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Tucker : 60 ans

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En 1948, un gigantesque scandale et un fiasco financier animaient le monde automobile américain : l’affaire Tucker. Aujourd’hui, 47 des véhicules produits sont encore de ce monde, et le week-end dernier, le club officiel de la marque est retourné à Ypsilanti dans le Michigan, lieu de résidence de Preston Thomas Tucker à l’époque…

La Tucker 48, alors dénommée Tucker Torpedo, était censée être une voiture révolutionnaire, avec de nombreuses innovations dans le domaine de la sécurité. Preston Tucker avait levé près de 25 millions de dollars de l’époque auprès de 50.000 actionnaires, une somme colossale, pour construire cette voiture. Dans sa folie des grandeurs, il avait acheté l’ancienne usine d’aviation Dodge à Chicago, qui devenait la plus grande usine d’automobile sous un seul bâtiment au monde…

Accusé de malversations financières, Tucker fit face à un procès fleuve, et sa défense fut d’affirmer que ses concurrents bien installés à Détroit faisaient tout pour faire couler son entreprise. Une explication simpliste qui ne peut non plus masquer les irrégularités dans la gestion de la société, et ce même si Tucker fut au final innocenté… Acquitté avec les autres dirigeants de la société le 22 janvier 1950, Tucker fut contraint d’arrêter, car il se retrouvait alors sans financement et sans site de production.

Les 50 voitures furent produites à la main et présentent toutes des différences. En fait, il semble qu’aucun matériel de production sérieux n’ait jamais été acheté par Tucker, et certains ont affirmé à l’époque que Tucker n’avait en fait jamais envisagé de produire une seule voiture…

Tucker n’en était pas à sa première voiture, il a en effet travaillé avec Harry Miller pour le compte d’Edsel Ford pour la mise au point d’une voiture pour Indianapolis. Pendant la guerre, il essaya sans succès de proposer à l’armée un véhicule de combat blindé, rejeté car trop rapide. La tourelle mobile de l’engin fut en revanche adoptée et exploitée sur de multiples engins dont les bombardiers B17 et B29. Preston Tucker est décédé en 1956, après avoir été approché par des investisseurs brésiliens pour la construction d’une voiture de sport, la Carioca.

L’histoire de Tucker a fait l’objet d’un film de Francis Ford Coppola : « Tucker, l’homme et son rêve »,  avec Jeff Bridges dans le rôle titre. Un film assez réussi, mais qui se cantonne sans doute trop à une vision pro-Tucker et trop complaisante de l’affaire.

La Tucker N°1038 qui était présente à Ypsilanti pour le retour au source du Tucker Club of America sera vendue aux enchères à Monterey au mois d’août par RM Auction.

Official Tucker Club of America

RM Auctions

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9 Commentaires sur "Tucker : 60 ans"

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Joest Jonathan Ouaknine
Membre
Preston Tucker restera un mystère. C’est clair qu’il n’avait ni les moyens techniques, ni les moyens financiers pour être réellement constructeur. Le chiffre de 25 millions de dollars me semble exagéré. Certains parlent plutôt de 4,5 millions de dollars. Le point le plus troublant, c’est que Preston Tucker avait une formidable capacité à embobiner les gens et à utiliser de l’argent qu’il n’a pas (ou qui ne lui appartient pas.) D’où la question de savoir s’il était juste un piètre gestionnaire ou un mauvais escroc (dont l’affaire aurait coulé avant qu’il ne parte avec la caisse.) Reste l’éternelle théorie du… Lire la suite >>
Chucky
Invité

Des caisses comme ça on n’en fait plus. Je me demande ce que représenteront un Audi Su-Cette, un BMW X-Files ou une Volkswagen Tea-Time dans 60 ans. Comment ça je n’aime pas les machines agricoles ?

Astonoumaserati
Invité

La thèse du complot des Big Three a d’ailleurs été reprise dans le film de Coppola qui montrait une version romancée et finalement sympathique de Tucker.

Lo
Invité

Le film était clairement du côté de Tucker qui faisait de lui un doux rêveurs qui voulait aller au bout de son rêve que les mechants big-three ont brisé. Il y’a surement du vrai, mais Tucker avait aussi sa part de responsabilité dans la mauvaise gestion et l’irréalisme de sont projet.

J’avais bien aimé l’histoire des phares directionnels (le phare central dans la version produite l’est)…

N’empêche, encore 47 voiture sur 50 après 60 ans, pas mal!!
Merci pour de ressortir cet fa-/fu-meuse histoire de l’Automobile!

cmetisse
Invité
En vérité, la thèse du complot est vraisemblablement exagérée… Pour une raison toute simple : le prix prévu pour la Tucker Torpedo la plaçait directement en concurrence avec les hauts de gamme ultra-conservateurs des « Big Three », type Chrysler Imperial, Buick Century ou Roadmaster, berlines Lincoln etc… Bref, des engins prisés par une clientèle aux goûts pas moins classiques. On se doute que GM, Ford et Chrysler n’ont sans doute rien fait pour l’aider, mais je pense que Tucker avait la folie des grandeurs, toutes les innovations prévues n’ayant pas atteint le stade de la production. Cela dit, ce n’était pas… Lire la suite >>
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