Accueil Austin Essai Mini « Hertz Fun Collection »: un peu d’histoire (1/3)

Essai Mini « Hertz Fun Collection »: un peu d’histoire (1/3)

192
1
PARTAGER

Profitons de cet essai « location » d’une MINI Cooper D pour revenir sur l’historique de la MINI. C’est à dire la genèse de la MINI et non pas celle de la Mini.

La Mini originelle eu une fin de carrière interminable.

Retour au début des années 80.  A cette époque, la Mini est toujours un best-seller, mais un best-seller encombrant.

Les ventes chutent tranquillement. Ce qui avait porté la Mini (le swigning London, les victoires au Monte-Carlo, l’Or se barre, John Lennon en Mini…) est loin. En 1965, la production totale de la Mini dépassait le millions. En 1969, elle atteignait un deuxième million. En 1972, la barre des trois millions n’est plus qu’un souvenir. En 1976, alors que British Leyland est chahuté, le quatrième millions est franchi. Soit jusqu’ici, une moyenne d’un million de Mini tous les 4 ans… Néanmoins, ce n’est qu’en 1986 que les cinq millions seront atteint et dans les quatorze années restantes, les six millions ne seront jamais dépassés.

De plus, financièrement, le constructeur n’a jamais beaucoup margé dessus. Le prix de 1959 avait été fixé avec un mélange d’informations erronées sur le tarif de Ford et de « bah, de toute façon, on se rattrapera sur le volumes ».
Or, avec la chute des ventes, les profits se rabougrissent.

Accessoirement, la Mini cannibalise Austin. Jusqu’au milieu des années 80, on croit toujours à l’avenir d’Austin. Or, cette marque a du mal à exister hors de la Mini. D’ailleurs, certaines personnes désignent l’actuelle MINI par le terme « Austin ».

Un remplacement s’impose. Toutes les études réalisées dans les années 60, 70 ont été mises au placard car jugées trop couteuses (comme celle reprise par Innocenti) et puis pourquoi tuer l’un des rares véhicules du groupe qui se vend?
On a bien tenté de pousser la clientèle vers des modèles censés remplacer à terme la Mini (Clubman, Metro…), mais ce fut un flop.
La Mini était à l’avant-garde technologique de 1959. 20 ans plus tard, cet avantage a évidemment fondu, elle est en bout de développement et il faudrait repartir d’une feuille blanche. Austin-Rover ne veut plus développer de plateformes inédites et son partenaire, Honda, n’a rien en stock.

Austin-Rover (devenu Rover Group en 1986) s’en tiendra au statu quo. Le constructeur Anglais joue la fibre du revival 60s, à coup de série spéciales. Le projet de John Cooper d’une Mini équipée du moteur de MG Metro, refusé vers 1985, est accepté quelques années plus tard.
Quant au souci des profits, BMW (qui prend le contrôle en 1994) décide de relever le tarif. La Mini Cooper 1,3l passe ainsi de 61 700frs en 1992 à 68 350frs en 1995.

Dans les années 90, il y avait deux camps face à face.

Pour les uns, la Mini était un gros kart, très ingénieux, qui se gare dans un mouchoir de poche et avec un look à tomber terre. Bref, la meilleure voiture de l’histoire de l’automobile.

Pour les autres, c’était un mauvais gag: un anachronisme exigüe avec un coffre symbolique, pas vraiment sportif, qui facturait au prix fort sa bonne bouille. La presse tire à boulets rouge dessus.
En plus, elle a la sale réputation d’être fréquemment rejetée au contrôle technique.

Au début des années 90, la Mini est cette fois dans une voie sans issu. Son moteur, le Rover « A », ne passera pas les futures normes anti-pollution. Et l’apparition de la mode des crash-test n’augure rien de bon pour les ventes…
Que Rover le veuille ou non, il doit étudier une nouvelle Mini.

