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Record électrique : 386,7 kilomètres avec un seul plein en Tesla Roadster

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Il y a quelques semaines à peine, la Tesla Roadster passait entre les mains de Jeremy Clarkson et son équipe de Top Gear. Les Anglais se faisaient alors un plaisir de la malmener sur la piste de l’émission et s’amusaient même à simuler le coup de la panne après un traitement radical fait de drift sauvage et de tours canon. Même si le bilan chronométrique était vraiment honorable puisque la Tesla finissait dans le même temps qu’une Porsche 911 GT3, Clarkson critiquait violement l’autonomie de l’auto. Alors, pour rassurer tout le monde sur les capacités réelles de son produit, Tesla profitait ce week-end du Rallye Monte Carlo Energies Alternatives pour se lancer dans un défi plutôt ambitieux et pas vraiment gagné d’avance…

Yes, we can

Organisé par l’Automobile Club de Monaco, le Monte Carlo Energies Alternatives est un rallye de régularité où les autos doivent respecter une vitesse moyenne pré-établie. Parmi les plus de 80 voitures inscrites à l’étape de samedi ralliant Valence à Monaco, une flopée de citadines GPL, E85, et autres hybrides venues affronter les quelques 390 kilomètres d’un parcours composé en majorité de petites routes serrées alternant virages en épingles et  côtes vertigineuses, le tout agrémenté d’un paysage bien souvent magnifique.

Pourtant annoncée au départ, l’impressionnante Gumpert Apollo Hybride était finalement forfait tout comme la Porsche 911 électrisée par les sorciers allemands de Ruf. Les Mitsubishi I-Miev étaient elles bien au rendez-vous mais elles se contentaient simplement d’attendre le reste du convoi dans Monaco, jamais trop loin d’une prise 220V.

Du coup, il n’y avait bien qu’une seule véritable auto électrique pour prendre part à la totalité de l’épreuve du samedi : la Tesla Roadster bleue pilotée par Rudi Tuisk et aidé par Olivier, copilote expérimenté et ami de Daniel Ellena, l’homme qui guide régulièrement notre multiple champion du monde français vers la victoire en WRC.

La Tesla bleue partait de Valence le samedi matin peu avant 07h00, trappe à carburant scellée par les organisateurs pour éviter tout branchement inopiné au fil de la journée. A ce moment précis, le compteur de l’auto indiquait 397 kilomètres d’autonomie, soit à peine plus que la distance prévue ( environ 390 kilomètres ). Bref, le pari de rallier Monaco était jouable, mais loin d’être gagné d’avance au vu non seulement de l’autonomie officielle du véhicule ( à peu près 365 kilomètres ) mais aussi de la structure du parcours.

Bien évidemment, pour espérer rallier Monaco autrement que sur la remorque d’un camion, il n’était pas question de jouer les Stigs sauvages. C’était même tout l’inverse : le pilote devra respecter une vitesse moyenne située entre 45 et 50 kilomètres heures sur l’ensemble de l’étape, soit des chiffres ridicules au regard des performances dont l’auto est capable. Éviter les accélérations trop franches, gérer le mieux possible les phases de trafic, garder une vitesse stabilisée… Tout était programmé pour garantir la plus faible consommation d’électricité et Tesla poussait le vice jusqu’à l’obstruction des prises d’air disposées sur les ailes arrière via un film plastique à la finition délicatement cheap.

90 kilomètres / heure sur l’autoroute, 60 kilomètres / heure sur route nationale et 30 kilomètres / heure entre les cols de la montagne. La Tesla se faisait doubler par des colonnes de Daihatsu Trevis et autres Citroen C3 E85 à chaque portion de route, mais elle repassait devant à chaque fois que ces dernières devaient marquer une pause pour ravitailler en carburant.

Pas question pour la Tesla de s’arrêter elle aussi. Pas pour ravitailler, même pas pour déjeuner entre midi et deux. Tesla était tellement intransigeant sur la moindre perte de temps que la pause pipi de son équipage ressemblait aux pit-stops des meilleurs équipes de formule 1 : clignotant droit – arrêt –  dézippage braguette – rezippage braguette – clignotant gauche – départ. Ross Brawn lui-même n’aurait pas été plus efficace. Du grand art.

Au check-point de la mi-journée, le compteur de la Tesla indiquait une autonomie restante de 220 kilomètres alors qu’il en restait 185 pour la fin de l’étape. Autant dire que le staff Tesla était beaucoup moins anxieux qu’au petit matin et que les choses tournaient plutôt bien. Malgré une pluie battante, la Tesla parviendra même à optimiser un peu plus son autonomie dans les lacets de l’arrière pays niçois.

Du coup lorsque la Tesla bleue ralliait enfin le port de Monaco, c’était bien par ses propres moyens et avec une charge de batterie restante de 61 kilomètres en réserve, en plus des 387,6 kilomètres déjà abattus : logiquement, la Tesla était donc capable de rouler près de 450 kilomètres avec un seul plein en carburant.

Certes, il faut relativiser la performance compte tenu du type de conduite lors de l’ensemble de la journée, mais il s’agit là d’un record absolu pour une voiture électrique produite en série. Joli coup pour Tesla qui vient à peine de présenter sa berline S et qui rappelait à tous que ses autos électriques marchent déjà depuis longtemps, pendant que la totalité des grands constructeurs en sont toujours à cogiter sur leur futur.

Le soir, Tesla oubliait enfin toute considération écologique en plaçant Heinz-Harald Frentzen au volant de son roadster pour une épreuve nocturne disputée sur les mythiques routes du Turini. En mode « pilote au volant », l’auto serait toujours capable de durer plus de 200 kilomètres avant décharge totale des batteries. Je propose de vérifier ça lors du prochain Gumball.

Galerie : Record de distance pour la Tesla Roadster

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