visitent brièvement le bac à sable et Rayhall d’en profiter pour passer. Harvey, accusé d’avoir volé le départ, doit effectuer un drive-through. A cet instant, Pigot n’a qu’à finir pour être titré. Scott Anderson (Sam Schmidt) déclenche un premier safety-car.
A la reprise, Ethan Ringel (Sam Schmidt) commet une erreur et le safety-car ressort.
Lors du dernier segment, Rayhall essaye d’intimider Pigot. Néanmoins, « 404 » est sur un nuage. Chilton, lui, effectue une course en solitaire.

Pigot rend une copie parfaite et est récompensé d’un chèque d’un million de dollars pour disputer les 500 miles d’Indianapolis. Rayhall est 2e et Chilton, 3e.

Indy Lights 4

Vice-champion d’US F2000 2012, champion de Pro Mazda 2014, Pigot est désormais champion d’Indy Lights 2015, avec 357 points. Un bel exemple pour la filière. Trop inconstant, Harvey termine 2e (avec 330 points) pour la deuxième année consécutive. 3e à 324 points, Jones prouve que le niveau est élevé. Même des anciens pilotes de F1 comme Chilton ou Nelson Piquet Jr doivent mouiller le maillot. A la limite, mieux vaut avoir peu d’expérience de la monoplace (comme Ringel et Rayhall), mais bien connaitre les circuits.
Avec une douzaine de voitures à chaque manche, le bilan de l’Indy Lights nouvelle formule est positif. Deux écuries sont arrivées (Carlin et 8Star), le plateau est plus stable et les fils-à-papa semblent avoir disparu.

Indy Lights 5

Crédits photos : Indy Lights (photos 1, 2 et 12 à 15), Ford (photo 3), US F2000 (photos 4 à 7) et Pro Mazda (photos 8 à 11.)

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