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IMSA 24h de Daytona : Ganassi Racing s’impose une fois de plus

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Haletante, indécise et savoureuse sont les maîtres mots qui qualifient parfaitement l’impression que nous a laissée cette 53e édition des 24h de Daytona, au cours de laquelle la Riley Ford EcoBoost n°02 de Scott Dixon, Tony Kanaan, Kyle Larson et Jamie McMurray, s’est imposée.

Peut-on encore parler de course d’endurance ? Si la réponse est oui, il conviendrait d’ajouter un mot, sprint. L’édition 2015 des 24h de Daytona s’est plus apparentée à un sprint long de 24h qu’à une course d’endurance. Pourquoi ? Car tout, ou presque, s’est joué dans la dernière heure de course. Il restait un peu plus d’une heure lorsque le dernier changement de leader s’est opéré. A la faveur d’un ravitaillement plus rapide, le Ganassi Racing a pris la tête, et ce, de façon définitive au nez et à la barbe du Wayne Taylor Racing. Jordan Taylor, bien que menacé depuis de nombreux tours par Scott Dixon, parvenait à conserver l’avantage. Même s’il a été dépassé par ce dernier à l’issue d’un arrêt au stand un peu lent, le drapeau jaune et la neutralisation qui s’ensuivirent semblaient redistribuer les cartes. En effet, le petit écart de deux secondes et demie entre Scott Dixon et Jordan Taylor disparaissait, tandis que dans le même temps, le Français Sébastien Bourdais qui pointait à une vingtaine de secondes sans parvenir à les combler, voyait l’occasion de se battre à nouveau pour la victoire.

Mais, car il y a un mais, cela ne s’est pas déroulé comme prévu (comme bien souvent vous me direz). En effet, en plus d’avoir été un peu lent dans les stands, le Wayne Taylor Racing, à la suite d’un mauvais calcul, a anéanti toutes ses chances de victoire dans cette course. Jordan Taylor était au volant depuis bien trop longtemps. Sur une période de six heures, il aurait, s’il avait rejoint l’arrivée, conduit plus de quatre heures. Cela est totalement proscrit par le règlement, pour des raisons de sécurité bien évidemment. Au lieu de se battre à la relance de la neutralisation pour la gagne, le Wayne Taylor Racing a dû immobiliser sa voiture pour changer de pilote. Pour rester en famille, c’est le frère Ricky Taylor qui a pris le volant. Cependant, les encombres ne s’arrêtèrent pas là puisque étant entrée dans la voie des stands alors que celle-ci était fermée, la No 10 s’est vue écoper d’un stop and go. Une fin de course cauchemardesque pour cette écurie, qui a une heure de l’arrivée, semblait confortablement maîtriser son sujet. Il n’en était rien.

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Ne parvenant pas à combler le retard d’une seconde sur Scott Dixon, le Manceau Sébastien Bourdais s’est donc contenté de la deuxième place sur la Corvette No 5 de l’Action Express Racing. Vainqueure en 2014, l’écurie américaine sera surement déçue de cette deuxième place, mais au vu de la course, le scénario de la dernière heure leur est plutôt favorable. Les membres du team devraient s’en contenter. Cela ne sera sûrement pas le cas pour Jordan Taylor, Ricky Taylor et Max Angelelli, qui ont vu la victoire leur tendre les bras. Au lieu de cela, ils terminent troisièmes au volant de la Corvette WRT No 10 du Wayne Taylor Racing.

Après un échec en 2014 avec une deuxième place, Jordan Taylor et consorts ne visaient rien d’autre que la victoire. Le goût d’inachevé est amer mais surtout omniprésent. En revanche, il n’en est rien de tout cela pour le Ganassi Racing qui remporte sa sixième victoire aux 24h de Daytona depuis 2006. Ganassi ne gagne pas moins de trois éditions sur cinq, ce qui n’est pas rien au vu de la concurrence et de la difficulté d’une course comme Daytona au sein de laquelle le trafic est dense. Scott Dixon s’impose donc pour la seconde fois à Daytona après son succès en 2006. Ses équipiers, eux, remportent cette course pour la première fois de leur carrière. Il est tout de même à noter que Jamie McMurray rejoint Mario Andretti et Aj Foyt dans le cercle très fermé des vainqueurs des 24h de Daytona et de la Daytona 500.

