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Essai Renault Z.E : Fluence Z.E, la zen attitude (2/3)

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Malgré sa peinture bleue ciel, cette Fluence est toute verte et fin prête à prouver que se déplacer quotidiennement en électrique n’est plus si compliqué. Rien à voir ici avec sa cousine, la Nissan Leaf et son côté OVNI, ici nous donnons dans l’électrique sobre dans la lignée de sa version thermique actuellement disponible.

Produite à Bursa en Turquie sur les mêmes chaînes de production que la Fluence classique, c’est la première berline tri-corps 100 % électrique vendue au même prix que la version thermique, déjà essayée dans nos lignes. Elle étonne à première vue par son rallongement de porte à faux arrière. 13cm ont été rajoutés sur la version Z.E pour permettre de loger l’énorme batterie Lithium Ion de 398 volts pour 280 kg. Positionnée juste au dessus du train arrière elle prend de la place sans en prendre grâce notamment à cette excroissance. Le coffre de 317 dm3 a accepté d’avaler deux valises moyennes et quelques accessoires bien que son volume soit néanmoins bien inférieur à la version thermique qui propose 530 dm3. Deux sacoches sont à demeure dans le coffre, contenant les câbles de recharge. L’un se branche sur la fameuse Wall-Box, cette borne de recharge express qui peut être installée chez vous dans votre garage ou dans un parking en vous permettant de recharger la batterie entre 10 et 30 minutes suivant son état et l’autre câble optionnel permet de brancher sa Fluence  Z.E sur la prise standard 220 Volts présente à tous les domiciles mais qui oblige à 6 à 8heures de recharge.

Une troisième option de recharge existe également et s’appelle Quick-drop. Son principe est plutôt simple mais osé : vous vous rendez dans des stations spécifiques, un lavage automatique sous-caisse s’active, la trappe située en dessous de votre batterie s’ouvre et s’effectue alors un échange entre votre batterie vide et une pleine. Cette manœuvre dure 5 minutes et permet de disposer très rapidement d’une batterie rechargée à 100%. Ces stations proviennent d’un partenariat entre l’entreprise Better Place et Renault, présentes à Israël, en Australie et au Danemark, les autres pays étant pour l’instant en cours de négociations. Le système Quick-Drop permet au projet de Renault de se démarquer de ses concurrents. Le principe en est le suivant: vous possédez la voiture mais pas la batterie. Celle-ci est en location entre un premier prix de 82 € mensuels pour 10 000 km par an et un engagement sur 36 mois jusqu’à 148 € mensuels pour l’option de location la plus chère. Ce principe de location permet au client de se décharger entièrement de la batterie et de son usure.

La question qui revient le plus souvent au sujet des voitures électriques est l’autonomie. Celle de la Fluence en conditions normales d’utilisation est de 137 km. Ce chiffre se situe entre une autonomie maximale en cycle mixte de 181 km, dans des conditions théoriques (route déserte, vitesse constante, pas de chauffage/climatisation etc.) et une minimale de 80 km pour une conduite particulièrement nerveuse. La Fluence bénéficie, pour optimiser son autonomie, de pneus à basse résistance au roulement développés par Goodyear et d’un mode Eco qui réduit la dépense d’énergie liée à la climatisation et aux accélérations trop fortes. L’argument de Renault vis-à-vis de ces chiffres est le désormais classique « 87% des trajets urbains n’excèdent pas 60 km par jour… Au quotidien, avez-vous réellement besoin de 800 km d’autonomie ? » Cela suppose cependant de disposer d’un garage, d’un parking avec au minimum une prise 220 volts accessible et d’être proche d’un milieu urbain. C’est pourquoi Renault prévoit une répartition de la clientèle de l’ordre de 70% pour les flottes d’entreprises et 30% de particuliers. Dans ce cas, l’entreprise devra installer les Wall-Box sur ses emplacements mais ça peut devenir rentable en peu de temps sachant que l’électricité coûte moins de 2 € au 100 km. Je vous laisse faire la comparaison avec votre propre véhicule…

Ce qui la Fluence Z.E. de la Fluence thermique ? Outre ses 13 cm, c’est ses logo bleutés, sa grille de calandre, ses masques de projecteurs avant, cerclages de feux antibrouillards, ses blocs optiques arrières toujours du même ton bleuté et typés « propre ».  Les optiques arrières ont été redessinés pour l’occasion et les coques de rétroviseurs sont peintes en noir brillant. Les trappes de recharge sont toutes les deux situées sur les ailes avant et la couleur spécifique de cet exemplaire, Bleu Énergie (qui a dit bleu EDF ?), fait partie des sept teintes disponibles.

