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Le conducteur du jour: not-yet-timer

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Il y a les « oldtimers » et les « youngtimers ». Il faudrait également créer une catégorie pour les mal-aimées. Celles que pour l’instant, personne ne veut sauver. 20 ou 30 après, certains puristes n’ont toujours pas pardonner à certains modèles d’exister. Les Porsche 924/944/968 en font parti.

Boudée en Europe, la 914 a connu un certain succès outre-atlantique. Assez pour que VW et Porsche réfléchissent à une remplaçante. Le constructeur de Wolfsburg abandonne le projet et celui de Zuffenhausen poursuit seul. En 1975, les spectateurs voient ainsi débarquer la 924: moteur 4 cylindres Audi, refroidi par eau, qui plus est à l’avant (la 928 ne sortira qu’en 1977), production chez Audi dans l’ex-usine NSU… Chaque caractéristique fait hurler les puristes.
Trop de réflexion tue la réflexion: en voulant créer une voiture moins chère (NDLA: tout est relatif, c’est Porsche, pas Dacia) et plus facile à piloter, le constructeur s’est trop éloigné de son cœur de métier (autrement dit, les 356 et 911.)

Il rectifie le tir en 1981 avec la 944. Le moteur Audi cède la place à un gros 4 cylindres Porsche (avec une image flatteuse -mais fausse- de demi-V8 de 928.) Avec ses ailes élargies, elle possède une ligne plus virile. Tout ceci fait qu’elle est un peu mieux acceptée par le public.

En 1989, la 944 évolue en « S2 » en reprenant le look de la 944 turbo. Son 4 cylindres réalésé à 3l  développe 211ch. Pour la première fois, un cabriolet apparait. Oubliez le terme « Porsche du pauvre »: à 382 900 francs, la 944 S2 cabriolet n’est pas donnée! D’autant plus, qu’en bonne Porsche, l’addition s’envole facilement à coup d’options…

Plus pointue que la 924 (donc nécessitant davantage de budget d’entretien) et toujours plombée par une image de « fausse Porsche », la 944 est  délaissée. Une demi-douzaine de milliers de 944 S2 cabriolet furent produites de 1989 à 1991 et elles deviennent donc très rares de nos jours.
Côté ligne, je suis mitigé. Capotée, la 944 cabriolet perd de son dynamisme. Les longues portés carrés à l’avant font un peu « too much » et je n’ai jamais été fan de ses gros feux arrières. Pour autant, difficile de croire qu’elle dérive d’un modèle né il y a 30 ans (voir 36 ans, si l’on prend en compte la 924.)
De plus, l’état de cet exemplaire est remarquable. Il n’y a même pas une petite bosse ou une peinture un peu craquelée!

Porsche avait planifié une deuxième évolution de la 944. Il décide finalement de lui donner une nouveau nom. La 968 de 1991 n’a jamais convaincu.
Au siège du constructeur, on se pose des questions existentielles. Les travaux de conception, de design, voir de production pour d’autres constructeurs (Audi, Lada, Mercedes, Seat…) représentent 50% du chiffre d’affaires. La qualité est en chute libre et en sorti d’usine, il y a souvent des défauts à corriger. Seule la 911 se vend correctement, mais elle ne peut assurer seule l’avenir du constructeur. Doit-il se transformer en bureau d’ingénierie qui produit quelques voitures (comme Lotus) ou doit-il essayer malgré tout d’imposer un deuxième modèle? Porsche choisi la deuxième solution, avec la Boxster, en 1996. Le petit roadster plait et il sauve la marque. Depuis, le constructeur fait comme si les 924/944/968 n’avaient jamais existé…

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17 Commentaires sur "Le conducteur du jour: not-yet-timer"

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zak
Invité
Ces séries 924-928 et 944/968 sont largement sous-estimées. Prenez la 944 avec son quatre cylindres de série, le plus gros de l’époque réunissait le meilleur d’Audi et de Porsche.. Au niveau des courses, la Porsche 916 était bien mieux équilibrée que la 911 mais Porsche n’a pas longtemps poursuivi le développement de cette voiture qui avait, avec son moteur central, un potentiel encore supérieur à celui de la 911 dans les années 70. Mail-aimées oui, mais surtout parce qu’elles sont mal connues… Les Porsche 924 et 928 sont toujours aussi sexy malgré les années : elles mieux vieilli que leur… Lire la suite >>
MGAZ
Invité

La 924, on appelait cette auto la Porsche Fuego, dans les années 80 !!!!!

DinoSP
Invité

@zak

Tout a fait d’accord avec ton analyse. D’ailleurs ceux qui ont critiqué ces vehicules en ont il seulement conduis ? Ces modeles ont quand meme un comportement tres equilibré et permettaient de toucher un plus large public effrayé par le tout a l’arriere.
Les puristes qui n’adheraient pas se tournaient vers une 911, qui a toujours été en perpetuel evolution chez Porsche… Donc je ne vois pas qui cela derangeait vraiment a part quelques beaux parleurs…

BX19TRD
Invité

Les mêmes » puristes » qui roulent aujourd’hui en Cayenne Mazout..

Antoine
Invité

La vérité c’est que la 944 et après la 968 était de très bonne voiture et qu’une 911 3.2 était incapable de suivre une 944 turbo sur circuit . Mais les puristes considèrent que tous ce qui n’a pas un flat 6 au cul n’est pas digne de Porsche , alors que si la marque existe encore c’est grace aux boxster & autres Cayenne

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