Pour être vraiment exhaustif sur cette catégorie, seule la Ligier Honda No 60 du Michael Shank Racing est allée au bout. Toutefois, celle-ci a connu des problèmes et non des moindres puisque ce sont les suspensions qui ont fait défaut. Le manque de fiabilité est donc à pointer du doigt du côté de cette écurie. En effet, si leur vitesse intrinsèque n’est plus à prouver (pole position d’OZZ Negri et meilleur temps en course d’AJ Allmendinger en 1.39.576), la fiabilité, elle, le reste encore.

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Du côté des Prototypes challenge, la FLM09 No 54 du Core Autosport semblait filer vers la victoire avant que la dernière heure de course ne sévisse. L’auteur de la pole position, Colin Braun, a endommagé sa voiture suite à une perte de contrôle, probablement causée par une touchette avec un concurrent qui aurait occasionné une crevaison.

Un changement de leader intervient alors immédiatement, Tom Kimber-Smith sur la FLM09 No 52 du PR1/Mathiasen Motorsports prend la tête et ne la lâchera plus jusqu’au drapeau à damier. Colin Braun parvint tout de même à sauver la course en ralliant l’arrivée à la troisième place, non sans regrets. Johnny Mowlem, Tom Papadopoulos, Martin Plowman, Tomy Drissi et Brian Alder ont pris la deuxième place sur la No 16 du BAR1 Motorsports.

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A l’instar de ce qu’il s’est passé en Prototype, la catégorie GT Le Mans a été chamboulée par le drapeau jaune. Celui-ci a offert par la même occasion au public une lutte acharnée entre la Corvette No 3 d’Antonio Garcia et la BMW Z4 No 25 de Dirk Werner. Le restart a donné l’occasion à Dirk Werner de se rapprocher à grands pas de l’Espagnol, cependant cela n’a pas été suffisant pour le dépasser.

Antonio Garcia est parvenu à garder un peu plus de cinq dixièmes d’avance (vous avez bien lu) au passage de la ligne. Nul doute que cela représente un des plus infimes écarts sur la ligne d’arrivée aux 24h de Daytona. Le podium est complété par la Corvette No 4 de Simon Pagenaud, Gavin et Milner. Le Français réalise une belle course, propre, et se place pour sa première sur le podium, ce qui a de quoi le ravir. Il en est de même pour Corvette qui faisait face à une concurrence féroce, en la présence des BMW Z4, montées d’un nouveau châssis, et très performantes durant la semaine ROAR.

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Enfin, du côté des GTD, la Dodge Viper SRT No 93 du Riley Motorsports a illuminé la course de toute sa classe. En effet, cet équipage composé de Dominik Farnbacher, Kuno Wittmer, Ben Keating, Cameron Lawrence et Al Carter a aisément su gérer la concurrence. Au-dessus dans tous les domaines, c’est en toute logique que cette écurie est parvenue à s’imposer.

Il faut espérer que l’écart entre la Dodge Viper SRT et ses concurrentes soit comblé d’ici la prochaine course, auquel cas, il sera difficile de la faire vaciller tant elle a semblé au-dessus du lot durant ces 24h. C’est la Porsche 911 GT Amercia du team Alex Job Racing No 22 de Shane Van Gisbergen, Leh Keen, Andrew Davis et Cooper MacNeil qui monte sur la deuxième marche du podium. Sur la troisième, nous retrouvons encore une Porsche, la No 58, cette fois-ci celle du Dempsey/Wright Motorsports, pilotée par Madison Snow, Philipp Eng, Jan Heylen et l’inévitable Patrick Dempsey.

Ce premier rendez-vous de la saison, et non des moindres, a donné à voir un spectacle retentissant. En effet, si ce n’est la catégorie GTD, toutes les autres ont connu leur dénouement au cours de la dernière heure de course. Il nous tarde donc de filer vers la seconde manche de ce championnat 2015, qui aura lieu dans 51 jours très exactement, à Sebring.

[Mise à jour 30.01.15 : le Wayne Taylor Racing, qui avait pris la troisième place en prototype après s’être arrêté en urgence sous drapeau jaune pour ne pas excéder les 4h de course en 6h pour un même pilote, a été déclassé par l’IMSA. Après avoir de nouveau visionné la course, les hauts dignitaires de l’IMSA ont conclu que la règle avait finalement été enfreinte. De fait, l’écurie se voit reléguée à la seizième place de la catégorie, soit la dernière. Les gains de sa troisième place doivent être rendus. Le Wayne Taylor Racing a décidé de ne pas faire appel.]

Retrouvez les résultats complets ici.

Source et crédit photographique : IMSA

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