Accueil Champ Car « Doc » Joseph Mattioli (1925-2012): Pocono est orphelin

« Doc » Joseph Mattioli (1925-2012): Pocono est orphelin

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Aux Etats-Unis, deux grands groupes possèdent la plupart des speedway: Speedway Motorsport (qui possède notamment Charlotte et Las Vegas) et International Speedway Corporation (propriété de la famille France.) Dans ce contexte, Pocono faisait figure de PME, avec à sa tête trois générations de Mattioli. Le patriarche, « doc » Joseph Mattioli II, vient de s’éteindre.

Le parcours de Mattioli est étonnant car ce n’est pas un ancien pilote ou un ancien mécanicien. A priori, rien ne le destinait à construire un circuit.

La carrière de Joseph Mattioli II débute durant la seconde guerre mondiale, où il est secouriste dans le Pacifique. Une fois démobilisé, il a droit (en tant que vétéran) à un cursus accéléré en dentisterie. Il ouvre un cabinet et n’hésite pas à faire des heures supplémentaires.
Cette activité est très lucrative et à 34 ans, il décide de prendre sa retraite pour spéculer sur l’immobilier.
A la même époque, l’anneau de Daytona sort de terre, ouvrant la mode des Speedway. Mattioli se dit: « Pourquoi pas moi? » Il achète un terrain et y fait bâtir un circuit. Pocono (du nom des collines environnantes) reprendrait un virage de l’anneau de Trenton, un virage de celui d’Indianapolis et un troisième de Milwaukee. D’où cette forme étonnante.

La première course disputée à Pocono est une course d’Indycar (alors géré par l’USAC.) Une course de Nascar suit quelques mois plus tard (notez que les deux épreuves portent le nom de « Pocono 500 ».)

D’emblée, Mattioli cherche à rentabiliser le terrain via des évènements extra-sportifs. Ainsi, en 1972, il sert de théâtre pour un méga-concert:

A la fin des années 70, l’épreuve d’Indycar de Pocono atteint son apogée. Avec Indianapolis et Michigan, elle fait partie de la « triple crown ».

Mario Andretti est le premier à gagner les trois épreuves. Mais en 1978, Al Unser (senior) devient le premier à les remporter durant la même saison.

Le circuit possède des parcours « routiers ». De quoi lui permettre d’accueillir l’IMSA, dans les années 80:

Mattioli est un proche des familles France (Nascar) et Hulman-George (Indianapolis.) Or, dés la fin des années 80, le CART est en guerre ouverte avec Indianapolis.
Les courses sur speedway sont marginalisées, au profit des circuits « routiers » (Detroit, Long Beach…) Pocono perd l’Indycar en 1990.

Le coup est financièrement rude pour Mattioli. Il contacte Bill France en vue de lui vendre son circuit. A sa grande surprise, l’americano-irlandais lui répond de s’accrocher:

Pocono n’est pas un circuit apprécié des pilotes. Ils lui reprochent son insécurité.

En 1992, Davey Allison sort violemment et sa carrière s’arrêtera là.

L’autre reproche, c’est que la course est trop longue. Elle est réduite à 400 miles.

En 2000, son fils, Joe Mattioli III, achète le petit ovale de South Boston, en Virginie. Il l’offre ensuite à son père.

En 2010, le Nascar Truck débarque à Pocono:

Ecologiste à ses heures, Mattioli rachète un terrain adjacent au circuit, en 2010 et le tapisse de panneaux solaires:

L’occupation du circuit entre deux courses est un souci permanent. Divers évènement sont organisés à Pocono, dont un meeting d’anciennes:

La mort de Mattioli n’est pas la fin de Pocono. Ses enfants et petit-enfants vont hériter de Mattco (la société gérante, dans laquelle ils ont déjà des responsabilités.)

Souhaitons donc longue vie à Pocono (et à South Boston.)

Crédits photos: Pocono, sauf photos 5 et 9 (Ford) et photo 10 (SoBo.)

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1 Commentaire sur "« Doc » Joseph Mattioli (1925-2012): Pocono est orphelin"

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Napsol
Invité

Sans oublier que la ligne droite arriere est la plus longue de tous les circuits.

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