par Thibaut Emme

Et le radar le plus performant/rentable de 2021 est...

L'ONISR vient de publier le bilan 2020 des infractions routières et leurs conséquences sur les permis à point. Parmi ces informations, il y a le "palmarès des radars".

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  • 13,3 millions d'infractions constatées

  • 11 440 727 points retirés en 2020
  • Et le radar qui flashe le plus est...
  • incongruités

En 2020, 2 780 personnes ont été tuées sur les routes de France (Outre-Mer compris) selon le bilan définitif de l'ONISR (Observatoire national interministériel de la sécurité routière). C'est le plus bas historique dans une année marquée par les confinements. Ca on le savait déjà plus ou moins avec le bilan provisoire sorti l'an dernier. Mais, le document publié il y a quelques jours compile cette fois toutes les infractions relevées.

Au total, un peu plus de 24 millions d'infraction au code de la route ont été relevées. Dans le lot, on trouve 5,8 millions d’infractions au stationnement gênant ou dangereux. L'année 2020 a beau avoir été une année à confinements, 18 190 650 infractions ont été relevées par les services de police, de gendarmerie nationale et par le dispositif de contrôle automatisé. A périmètre constant, on a 17 818 861 d'infractions à comparer

aux 18 190 878 de 2019, soit -2,4 %. Une faible baisse vu la forte baisse du trafic routier sur 2020.

13,3 millions d'infractions constatées

13,3 millions d’infractions à la vitesse ont été constatées en 2020. Cela représente une hausse de 3,0%. En fait, on retrouve les niveaux de 2018. 2019 était une année particulière, souvenez-vous, avec des radars automatiques dégradés par les mouvements gilets jaunes. Ces 13,3 millions sont à intégrer dans les 16 536 033 de contraventions hors stationnement.

101 307 alcoolémies délictuelles ont été relevées (supérieure ou égale à 0,8 g/l de sang). C'est une baisse de 12,2% sur 2020, avec tout de même encore 17,3% des délits routiers. Ces délits relevés sont au nombre de 584 714 en 2020. Comme toujours, de façon un peu paradoxale à priori, les alcoolémies contraventionnelles (entre 0,5 et 0,8 g/l de sang) relevées s'établissent à 42 027. En gros, pour schématiser, soit on est en-dessous de la contravention, soit dans le délit. Les alcoolémie contraventionnelles sont en forte diminution sur 2020, sans doute grâce (ou à cause ?) des différentes fermetures de débits de boisson ou de lieux festifs. A surveiller sur 2021 et au-delà, donc.

Concernant les stupéfiants, hélas, le nombre de délits constatés augmentent de 5,1% à 82 127 constats. Cela représente 14% des délits. Alcool et stupéfiants représentent à eux deux 1/3 des délits routiers constatés. D'ailleurs si les délits alcooliers sont en baisse constante depuis 2010 (passant de 170 000 à 100 000 environ), ils sont compensés par les délits de drogue avec un total alcool+drogue qui est stable vers les 200 000.

Un contrôle automatisé qui fonctionne

Selon le bilan de l'ONISR, le CA (contrôle automatisé) a relevé 12,9 millions d'infractions. Ces infractions routières sont :

  • 12,5 millions infractions à la vitesse
  • 353 716 infraction de "franchissement de feu rouge" (feu tricolore ou passage à niveau)

"Au 1er janvier 2021, le dispositif du CA compte 3 319 radars fixes ou déplaçables (dont 628 aux feux tricolores, 76 aux passages à niveau, 40 tourelles et 249 autonomes dits « chantiers ») ainsi que 905 radars mobiles (embarqués ou voiture-radar)".

94% des infractions à la vitesse sont relevées par le contrôle automatisé. Le reste l'est par les forces de l'ordre, en direct, lors de "contrôles humains".

Un système au point !

Toutes les infractions ne donnent pas lieu à des points retirés sur les permis. Toutefois, 11 440 727 points ont été retirés en 2020. Cela représente 1 258 711 points de moins qu’en 2019 (-9,9 %). Cette baisse est principalement le fait de la baisse des points retirés suite à des infractions relevées par le CA (-9,8%). Le CA, c'est 7 203 868 points retirés.

Les principaux retraits de points sont :

  • 7 617 181 points pour les excès de vitesse (- 7,1 %), dont 6,1 millions pour moins de 20 km/h,
  • 961 356 points pour le non-respect d’un feu rouge (- 19,6 %),
  • 801 919 points pour l’usage d’un téléphone tenu en main (- 16,6 %),
  • 519 456 points pour alcoolémie (- 25,6 %),
  • 666 559 points pour le non-respect des règles de circulation (hors téléphone) (+ 2,1 %),
  • 200 833 points pour non-port de la ceinture (- 24,2 %),
  • 165 072 points pour conduite après usage de stupéfiants (- 1,0 %).

46 390 permis ont été invalidés pour solde de points nul. Par rapport à 2019, c'est en baisse de 25% ! Pour ceux qui pensent que l'on perd son permis en ne faisant que de petits excès de vitesse. Oui, c'est possible... Cependant, l'ONISR précise qu'ils ne sont que 84 (!) à avoir vu leur permis de conduire invalidé pour solde nul en n’ayant

commis que des infractions à un point.

