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F1 2014 : changement de génération ?

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Mark Webber et Felipe Massa sont les premières victimes du mercato 2013-2014. De quoi agiter le marché des transferts, plutôt calme ces dernières saisons. Va-t-on vers un retour du jeunisme ? Les roitelets d’aujourd’hui pourraient bien être les chômeurs de demain…Sebastian Vettel, le nouveau rouleau-compresseur

Vettel part de Monza avec 222 points. Il pourrait manquer Singapour et Yeongam et rester en tête du championnat en arrivant à Suzuka ! En prime, il a remporté 6 victoires ; soit la moitié des épreuves à lui tout seul. Autant dire que l’Allemand file vers le titre. Un quatrième sacre consécutif.

Depuis 2010, le pilote Red Bull est irrésistible. Chez McLaren, Ferrari et Lotus, on commence à trouver le temps long. Chaque année, on se promet qu’on a compris les erreurs de la saison précédente. Que cette fois, ça y est, on va battre le blondinet. Sauf qu’il reste inaccessible. Or, personne ne veut être « 2e »; tout le monde est là pour gagner le titre. Pilotes et patrons s’accusent mutuellement. En 2012, Lewis Hamilton a montré les limites de sa patience. Fernando Alonso et Jenson Button jouent à « retenez-moi ou je fais un malheur. » Mais il est clair que leurs étoiles ont pâli. Car s’ils étaient si bons, ils auraient déjà battu Vettel, non?

Dans la période 1995-2005, il y a eu un rouleau-compresseur Schumacher. Plusieurs générations de pilotes se sont essoufflés à vouloir le poursuivre. De Jean Alesi à Juan-Pablo Montoya, le kaiser a brisé bien des carrières. Ils étaient rapide, mais il leur a manqué un petit « plus ». Donc, sans états d’âmes, les Frank Williams, Ron Dennis et autres Flavio Briatore les ont virés, remplacés par d’autres jeunes loups aux dents longues.
Et donc, aujourd’hui, c’est au tour de Vettel de disperser façon puzzle. Après 4 ans, on ne peut plus excuser. Surtout avec un salaire annuel de plusieurs millions. Les têtes vont tomber. Par une douce ironie de l’histoire, la première victime, c’est Schumacher, poussé à la retraite fin 2012 et qu’on a presque déjà oublié.

Le temps des « vieux »

4 ans, c’est presque trop long. Schumacher avait fait le ménage dés son second titre. Mais les autres ont eu un sursis.

En effet, avant, le kilométrage en essais privés était illimité. Vous preniez un jeune pilote, vous l’enfermiez dans le simulateur, puis vous le poussiez à faire des milliers de kilomètres et il était « chaud » des son premier Grand Prix. Ce fut le cas notamment pour Button, Massa ou Räikkonen.

Depuis 2009, avec le « budget cap », les essais sont sérieusement limités et encadrés. Embaucher un débutant, cela signifie que l’apprentissage risque de s’éterniser. En plus, il n’y a plus Minardi pour servir de pouponnière. Les écuries préfèrent alors jouer la sécurité et garder un pilote chevronné -même lent- plutôt que de prendre des risques avec un « jeune ». Cette politique fait le bonheur des Rubens Barrichello, Giancarlo Fisichella, Jarno Trulli, Nick Heidfeld, Timo Glock et autres Heikki Kovaleinen. Leur vitesse est émoussée, mais grâce à leur expérience, ces vétérans peuvent rester en F1. Ils jouent les tuteurs de jeunes pousses ou les forçats chargés d’amener la voiture à l’arrivée. La peur de l’inconnue est telle qu’on préfère aller chercher un retraité, comme Schumacher, Räikkönnen, mais aussi Pedro de la Rosa ou Christian Klien. Même Frank Montagny croit un temps qu’il peut revenir !

Les pilotes de l’ère V6

L’an prochain, la F1 passera aux V6. Tout le monde partira d’une page presque blanche. Les vétérans n’ont plus de raison d’être. On commence par dégager les porteurs d’eaux. Ce n’est pas un hasard si Webber et Massa, tous les deux invisibles depuis plusieurs saisons, sont les premiers éjectés.
Mais que les Alonso, Button et Räikkönen ne fassent pas trop les fiers : trop chers, prompts à jouer les divas, arrivés en fin de carrière, ils seront les prochains sur la liste. Eux, on l’a dit plus haut, ils sont victimes de « l’effet Vettel ». En F1, personne n’est indispensable.

Car des jeunes loups, prêts à bondir dans une F1, il y en a quelques uns! Il suffit par exemple de regarder le young driver test : Antonio Felix da Costa et Carlos Sainz Jr chez Red Bull, Kevin Magnussen et Oliver Turvey chez McLaren, Daniil Kvyat chez Toro Rosso, Daniel Juncadella chez Williams, Kimi Sato chez Sauber, James Colado chez Force India, Alexander Rossi et Will Stevens chez Caterham ou Tio Ellinas chez Marussia. Ils sont jeunes, motivés, pas cher et ils ont envie d’aller chercher Vettel. Nul doute que dans le lot, on en reverra en Grand Prix.

