Avez-vous oublié l’existence de la Peugeot 408 ? On vous la rappelle à votre bon souvenir ! Le constructeur au Lion vient de la restyler pour donner, on l’espère à Mulhouse, un nouvel élan à sa carrière commerciale. Nous l’avons choisie dans sa version 100% électrique et conduite dans les lacets de l’arrière-pays provençal.
Un restylage bienvenu

La Peugeot 408, au penchant sportif et plus élégant que la 308, mène une vie discrète dans l’ombre de la compacte. Peut-être un peu trop discrète d’ailleurs en France, avec moins de 13 000 unités écoulées. Toutefois, à l’échelle de l’Europe, un peu plus de 100 000 exemplaires roulent aujourd’hui sur le continent. Pour essayer de maintenir ces chiffres honorables dans un contexte de concurrence qui ne cesse de s’étoffer dans le monde des routières, ce petit toilettage apparaît bienvenu. La voiture n’est pas complètement transformée pour autant, même si son visage n’a plus vraiment grand-chose à voir avec le précédent.
Logiquement, le lien de parenté se rapproche de celui de la 308, elle-même restylée il y a déjà plusieurs mois. Exit la signature lumineuse de jour avec les crocs. On passe à trois griffes dans la partie supérieure du bouclier. Peu le remarquent au premier coup d’œil, mais les feux principaux sont dissimulés dans des blocs très assombris, dans ce que l’on prend à première vue pour des entrées d’air, juste en dessous. L’illusion est parfaite ! Le profil demeure identique. À l’arrière, on note aussi une évolution avec, désormais, en lieu et place du logo, l’inscription PEUGEOT illuminée en toutes lettres. Rien de plus !
Un habitacle inchangé, et c’est tant mieux!

À l’intérieur, les changements sont encore plus minimes. En fait, on retrouve strictement le même habitacle, et cette position de conduite pas toujours adaptée. L’écran avec projection 3D compose l’i-Cockpit, tandis que le volant repose un peu sur les genoux. Néanmoins, on a déjà constaté que si c’est vrai pour votre serviteur, cela n’apparaît pas vraiment dérangeant pour d’autres. En ce qui me concerne, il faut faire un choix. Bien voir les informations affichées ou avoir le cerceau à un niveau plus agréable. On fait avec ! On apprécie néanmoins la console centrale et son écran de bonne taille, sans être gigantesque.
On aime beaucoup l’ergonomie des menus, et notamment les i-Toggles personnalisables, qui devraient vraiment devenir la norme dans l’industrie tant ils sont pratiques. Cette installation permet de faire l’économie de boutons physiques, tout en offrant des accès directs bienvenus, aussi bien aux fonctions essentielles qu’à vos préférées. La climatisation et d’autres commandes, comme les dégivrages, conservent des commandes manuelles, tout comme la bonne vieille molette pour le son, qui a tendance à disparaître alors qu’elle est si pratique. On se sent finalement assez bien dans cette e-408 à toutes les places, sauf celle du milieu, avec toutes les technologies que l’on attend pour une bonne vie à bord.
La joie du confort de l’électrique

Le très bon confort de la voiture, on le doit aussi à la propulsion électrique, qui nous épargne tout ce que l’on n’aime pas dans une thermique. Pas d’à-coups, une fluidité exemplaire, et pas de bruits parasites, le tout bien servi par une insonorisation de bon niveau. Ces atouts, on les retrouve bien sûr dans beaucoup de BEV, mais il faut bien admettre que, dans une routière, cela rend l’expérience du voyage encore plus agréable. Avec seulement 213 chevaux, les performances demeurent correctes, sans excès comme chez certaines concurrentes inutilement gavées de puissance.
On ne conduit pas un veau pour autant, mais avec moins de 1 900 kilos sur la balance et une motricité qui ne dévore pas les pneus à grande vitesse, on tient là un bon compromis. L’autre bonne surprise provient de l’autonomie offerte par la batterie de seulement 58 kWh. La consommation sur route s’avère être l’une des meilleures de sa catégorie, avec environ 15 kWh aux 100 km dans notre usage réel, soit une valeur très proche des 14,7 kWh annoncés en homologation. Dans ces conditions, on peut donc envisager de dépasser aisément les 400 km. Évidemment, sur autoroute, la consommation se rapproche plutôt des 20 kWh, ce qui limite alors son rayon d’action sur ce type d’axes.
Une électrique agile sur route

