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Maurice Gatsonides: de la course à la chasse aux excès de vitesse

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Le cinémomètre est probablement l’invention civile la plus enquiquinante (avec l’ampoule basse consommation et l’emballage de CD.) Qui en est l’auteur? Un policier un peu zélé? L’une des vieilles filles de la Sécurité Routière? Un ingénieur à la retraite qui en avait marre des jeunes en mob’ qui passaient devant chez lui? Faux, c’est le Néerlandais Maurice « Maus » Gatsonides, un « autocoureur » comme on dit chez lui…

Maurice Gatsonides nait en 1911, à Gombong, à Java. L’ile fait partie du sultanat de Sukarta (dont son père est le vice-gouverneur), intégrée aux « Indes Hollandaises » (l’actuelle Indonésie), qui est alors une colonie.

Gatsonides fut un enfant bricoleur et casse-cou. « Monté » en Hollande, il court à moto et en 1935, il devient pilote de ligne chez KLM.

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Peu après, il fait un important héritage. Il remise l’uniforme de la KLM au vestiaire et ouvre une concession Hillman-Riley-Skoda à Heemstede. Mais sa fortune ne résiste pas longtemps à sa passion pour la moto.

En 1938, Ford Hollande l’embauche comme vendeur. Il récupère la première Mercury importée et la transforme en voiture de course. Il la renomme « Kwik » (le mot néerlandais pour « mercure ».) Il débute ainsi comme pilote auto au tout premier Grand Prix de Zandvoort (ci-dessous, à droite.)

Notez que la course a lieu dans la ville. Le circuit sera ne construit que pendant la guerre, lorsque (dans une manuvre digne de Papa Schulz) le maire convaincra l’occupant nazi de l’utilité de son curieux « chemin de ronde pour surveiller l’Atlantique. »

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Au volant de la Kwik, Gatsonides se lancera peu après dans les rallyes, avec le Liège-Rome-Liège. Ci-dessous, il effectue un vrai-faux remplissage d’huile pour une publicité Gulf.

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Durant la guerre, il bricole un moteur fonctionnant au gaz naturel.

Après-guerre, sur la lancé de la Kwik, il produit une série de « spéciales », les « Gatford » (ou « Gatso »), sur base Ford et Matford.

Il présente sa 4000 Coupé au salon d’Amsterdam 1949. Un Américain lui en achète 200 unités, mais il n’a pas d’argent pour les produire et en 1950, il fait une nouvelle fois faillite.

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Faute de Gatso, Gatsonides court sur des véhicules d’autres marques.

En 1953, il s’impose au rallye Monte-Carlo avec une Ford Zephyr privée, au nez et à la barbe des « usines ». On le voit ici nettoyer sa voiture pour le podium.

En 1956, suite à un méchant crash, la voiture sera changée en crêpe. Ford décorera une autre Zephyr aux couleurs de celle du Monte-Carlo et prétend depuis que c’est la vraie.

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Gatsonides a également couru sur circuit. On le voit ici, au Mans, sur Austin-Healey, en 1953.

C’est d’ailleurs sur un circuit qu’il a l’idée du radar, pour connaitre sa vitesse de passage en courbe et savoir où il est « lent » (une télémétrie avant l’heure.) Ironie de l’histoire: c’est en voulant aller plus vite qu’il forcera des millions d’automobilistes à ralentir…

Le délit d’excès de vitesse est presque aussi vieux que l’automobile. Pendant longtemps, les pandores se contentaient de chronométrer le temps parcouru par un véhicule entre deux points fixes, d’en déduire sa vitesse et d’arrêter le contrevenant. Un système très approximatif et très arbitraire.

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Le premier radar de Gatsonides est rudimentaire: deux câbles tendus sur la route et un chronomètre qui mesure automatiquement le temps mis pour parcourir la distance. Il inventera aussi le système utilisé en natation pour chronométrer le temps des nageurs, avec la plaque que l’on tape pour arrêter le chronomètre.

En 1958, il fonde la Gatsomètre, à Harlem. En 1965, il emploie des lampes infra-rouge pour remplacer les câbles. Et en 1972, c’est le fameux « barbecue »:

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D’où les premiers clichés de véhicules en flagrant délit:

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En parallèle, Gatsonides court toujours (ici, au Monte-Carlo 1964 sur Hillman Imp.)

En 1968, après environ 300 courses, il célèbre son jubilé et raccroche le casque.

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Les radars Gatso font un carton à l’export. On point qu’Outre-manche, « Gatso » est devenu un terme familier pour désigner un radar.

Quant à Maurice Gatsonides, il s’est éteint en 1998.

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Ach, sehr amüsant…

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