Les Français sur la sellette ?

Actuellement, on a 4 pilotes Français en F1. Du jamais-vu depuis les années 90. Mais ils pourraient être les premières victimes du « ménage du V6 ».

Romain Grosjean semble s’être calmé. Terminés, les courses qui s’achèvent au premier virage, dans la monoplace d’un concurrent. Problème : le Franco-suisse est dominé par son équipier. Cette saison, Räikkönen remporte 6 podiums, dont 1 victoire. Grosjean se contente de 2 podiums et il a marqué quasiment 3 fois moins de points.
L’assurance-vie de « RoGro », c’est le départ de Räikkönen : Lotus n’osera pas remplacer ses deux pilotes. D’autant plus que comme d’habitude, elle n’a aucun remplaçant crédible et elle devra choisir un pilote qui découvre l’équipe.

Jean-Eric Vergne est d’abord victime de la politique interne de Red Bull. Le chouchou, c’est Daniele Ricciardo. « JEV » ne figurait même pas dans la « shopping list » des remplaçants de Webber. Chez Toro Rosso, Felix da Costa, Sainz eet Kvyat sont en embuscades. Le Français risque donc d’être sacrifié au nom du renouvellement permanent. Et comme les autres élèves de Red Bull avant lui, il n’existe guère au-delà du limonadier : pas de sponsors personnels, pas « d’amis de 20 ans ». En plus, depuis la promotion de Ricciardo, il semble être démotivé. Dur, dur.

Comme Vergne, Charles Pic a un soucis « d’escalator ». Caterham a son « Academy ». Rossi et Stevens sont bons pour la F1, comme Giedo van der Garde en son temps. Ni Pic, ni le Néerlandais n’ont vraiment explosé les chronos. Au point où Kovalainen doit régulièrement revenir pour leur donner des cours de pilotage. Pic peut néanmoins compter sur ses sponsors. Mais en cas de non-paiement, il risque un renvoi sans préavis, comme Vitaly Petrov…

Reste Jules Bianchi. A l’instar de Massa, c’est un pur-produit Ferrari, qui a été pilote d’essai et placé chez un tiers pour apprendre le métier. Massa avait supplanté Barrichello. Or, c’est Räikkönen qui remplacera le vice-champion 2008. Comme Vergne, Bianchi n’a même pas été cités dans les « potentiels ». Le message envoyé est que la Scuderia n’a pas confiance en son propre poulain. Ca fait toujours mauvais genre, le jour où l’on cherche à se recaser ailleurs…

De plus, dans la liste de « jeunes loups » citée plus haut, il n’y a aucun Français. Nicolas Prost, testé plusieurs fois par Lotus, est trop vieux et pas assez galonné pour débuter. Tom Dillmann est un brillant animateur du GP2, mais ses poches sont chroniquement trouées. Reste Nathanaël Berthon et Arthur Pic, pas très véloce, mais au compte en banque mieux garni. Ce n’est donc pas demain qu’on trouvera un successeur à Alain Prost, qui fête cette année les 20 ans de son dernier titre…

Crédits photos : Red Bull (photos 1, 2 et 4), Caterham (photo 3) et Renault Sport (photo 5)

A lire également :
F1 Monza 2013 : Vettel effectue un grand pas vers le titre

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38 Commentaires sur "F1 2014 : changement de génération ?"

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Yop
Invité

Vettel est certes bon. Mais il a en plus un chance de cocu. Chaque « couac », c’est pour Webber. Ravitaillement foireux, boite de vitesses qui déconne,… on doit facilement être à du 1à10 entre Vettel et Webber !

Fred
Invité

Je rectifie, Webber n’est pas victime, c’est lui qui est parti chez Porsche.

Fred
Invité

 » Webber et Massa, tous les deux invisibles depuis plusieurs saisons, sont les premiers éjectés. »

Sérieusement tu trouves que Webber fou plus rien ?? Nuance et modère tes propos, surtout quand ceux ci sont faux et ne regardent pas plus que les résultats brtus.

juuhuu
Invité

Il n’a pas dit qu’ils foutaient rien mais qu’ils ne sont pas visibles, ça fait une grosse différence…

Fred
Invité

sinon, c’est vrai que Raikkonen est une diva. tout ton article est un rmassis de crasse et de conneires.

Ryoma
Invité

Vettel n’est qu’un pilote de canette et un champion en carton. Bref 2 matériaux très nobles pour la F1.

HB
Invité

Ben oui Vettel est tellement mauvais et chanceux qu’il est triple champion du monde (bientot quadruple). Il ne faut pas oublier que ses abandon de l’an dernier sont du a des problemes mecanique parfois survenu alors qu’il menait la course. Quelques stats : http://www.statsf1.com/fr/sebastian-vettel/abandon.aspx
Weber a la meme voiture, pourtant il le domine. Et oui la RedBulll est LA F1 du moment mais on ne peut lui retirer sa qualite de pilotage. Je ne suis pas pro-Vettel mais faut arreter de cracher gratuitement sur lui.

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