Encore une fois, cette e-408 nous gratifie d’un poids plutôt contenu pour une routière électrique. Cela a un effet direct sur l’agilité de la voiture, qui fait preuve d’un comportement routier agréable, sans ce sentiment trop prononcé ailleurs d’une auto à l’embonpoint marqué. Lorsque l’on hausse le rythme, on retrouve une voiture rigoureuse dans ses placements, avec des mouvements de caisse très bien maîtrisés, évitant le mal de cœur sans effet « bateau qui tangue ». Au final, on tient probablement l’une des meilleures voitures électriques de ce gabarit en matière de plaisir de conduite.
Pour ne rien gâcher, le confort s’avère également d’un très bon niveau, avec ce compromis d’amortissement qui fait, selon nous, référence en la matière, encore une fois pour une routière électrique de ce segment. On regrettera cependant une pédale de frein dont on aimerait un meilleur ressenti. Rien de bien méchant, on finit par s’y habituer à l’usage. Là où le bât blesse, c’est au moment de s’arrêter. Certes, on dispose du V2L, pratique pour alimenter des appareils externes. Mais lors d’une recharge sur borne rapide, il faut se contenter de 120 kW, ce qui implique environ 30 minutes pour passer de 10 à 80%, soit à peine 200 km récupérés sur autoroute.
Pas de 800V

La Peugeot e-408 2026 a le mérite de proposer un style atypique, sans céder à une carrosserie dictée uniquement par les ingénieurs en aérodynamique visant une autonomie maximale. Toutefois, il lui manque un atout devenu presque indispensable pour une routière, une architecture 800 V afin de réduire les temps d’arrêt. Elle reste néanmoins une alternative intéressante face aux SUV. Il faut débourser au minimum 42 700 € pour se l’offrir, voire 47 600 € dans sa finition la plus haute. En face, on trouve des modèles comme le BMW iX2 ou le Cupra Tavascan, nettement plus chers dès que l’on monte en gamme.



















