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Fluence ZE: vers un printemps électrique?

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A l’occasion de la présentation à Rennes par Renault de son réseau de bornes de recharge déployées en Bretagne, nous avons l’occasion d’essayer à nouveau Fluence ZE et Kangoo ZE. Se déroulant dans un cadre moins formel que la présentation internationale de Lisbonne, les essais se déroulaient sur plus de 40km dans des environnements très différents, de la ville à la grande nationale en passant par les petites routes de campagne. De quoi se forger une opinion sur ces véhicules.

La discrète silhouette de Fluence ZE commence à être bien connue en France et dans sa livrée bleu ciel elle est plutôt agréable à l’œil. Les détails spécifiques de la ZE comme le logo, le cerclage des antibrouillards, la barrette de calandre d’un chrome bleuté ou les feux arrières spécifiques améliorent l’aspect extérieur de la berline. Fluence existe également en blanc, beige ou noir mais c’est vraiment dans ce bleu energy qu’elle est la plus chatoyante.


L’ajout de la batterie a nécessité d’agrandir la voiture de 13cm – pour 4m75 de long- ce qui allonge le coffre et le porte-à-faux arrière sans pour autant dénaturer le profil qui reste homogène. Une fois les portières ouvertes, on peut découvrir un intérieur similaire aux versions thermiques présentant tout de même des inserts façon aluminium logotés ZE.

La prise en main de la voiture est plutôt rapide avec un démarrage qui s’il est totalement silencieux reste assez intuitif. Un léger bip sonore ainsi qu’un voyant vert « Go » nous indique que la voiture est démarrée. Cependant il faudra sans doute quelques démarrages pour perdre les (mauvaises) habitudes du thermique. Les habitués des transmissions automatiques trouveront instantanément leurs repères; dès que l’on relâche la pédale du frein la voiture se meut dans un silence enthousiasmant.

Les premiers tours de roues en plein centre-ville rennais ne font que confirmer cette première impression. Pourquoi toutes les voitures autour de nous sont-elles aussi bruyantes? A chaque arrêt on apprécie de plus en plus ce silence de fonctionnement. Dès la sortie de la ville les bruits de roulement commencent à se faire entendre mais les pneus à basse résistance aident à maintenir le niveau de bruit que l’on rencontre habituellement dans les berlines haut de gamme.

Le châssis est sain et malgré la gabarit important et le surpoids de 300kg engendré par l’ajout de la batterie et l’allongement de la voiture les virages s’enchaînent sans aucun problème. En sortie de virage, le couple de 226 Nm disponible dès 0 km/h aide à relancer la voiture qui est très plaisante et confortable, même sur bitume bosselé. La première portion rapide confirme le ressenti perçu lors des essais internationaux, à savoir qu’une fois arrivée à 110 km/h le couple chute (mais rien de dramatique). A ces vitesses, les bruits aérodynamiques prennent le dessus et on se trouve alors comme dans une berline classique bien insonorisée.

L’économètre est très simple à appréhender dans son utilisation et on se prend alors très vite au jeu de faire baisser la consommation électrique calculée sur les 100 derniers kilomètres à l’aide des recharges en phase de décélération dans les descentes ou autre. En parlant de la consommation, l’essai sur 42km (selon le GPS) nous a donné une idée plutôt précise de l’autonomie qui s’établit vers les 180km revendiqués par le cycle NEDC mais qui nécessitera d’avoir le pied droit léger. Bien entendu cette autonomie tombe rapidement si on enfonce la pédale de droite en permanence pour goûter au couple de la voiture (226 Nm ). Les accélérations linéaires sont franches et plutôt bluffantes.

Les plus:
Voiture confortable et bien finie
Image renvoyée par l’électrique
Le prix qui avec les incitations fiscales et les aides locales est sensiblement le même que la version thermique

Les moins:
Coffre de 317 L
Autonomie plutôt juste pour une berline familiale en France (environ 160-180km)
Pas de recharge rapide et quick drop pas encore disponible

Conclusion: Fluence est une bonne berline qui conviendra très bien à la cible client visée: les flottes et les administrations (beaucoup de mairies ont déjà pris contact avec Renault NDLA). Outre le fait d’être une vraie berline , d’avoir une présentation actuelle et un intérieur bien fini, elle a pour elle son silence de fonctionnement qui est surtout bluffant en ville et encore plus lorsque l’on est à l’extérieur de la voiture et qu’on la voit évoluer à pas de loup. Un buzzer émettant un signal discret est d’ailleurs disponible pour prévenir les piétons distraits de l’approche de la voiture. Le couple disponible dès les premiers tours de roue est également très appréciable.

Il reviendra à chacun de regarder par rapport à ses habitudes de conduite et les types de trajets effectués d’envisager ou non de sauter le pas de l’électrique. Beaucoup seront sans doute bloqués par l’autonomie restreinte même s’ils ne dépassent les 200km que rarement. Renault n’ambitionne pas des volumes de vente énormes pour les particuliers en France pour Fluence qui est surtout destinées à des pays comme Israël, Danemark ou autres qui sont bien moins étendus que l’hexagone. A noter que la batterie a été spécialement conçue et implantée pour pouvoir bénéficier du système quick drop qui permettra d’envisager des voyages au long cours en électrique.

Lire également:
Essai Kangoo ZE: un utilitaire dans la ville

Photo: 1-4 Le Blog Auto. 5, 6 Renault

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19 Commentaires sur "Fluence ZE: vers un printemps électrique?"

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Verslefutur
Invité

Voiture réussie mais qui a un gros handicap pour la France: Un coffre (et non un hayon) largement occupé par la batterie.

MiguelAnge
Invité

Ne faudrait-il pas plutôt parler de régime moteur pour la disponibilité du couple par analogie au thermique?! En clair le couple electrique n’est fonction du régime du moteur et disponible de suite.
Sinon, la Bretagne qui est réputée pour être le premier département au bord du blackout aux moindres gelés, voilà un choix judicieux. Donc dès qu’il va faire froid et le pic de c

VV
Invité

Pour compléter l’aspect technique et corriger quelques infos au sujet des couple / puissance / régime moteur : sur ce type de véhicule, le moteur est en prise direct (via un réducteur) avec le différenciel (pont), et donc les roues. Le moteur électrique ne tourne donc pas au même régime jusqu’à 50km/h mais proportionnellement à la vitesse de la voiture. Le couple moteur est lui constant de 5 à 35km/h (226Nm) par régulation et ensuite, on régule à iso-puissance (70kW) jusqu’à 110km/h. Voilà voilà…

MiguelAnge
Invité

(suite)…. avec le pic de consommation électrique, en plus des actions civiques habituelles demandées pour réduire la consommation, ils vont aussi demander aux ‘Zeonaute’ de marcher?!!! Mais bon, deux ou trous réacteurs de plus dans le coin et le problème sera réglé 😀

Raph
Invité

Pour moi, les voitures electrique sont des secondes « voir des troisièmes » voiture idéale.

A condition que l’un des deux dans le menage travail a proximité de chez lui « ce qui est mon cas » et d’avoir donc un hybride ou thermique pour les « longs » voyage.

MiguelAnge
Invité

Et les simulations d’EDF disent quoi pour la Bretagne depuis plusieurs hivers? Tout va bien?
Donc en gros, en plus de trouver une borne avec un peu de chance, faudra attendre le créneau intelligent pour recharger. Vive le progrés! Troisième voiture?! Non voiture de bobo…

Belki
Invité

où sinon on peut continuer à cramer des energies fossiles éternellement…
Ca c’est le progrès vu par MiguelAnge!!!

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