La reprise par BMW du Rover Group donne un coup d’accélérateur au projet. Très vite, deux tendances se dégage. Rover souhaite remettre à jour le concept de la Mini, avec une micro-citadine équipée du Rover « K » et qui lorgnerait vers le monocorps.
A contrario, BMW veut une voiture reprenant vaguement les lignes de la Mini, pour les transposer dans une citadine premium.

Le combat est asymétrique; le B.E. de Rover est microscopique vis-à-vis de celui de BMW. Petit à petit, l’équipe Allemande prend la main, tandis que les ingénieurs Anglais sont marginalisés. Le dessin ci-dessous (signé BMW) de 1995 porte déjà les lignes définitives.
Le capot est trop incliné pour le Rover « K »? Pas grave, BMW s’associe avec Chrysler (pas encore fiancé à Mercedes) pour lui donner un moteur.
Lorsque BMW veut revendre Rover, il se rend compte que la future Mini fera la fortune du repreneur. Le constructeur Allemand dissocie la Mini, il déménage la chaine de la Rover 75 de l’usine Cowley à celle de Longbridge, installe la future Mini à Cowley (renommé « Oxford ») et vend le reste.

En octobre 2000, alors que la MINI est présentée au Mondial de l’automobile de Paris, la dernière Mini quitte Longbridge.

Pour autant, le succès de la MINI était loin d’être garanti. A titre personnel, j’étais extrêmement mitigé sur son future. Après tout, la MINI était à cheval entre les segments A et B. Les puristes hurlaient au sacrilège. Elle était uniquement disponible en 3 portes et son tarif était délirant. Bref, mis à part ses lignes, elle n’avait pas beaucoup d’avantages. Donc, je pensais qu’à l’instar des autres néo-classiques (Chrysler PT Cruiser, Ford Thunderbird, VW New Beetle…) elle ne serait qu’une mode éphémère.

Evidemment, 10 ans plus tard, les faits m’ont donné tort.

MINI n’a pas inventé le concept de citadine premium. D’ailleurs, dans l’arbre généalogique des Mini, il y a la Riley Elf/Wolseley Hornet
Néanmoins, ils ont réussi à l’imposer partout dans le monde. Elle se vend même aux Etats-Unis (où jusqu’ici, les « compactes » avaient une image déplorable de voitures pour RMAstes) et en Chine (où normalement seules les 4/5 portes ont droit de cité.) Deux pays où la Mini n’étaient pas vendue (donc pas de « nostalgie ».)
La millionième MINI a été produite en 2007. Deux ans plus tard, le million et demi est franchi. On en revient donc aux volumes de la belle époque.

Avec la « 2G » de 2005 (reliftée cette année) l’évolution esthétique fut légère (bien qu’aucun panneau de carrosserie ne soit commun.) BMW en a surtout profité pour décliner le concept, quitte à s’éloigner de plus en plus de la Mini. D’où la Clubman (2007), puis la Countryman (2010.)

Certains puristes continuent de la qualifier de « German nonsense », mais la majorité l’a acceptée. Et après tout, en matière de massacre de patronyme, on a fait pire

Essai MINI Cooper D (1)Essai MINI Cooper D (2)Essai MINI Cooper D (3)Essai MINI Cooper D (4)Essai MINI Cooper D (5)Essai MINI Cooper D (6)Essai MINI Cooper D (7)Essai MINI Cooper D (8)Essai MINI Cooper D (9)Essai MINI Cooper D (10)

A lire également:
Essai Mini « Hertz Fun Collection »: au volant (2/3)
Essai Mini « Hertz Fun Collection »: la location (3/3)

Poster un Commentaire

1 Commentaire sur "Essai Mini « Hertz Fun Collection »: un peu d’histoire (1/3)"

Notification de
avatar
Trier par:   plus récent | plus ancien | plus de votes
SAMUEL
Membre

conclusion toute personnelle… mais que je partage.
même sentiment que vous: je n’aurai pas parié sur la nouvelle mini, comme je n’avais pas parié sur la new bettle.
il ne faut pas la considérer comme un revival mais plutot comme une vrai auto, nouvelle, avec un dessin à elle.

wpDiscuz