16 commentaires
Ils la vendent encore ?
Bon courage face aux byd et xpeng.
C’est facile si vous comparez avec des Chinois…
N’oubliez pas les hybrides.
Oh le gros Arkana pour vieux prostatique qui sera pas gêné de s’arrêter tous les 250km sur autoroute… et encore, on ne parle pas d’avaler tous les bouts roulants bien au delà des vitesses légales.
le cannonball n’est pas autorisé aux dernières nouvelles…
1 règle: respecter les limitations de vitesses
1 conseil: faire une pause toutes les 2h environ.
ceci n’enlève rien au fait que cette 408-E est trop chère et d’un autre temps avec des performances de TM3 d’avant 2020.
Depuis 20 ans que l’on fait mieux appliquer la règle 1 (avant cela, sous 160km/h sur autoroute les bleus ne se mettaient pas en chasse), quel moyen 100% légal (pour la majorité servile ou contrainte par le solde de points) reste t’il pour ne pas voir exploser ses temps de longs trajets? Ne pas appliquer la règle 2!
Comme l’état français, vous ne craignez pas la contradiction mais en attendant l »effet de vase communicants vitesse->endormissement sur les grands axes est indéniable.
Sans compter que cela rentre en opposition avec la manière dont l’humain gère le risque: L’homéostasie du risque cela s’appelle… et au final on a eu pendant 9 ans (entre 2003 et 2012) un effet mécanique facile qui a fait baisser les mortalités sur les routes en faisant juste respecter les limites. Puis depuis 14 ans, cela stagne malgré les baisses de vitesses limite qui se sont ajoutées (généralisées avec les 80km/h fr l’âne Philippe qui se rêve présidentiable… mais qui se rappelle dans nos mémoires à chaque panneau 80 ; s’ajoutent un nombre ahurissant de grands axes aux tronçons baissés de 20km/h, de plus en plus de villes à 30 et le périf à 50). Tout cela malgré l’explosion du nb de radars (qu’on évite toujours, quand on y est habitué depuis toujours, avec les bons outils en en roulant avec un minimum d’intelligence et la connaissance des contraintes de mise en oeuvre).
Mais si vous défendez ce plein succès qui mets peu à peu le pays à l’arrêt (y compris économiquement) libre à vous. Moi c’est juste pas mon rythme.
Maintenant, les faits sont tétus et documentés par les chiffres mêmes de la sécurité-rentière. Mais faire l’autruche, quand on aime se faire mettre, c’est la bonne attitude!
On trouve des perles sur le net quand même… Augmenter la vitesse pour diminuer l’accidentalité, comment personne n’y a pensé juqu’ici ?
@Fan_Twoo : en fait il a des cas où c’est effectif 🙂
Sur Rennes, la maire Nathalie Apéré (une Hidalgo locale) a décidé de passer la rocade de 90 à 70 km/h.
Elle a fait une expérimentation d’une année. En fait non…moins que cela car il est apparu un phénomène « amusant ».
En mettant tout le monde à 70 km/h, les voitures et les camions se sont trouvés trop proches en vitesse, et les « lents » avec les rapides.
Résultat immédiat : bouchon plus importants (hausse de la pollution locale) et des accidents.
En revanche, cela suppose certains cas particuliers, et que les gens ne font pas n’importe quoi n’importe où ni n’importe quand.
Déjà que le 80 ou 90 n’est pas respecté…et est une cause de plus d’un tiers des accidents auto hors agglo et autoroute…
l’exemple cité par Thibaut est en effet étonnant. je pensais benoitement que la modélisation des flux automobiles était très proche de celui des écoulements des fluides. il me semble que c’est le principe de la régulation de la vitesse que l’on peut voir un peu partout sur les autoroutes allemands, les entrées des grandes villes françaises, etc. Normalement ca fonctionne.
Pour les fluides, c’est très simple, on réduit la vitesse et la perte de charge diminue en fonction du carré de la vitesse.
Sauf qu’une goutte d’eau n’a pas envie de passer devant la précédente, qu’elle n’a pas à aller chercher les gosses chez la nourrice, et qu’elle se fout si celle qui a réduit la vitesse s’appelle Anne ou Nathalie.
l’humain semble très différent; la petite proportion qui n’a pas envie de réduire sa vitesse fout la merde dans la belle théorie des écoulements de fluide.
42k€ pour ça???
Musk et les chinois peuvent dormir tranquille, aucun risque que la 408 leur prenne des part de marché
Comme je disais précédemment, cette Peugeot VE est peut-être le plus mauvais exemple de Stellantis sur le critère Autonomie-Prix.
Mieux en Autonomie en VE… Le e-3008 est là… Moins cher, le e-2008 est là.
Sinon les hybrides, micro-hybride & PHEV sont beaucoup plus recommandable !
C’est évident que ce n’est pas avec ce modèle que Peugeot ira chercher des clients chez Tesla.
Mais tout le monde n’a pas besoin d’avoir plus de 300 km d’autonomie sur autoroute.
Cela peut faire un très bon taxi !?
Il manquerait presque… Un bon diesel moderne ! Filosa, tu entends ?
Si l’on oublie l’Autonomie et le prix qui ne sont pas compétitifs (C’est déjà beaucoup pour les ventes. ) … Cela reste une sacrée bonne et belle voiture !
je la trouve plutôt réussi esthétiquement, elle a une ligne qui change de la production actuelle! Mais c’est bien sa seule qualité à mes yeux:
prix, autonomie, interface utilisateur, vitesse de recharge sont vraiment hors du marché des VEs.
Ben, c’est une base de plateforme multi-énergie, donc déjà un compromis, mais en plus, l’étude de cette base date des années 2010 !
Déjà, le nouveau e-3008, c’est une grosse amélioration, avec des recharges jusqu’à 160 kW et une autonomie de l’ordre de 700 km en WLTP… Sans que cela soit au top, c’est néanmoins une très grosse amélioration.
Mais comme voiture de fonction, cela peut le faire… mais pas pour partir en vacances.
Elle a juste le mérite d’exister pour proposer un modèle VE… mais ce n’est pas un modèle de figure de proue, c’est sûr !
Peugeot cartonne avec ses VE… mais ce sont les e-208 et e-3008… soit du pas cher ou du cher et nettement plus performant.
Je pense que le modèle qui sortira avant 2030 sera le jour et la nuit.
Elle n’est pas compétitive techniquement parlant, Peugeot doit préparer la relève avec des prestations nettement plus actuelles.
Exactement la voiture de fonction qu’une entreprise refourgue à ses cadres, qui font la gueule, vu les perfs affichées et qui vont supplier d’avoir une Tesla en échange.
On en fait même pas Nice-Marseille sans devoir recharger – imaginez un peu la galère pour une routière !
Bref, elle fera de la figuration et Peugeot l’a bien compris. D’un côté la motorisation VE est indigente, et de l’autre côté on a droit aux Puretech maquillés : cette voiture n’a pas de motorisation à la hauteur de son design, et de son prix en passant.
C’est le résultat d’une bonne thermique en mode VE avec une batterie très faible et une architecture 400 V qui empêchent de ravitailler rapidement … C’est la double peine, aggraver par le prix absolument pas compétitif.
Pour les trajets petits et moyens, ce n’est pas un problème … Mais ce n’est pas une citadine polyvalente.
Seules les versions 1.6 de plus de 200 ch en hybride sont dignes d’intérêt !
Il manque un bon diesel aussi.
Amazon c’est un peu ce qui se passe en Norvège : beaucoup de gens ont sont à leur deuxième ou troisieme VE, tesla a une énorme part de marché parce que les gens sont dégoutés des autres VE