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Ricardo Londoño Bridge: mort obscure d’un pilote obscur

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Juan-Pablo Montoya a déclaré, un jour: « La Colombie, ce n’est pas qu’une valise pleine de cocaïne. » Pourtant, l’assassinat dont a été victime l’éphémère pilote de F1 Colombien Ricardo Londoño Bridge est très probablement lié à la drogue. De quoi ternir un peu plus l’image du pays.

Londoño Bridge est né à Medellin, en 1949. Sa biographie est pleine de trous noirs. Suivant les sources, il aurait débuté en motocross ou en championnat local de tourisme, où il aurait « tout gagné ».

Il entre dans les écrans de radar en 1979, où il dispute plusieurs manche d’Imsa sur Porsche 935. Aux 24 heures de Daytona 1980 (ci-dessous), il termine à une probante 7e place. On le voit ensuite en CanAm, sur Lola.

A 31 ans, il traverse l’Atlantique avec un but: devenir le premier pilote de F1 Colombien. On le dit alors très riche.

A l’époque, le championnat Aurora se courrait avec d’anciennes F1. « Cuchilla » loue une Lotus ex-Mario Andretti ex-Gunnar Nilsson ex-Desiré Wilson ex-Emilio De Villota et ex-Gianfranco Brancatelli (bref, pas vraiment de première jeunesse) à Colin Bennett. Il dispute avec le « Pentax trophy » à Silverstone, où il termine 7e. Benett parle d’un « pilote prometteur ». Effectivement, il a du talent sonnant et trébuchant..

Pour 1981, l’écurie de F1 Ensign est en grave difficulté financière. Mo Nunn (PDG) n’a pas de quoi faire le déplacement à Jacarepagua. Son associé, Colin Bennett lui refile la carte de visite de Londoño Bridge.

Le Colombien part au Brésil aux côtés du « vrai » pilote Ensign, Marc Surer. Sur place, une séance d’essai libre est organisée. Il y prend part. Mais le paddock est assez contrarié: son palmarès est plutôt mince et d’aucun croient que « London-Bridge » est un pseudonyme.

On lui refuse sa superlicence. Londoño-Bridge eu la mauvaise idée de faire un chèque AVANT de conduire et sans scrupule, Nunn met Surer dans son baquet. Le Suisse fera une course folle, terminant 4e. Londoño Bridge restera néanmoins comme le premier pilote Colombien ayant disputé une séance officielle de F1.
En fin de saison, Ensign embauchera un autre Colombien, Roberto Guerrero, qui deviendra le premier « vrai » pilote Colombien de F1.

Ensuite, on le retrouve en F2, sur une vieille Toleman du team Docking-Spintzley.

Puis il retraverse l’Atlantique. On le voit ici et là en IMSA, sans grands résultats. Aux 24 heures de Daytona 1986, il est annoncé sur cette Pontiac Firebird (aux côtés notamment de Diego Montoya, l’oncle de Juan-Pablo.) Il ne pilotera pas en course et ce sera son dernier engagement.

Puis c’est de nouveau le trou noir.

Qu’a-t-il fait ensuite?

En 2000, son nom refait surface. La brigade financière saisit l’essentiel de ses biens, dont des propriétés à Antioque, Còrdoba et San Andrés, ainsi que des voitures de collection. Montant total: 10 millions de dollars. Londoño Bridge les aurait acheté avec l’argent de la drogue.

Apparemment, il aurait échappé à la prison et aurait gardé quelques biens, dont un hôtel à San Bernardo Del Viento. Samedi, des hommes armés de fusils y débarquent. « Cuchilla » et deux de ses associés sont tués. Deux autres personnes furent blessés. Comme souvent en Colombie, les assassins ont disparu dans la nature et la police n’a pas l’ombre d’un indice.

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