Alors que la Ford Escort originale incarnait la simplicité d’une voiture populaire économique, Boreham Motorworks vient de transformer cette légende en supercar à six chiffres. La marque britannique a présenté au London Concours sa version définitive de l’Escort Mk1 RS, un projet qui pousse l’audace jusqu’à proposer un moteur capable de tourner à 10 000 tours par minute.
Cette nouvelle interprétation marque le retour de la première Escort RS homologuée pour la route depuis plus d’un demi-siècle. Contrairement aux nombreux projets de restauration qui fleurissent sur le marché, Boreham Motorworks a obtenu une licence officielle de Ford pour ce développement, une autorisation rare pour ce type de projet. L’entreprise refuse d’ailleurs les étiquettes habituelles de « restomod » ou de « continuation », préférant le terme « continumod » pour décrire sa création entièrement nouvelle.

Un châssis sur mesure inspiré des légendes de course
La base technique de cette Escort moderne repose sur un châssis entièrement développé par Boreham Motorworks, équipé d’un numéro de série Ford certifié. L’empattement a été allongé de 30 millimètres par rapport à l’original, une modification qui s’inspire directement des Ford Escort d’Alan Mann Racing de 1968, ces machines qui ont écrit les premières pages de gloire de l’Escort en compétition touring-car.

Cette extension de l’empattement ne répond pas seulement à une volonté esthétique. Elle permet de conserver l’architecture à jambes MacPherson de l’Escort tout en intégrant des ressorts et amortisseurs personnalisés développés en partenariat avec R53. L’arrière bénéficie d’un système d’essieu flottant entièrement repensé, abandonnant la fonte d’origine pour un ensemble en aluminium coulé et tubes de titane.
Cette évolution technique permet de diviser par deux la masse non suspendue par rapport aux Escort de course d’époque. Le système adopte une géométrie à six bras, dont quatre bras de rayon pour maintenir le centrage lors des mouvements de suspension. La direction assistée intègre même une fonction progressive qui réduit l’assistance à mesure que la vitesse augmente, dans l’esprit de ce que Boreham appelle la philosophie « Peak Analogue ».

Deux motorisations dont une exceptionnelle « Ten-K »
Boreham Motorworks propose deux motorisations pour son Escort Mk1 RS. La version de base embarque un moteur 1.8 litre à double arbre à cames développant 185 chevaux, une puissance déjà respectable pour une voiture pesant moins de 900 kilos. Mais l’attraction principale réside dans le moteur optionnel baptisé « Ten-K ».

Ce quatre cylindres atmosphérique de 2.1 litres développe 330 chevaux (325 ch selon les normes américaines) et justifie son nom par sa capacité à monter jusqu’à 10 000 tours par minute. Pour atteindre ces performances, Boreham s’est inspiré des technologies de Formule 1, notamment pour la géométrie des conduits et des soupapes. Le moteur intègre des corps de papillon individuels et combine pièces usinées dans la masse et éléments imprimés en 3D pour ramener le poids total à seulement 85 kilogrammes.
La transmission s’effectue par une boîte manuelle à cinq rapports avec première décrochée (dogleg), envoyant la puissance aux roues arrière via un différentiel au rapport final de 5.125. Aucune assistance électronique, pas de turbocompresseur, pas d’hybridation : cette Escort mise tout sur l’émotion pure du moteur atmosphérique haute performance.

Une carrosserie moderne respectueuse de l’héritage
Visuellement, la nouvelle Escort Mk1 RS conserve les passages de roue bombés caractéristiques et l’aileron « ducktail » de l’originale. Cependant, elle adopte un capot et un coffre en carbone pour optimiser la répartition des masses. La structure reste en acier, garantissant la rigidité nécessaire pour exploiter les performances du moteur Ten-K.

L’habitacle minimaliste reçoit des panneaux de porte en carbone habillés de cuir souple, avec une instrumentation spécialement développée dont le compte-tours dépasse la graduation 10. L’équipement peut inclure en option une paire de chronographes de rallye Breitling montés sur la planche de bord, un détail qui souligne le positionnement premium de cette création.
L’objectif de poids visé par Boreham se situe sous la barre des 900 kilogrammes (moins de 2000 livres), un chiffre qui placerait cette Escort dans la catégorie des supercars légères. Cette recherche de légèreté explique l’utilisation massive de matériaux composites pour tous les éléments non structurels, sans pour autant sacrifier le confort ni la finition.

Une production ultra-limitée à prix de supercar
Boreham Motorworks limitera la production de son Escort Mk1 RS à 150 exemplaires mondiaux, disponibles en configurations conduite à droite ou à gauche selon les marchés. Cette exclusivité se reflète dans le tarif de départ fixé à 295 000 livres sterling hors taxes (environ 400 000 dollars), le moteur Ten-K constituant une option payante supplémentaire.

Malgré ce positionnement tarifaire de supercar, Boreham propose une garantie de deux ans ou 32 000 kilomètres, une couverture inhabituelle dans ce segment de marché. Cette garantie témoigne de la confiance du constructeur dans la fiabilité de ses développements techniques, notamment pour le moteur haute performance Ten-K.
La commercialisation s’effectue directement auprès de Boreham Motorworks, avec un processus de commande personnalisé permettant aux clients de configurer leur véhicule selon leurs préférences. Les premières livraisons sont attendues dans le courant de l’année, marquant ainsi le retour officiel de l’Escort RS sur les routes après plus de cinquante ans d’absence.
Ce projet illustre la tendance actuelle des constructeurs spécialisés à revisiter les icônes du passé avec les technologies contemporaines. En transformant une voiture du peuple en exotic car, Boreham Motorworks parie sur la nostalgie et l’émotion pour séduire une clientèle en quête d’exclusivité et d’authenticité mécanique dans un monde automobile de plus en plus électrifié.


Un commentaire
Une de mes premières… dinky toys… mais elle se faisait toujours battre à la course par la Batcar
Parmi les plus désirables voitures de rallye des années 60.