A l’intérieur, ce qui différencie l’électrique de sa sœur fumante, ce sont ses places arrières non rabattables à cause de la batterie et le GPS Carminat TomTom Z.E LIVE de série qui reçoit des modifications spécifiques comme une localisation des points de recharge les plus proches. Lisbonne étant une ville en avance de ce côté-là, nous avons trouvé de nombreuses bornes à disposition. le GPS permet aussi d’effectuer une « bulle » géographique, c’est-à-dire la visualisation de la zone qui peut être parcourue avec ce qu’il reste d’autonomie. A noter également la présence en série du système de pré-chauffage/pré-climatisation programmables de l’habitacle qui sont là pour éviter la tentation de mettre le chauffage ou la clim à fond des l’entrée dans l’habitacle et de gaspiller trop d’énergie d’un seul coup.

La prise en main est surprenante pour quelqu’un qui n’a jamais vraiment conduit d’électrique ou d’hybride. Le démarrage rend perplexe car rien ne se passe, sauf une petite musique, un petit son identique à la réception d’un sms, juste histoire de dire « c’est bon vous pouvez accélérer ». Pour le reste, la Fluence Z.E. se conduit comme une voiture automatique normale avec deux pédales à disposition, frein et accélérateur. Une fois le mode « D » enclenché, l’accélération est très linéaire et un léger sifflement se laisse entendre. Les 95 chevaux et le couple de 226 Nm donnent une bonne poussée jusqu’à 110 km/h mais passé cette vitesse la voiture semble accélérer moins rapidement. Elle monte  cependant aisément jusqu’à sa vitesse maximale annoncée à 135 km/h. La Z.E. fait également montre d’une certaine vivacité sur le 0 à 50 km/h effectué en 4,1 secondes contre 5,9 secondes pour la version essence.  Le plus étonnant est la phase de décélération; lorsqu’on ne touche plus à rien la voiture ralentit notablement ce lui permet de recharger la batterie. Cette information est visible sur l’économètre en bas à droite du compteur qui indique les kWh produits et dépensés.

Lors de cette phase les feux stop s’activent automatiquement et ce phénomène est encore plus visible sur la Kangoo Z.E que nous verrons bientôt. Le jour de l’essai, les rues de Lisbonne étaient assez encombrées et nous ont permis de longuement tester la voiture dans les bouchons… Pas désagréable dans ces conditions, elle permet, à la manière d’un diesel, d’avancer tout en relâchant l’accélérateur.

Comme nous l’évoquions dans le sujet de presentation générale, à la livraison du véhicule Renault vous fournit une Z.E BOX qui inclut tout ce qu’il faut connaître sur votre véhicule et sa nouvelle technologie, en plus d’un accès au portail en ligne My Z.E Connect qui renseigne sur l’état de son auto et en particulier sur l’état courant de sa charge.

Les différences avec la cousine Leaf ne s’arrêtent pas aux traits esthétiques. Les tarifs de la Fluence Z.E sont extrêmement compétitifs avec une entrée à 20 900 € pour la version Expression et 21 900 € pour la Dynamique (bonus de 5 000 € déduit) tandis que la Nissan tourne autour des 30 000 € batteries incluses. A cela il faut bien sûr rajouter les 82 € mensuels minimum de location de la batterie, c’est le prix du changement et pour une fois il est raisonnable.

La batterie n’échappe pas aux inconvénients communs à toutes les voitures électriques, autonomie, encombrement, mais on s’habitue à tout et il est fort probable que les clients de Fluence Z.E se feront vite de la recharger naturellement après une ou deux journées d’utilisation si ce n’est plus s’ils roulent moins. Il s’agit d’un réflexe à prendre et c’est à mettre en regard des atouts que les véhicules électriques proposent comme la réduction des bruits de 50% à l’intérieur qui donne un sentiment de sérénité et nous a obligés à parler plus calmement lors des trajets.