A l'inverse, 4 005 128 titulaires du permis de conduire ont vu leur capital de points rétabli au nombre initial de 12 points après 2 ou 3 ans sans infraction. Ce chiffre est en hausse de + 10,9 % par rapport à 2019. S'y ajoutent 4 659 038 de titulaires du permis de conduire qui ont récupéré un point sur leur permis après 6 mois sans infraction. Là, en revanche, c'est en baisse de 18,4% par rapport à 2019.

Détail d'importante, 47% des auteurs présumés d’accident mortel n'avaient pas leur 12 points. Dans l'ensemble des titulaires du permis, ce n'est que 21%. L'ONISR indique donc que "les auteurs présumés d’accident mortel ont des comportements plus infractionnistes que la moyenne des conducteurs français".

Moins d'un flash sur deux est exploitable

Hors dispositif automatique, les grands excès de vitesse (supérieurs à 50 km/h) sont passés en 10 ans de 15 000 environ à un peu moins de 26 000 en 2020. Les excès de moins de 20 km/h, en agglomération ou hors agglomération connaissent à contrario une baisse drastique, passant de 260 000 en 2010 à 93 000 en 2020. Le gros des excès relevés se situe entre 20 et 40 km/h. Comme quoi les forces de l'ordre ne verbalisent pas systématiquement les petits excès de vitesse.

Pour le contrôle automatisé, en revanche, 11,9 millions de contraventions sur les 12,5 millions relevées par le CA concernent des excès de vitesse inférieurs à 20 km/h. Un "impôt volontaire" selon certains vu que les radars sont tous annoncés par de grands panneaux. A noter enfin que toutes les infractions ne donnent pas lieu à verbalisation (raisons techniques souvent). 24,3 millions d'infractions automatiques ont été relevées pour donc 12,9 millions de contraventions envoyées (dont 1,9 à l'étranger).

Et le radar qui flashe le plus est...

Le radar automatique le plus flashant reste pour la 3e année consécutive, le radar de Cagnes-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes, sur l'A8 avec près de 170 000 flashs en un an. La vitesse y est de 90 km/h (depuis 2019) et le flux de circulation assez important avec 73 000 véhicules par jour en moyenne.

Il a flashé 30 000 fois de plus que le radar de l'A1 au Bourget, en Seine-Saint-Denis. 130 698 flash (pas forcément exploitables rappelons-le) pour une densité de circulation plus importante qu'à Cagnes-sur-mer avec près de 90 000 véhicules par jour en moyenne. Sur le podium 2020, on trouve celui de Floirac, en Gironde, sur la rocade RN230 avec 126 255 flashs.

L'Ile-de-France fait très fort avec 6 des "meilleurs" radars de France en 2020. A l'opposé du classement, les radars les plus anciens, installés à l'époque sur des endroits accidentogènes et désormais bien intégrés par les habitants, flashent moins de 100 fois dans l'année.

Petites réflexions et incongruités

Dans les données de l'ONISR sur les accidents mortels, il y a des statistiques à relever. Par exemple si 47% des auteurs présumés d’accident mortel (APAM) n'ont plus leur 12 points, cela signifie que 53 les ont bien. Pire, 57% n'avaient pas d'antécédent judiciaire au moment de l'accident.

On le sait depuis des années, les APAM n'ont pas de profil socio-professionnel particulier. Il n'y a que les chômeurs (qui se déplacent souvent bien moins que les autres) qui ne sont que 8% d'APAM, mais le reste est entre 16 et 21% que l'on soit retraité, cadre, ouvrier ou autre. L'APAM est à 79% du département dans lequel l'accident se produit.

En revanche, on sait que les jours de weekends sont mortels avec 46% des accidents qui se déroulent du vendredi au dimanche et qu'à 84% il s'agit d'un homme. A 36% d'ailleurs, c'est une personne de 18 à 31 ans.

Si les hommes sont largement majoritaires dans les APAM, ils le sont aussi dans les infractions ayant entraîné la perte de points. Mais, on peut remarquer sur les femmes perdent des points (en proportion femmes/hommes) pour des règles de priorité, la vitesse ou le comportement du conducteur, quand les hommes les perdent surtout pour l'alcoolémie, les stupéfiants, les délits de fuite, ou la conduite sans permis. Mais, les hommes restent très majoritaires quelle que soit la catégorie des infractions.

Près de 80% de permis à 12 points

Enfin, n'oublions pas que 78,8 % des conducteurs ont aujourd’hui leurs 12 points ! 83,1 % disposent de 11 ou 12 points et 86,6 % d’entre eux ont 10 points ou plus. Avoir 12 points ne signifie pas que l'on ne fait jamais d'entorse au code de la route, mais que l'on ne s'est pas fait prendre depuis longtemps (ou jamais).

Les cartes départementales sont aussi intéressantes à regarder. Sur les infractions automatisées donnant lieu à retrait de point, on a une sorte de diagonale qui va de la Bretagne aux Alpes-Maritimes et une deuxième de la Vendée au Haut-Rhin pour les départements en hausse.

Enfin, l'infraction principale relevée est la vitesse un peu partout en Métropole, sauf en Ile-de-France, le Haut-Rhin, les Pyrénées Orientales, l'Hérault, le Gard, et les Alpes-Maritimes où l'infraction principale relevée est le non respect du feu rouge.

Le bilan complet et ses 130 pages, c'est ici.

Pour résumer

L'ONISR vient de publier le bilan 2020 des infractions routières et leurs conséquences sur les permis à point. Parmi ces informations, il y a le "palmarès des radars".

Thibaut Emme
Rédacteur
Thibaut Emme

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