Renault nous présente ici un véhicule abouti qui a vécu plus de 500 000 km de tests en conditions extrêmes et aux cibles bien définies avec une réelle envie de changer nos comportements. Il y a eu en outre en amont du travail accompli avec une vraie envie de satisfaire sa clientèle et d’être le plus compétent possible dans le domaine de l’électrique, en particulier par un effort de formation des vendeurs et techniciens du réseau. Avec sa gamme électrique variée, la marque française espère être le leader de la voiture électrique et la Fluence représente le prémisse d’une nouvelle ère, celle de la voiture électrique grand public.

A lire également :

La Renault Fluence Z.E en prises à Cannes

Essai Renault Z.E : Ze french revolution (1/3)

Essai Z.E : Kangoo Z.E, l’électrique utile (3/3)

A voir également : galerie Renault Fluence Z.E

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21 Commentaires sur "Essai Renault Z.E : Fluence Z.E, la zen attitude (2/3)"

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Flooo!
Invité

Très bonne initiative. Renault concrétise des solutions innovantes, ça devenait rare. On attend plus que la troisième partie de votre essai.

seb92
Invité
Sarkosy nous a fait des beau discourts hier soir sur la dette française et dans le même temps l’état français offre 5000 euros à Renault pour chaque ventes d’une voiture produite en turquie. Pour rappel, ces 5000 euros ne tombe pas du ciel, ils proviennent de nos différents impôts, ils ne sont pas offert au clients contrairement aux apparences mais bien au vendeur. Pour ceux qui ne sont pas convaincu du scandale fait sur le dos des travailleurs, si vous êtes chef d’une PME sachez que pour chacun des produits que vous produisez et vendez en france, l’état ne vous… Lire la suite >>
beniot9888
Invité
Sauf que les 5000 euros, ils sont versés à n’importe quel véhicule respectant les critères d’admission. Donc une Renault Fluence, ou une Nissan Leaf. Ou une Peugeot machin (combien déjà ?). Ou une Citroën Ion. Ou une Mitsubishi I-miev (ou quelque chose comme à). Pas seulement à Renault. Pour en revenir au sujet, cette Fluence est une première offre intéressante, mais je ne pense pas qu’elle soit la plus pertinente. Avec son grand gabarit (de routière familiale) et son autonomie qui la cantonne aux déplacements courts et/ou urbains, ça ne collle pas. La future Zoé me parait plus prometteuse. Un… Lire la suite >>
Pat
Invité

Beniot,

Je ne suis pas d’accord du tout car l’offre Renault est radicalement différente de celle de ses concurrents : lorsque les autoroutes seront dotées de ces stations, les propriétaires seront les seuls a pouvoir aller n’importe ou en France avec un VE !

François
Membre
Désolé mais je ne suis pas aussi enthousiaste que l’auteur de l’article sur la pertinence économique de cette Fluence Z.E, je m’explique : – Penons l’abonnement à 82 euros par mois pour la batterie. Par an, ça coûtera 984 euros + une bonne cinquantaine de pleins (si je prends l’hypothèse de 181 km d’autonomie) à 2 euros. Nous arrivons à presque 1100 euros. – Malgré sa taille, cette VE ne peut guère se comparer qu’à une citadine du fait que l’abonnement ne comprend « que » 10000 km et à cause de l’autonomie qui rend un Paris / Marseille bien compliqué. Une… Lire la suite >>
Flooo!
Invité

Rouler électrique implique une prise de conscience écologique de la part du conducteur. Les gens qui s’y mettront ne le feront pas dans un souci d’économie d’argent dans l’immédiat mais par conviction. L’offre se présente aujourd’hui sous un tout autre angle : pour la première fois, roulez en électrique pour le même prix qu’en diésel.

pousky
Invité

pas de kit distrib, filtre à gazole, bougies, huile, filtre à huile à changer sur électrique, ne pas oublier …

SLS
Invité

François> Les coûts sont relativement proches…On peut faire le même développement pour la Prius qui coûte plus cher qu’un modèle équivalent essence. Et encore, la différence est moins important sur une Z.E

Et, personnellement, je préfère ne pas posséder la batterie car on sait tous qu’elles perdent de leurs performances au fil du temps…

GoGreg
Invité

@Seb92 : La réduction de 5000 euros concerne toutes les marques automobiles proposant des véhicules non polluant (électrique, pile à combustible, hydrogène, etc…) et pas seulement Renault. Partez en week-end, vous en avez grand besoin !

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