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    Accueil » Pénurie de carburant, quel est le vrai risque ?
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    Pénurie de carburant, quel est le vrai risque ?

    Thibaut EmmeThibaut Emme10 janvier 202015 commentaires
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    Plusieurs organisations syndicales, dont la CGT, ont appelé au blocage des raffineries pour provoquer une pénurie de carburant et ainsi peser dans les discussions sur la réforme des retraites. Quel est le vrai risque de pénurie pour les Français ?

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    Appels au blocage et à la grève dans les raffineries

    Après une première tentative de blocage des dépôts par des entreprises du BTP en Bretagne, tentative avortée par les déblocages rapides, la CGT et d’autres centrales syndicales appellent à la grève dans les 7 raffineries françaises de Métropole. Cela touche directement la production de carburant en France et donc, la distribution.

    Ces syndicats évoquent tout de go une pénurie de carburant et ont même appelé les Français à faire des réserves. Certaines stations ont été prises d’assaut et quelques unes ont été « mises à sec », au moins pour 24 heures. Mais de tels blocages peuvent-ils mener à une pénurie si rapide ? Pas si sûr.

    L’enjeu des dépôts de carburant

    Comment fonctionne la distribution de carburant en France ? Le pays s’approvisionne en pétrole pour alimenter sept des raffineries encore en activité en Métropole (La Mède a été transformée en bio-raffinerie et la 9e raffinerie est en Martinique NDLA). De ces 7 raffineries, le carburant produit part, via des pipelines, ou des camions, pour des dépôts répartis un peu partout en France.

    Mais, du carburant est également directement importé de l’étranger, faute de raffinage suffisant sur notre territoire (il est moins cher d’importer du carburant déjà raffiné que de le raffiner chez nous NDLA). Il arrive via les ports de Saint Nazaire, d’Antifer (à Le Havre) et de Fos-Lavéra (à Marseille).

    Ainsi, ce sont 200 dépôts environ qui stockent le carburant. De ces 200 dépôts, les carburants partent ensuite en camion vers les – environ – 11 000 stations-service, ou vers des dépôts plus petits. Mais, cette logistique des petits dépôts est de moins en moins vraie. Il y a plusieurs années, il y avait environ 300 dépôts principaux, dont certains avaient une portée plus locale. Depuis, on a tendance à concentrer les réserves dans des dépôts plus grands. Le maillage se distend.

    Donc, ces dépôts deviennent de plus en plus stratégique dans la distribution du carburant. Ces 200 dépôts (+ ceux des raffineries) représentent normalement 3 mois de réserve de carburant. Pourquoi ? Car l’article D1336-47 du code de la défense oblige chaque pétrolier opérant sur notre sol à constituer et à conserver en stocks stratégiques 29,5 % des quantités de carburants qu’il met à la consommation chaque année. En clair, nous avons donc 90 jours de réserves dites stratégiques.

    Mais, ces réserves sont prévues en cas de crise grave comme une guerre, ou un choc pétrolier. Elles peuvent toutefois servir localement pour débloquer une pénurie dans la distribution de carburant.

    La pénurie de carburant provoquée et la fausse impression des cartes en ligne

    Alors pourquoi, si on a autant de réserves, un blocage prévu de 96 heures, pourrait provoquer une pénurie de carburant ? En fait, principalement par excès de précaution de la part des Français. Dites leur qu’il risque d’y avoir une pénurie, et ils se ruent, tout normalement, à la pompe, « au cas où ». Ainsi, la consommation normalement lissée se concentre en un pic, provoquant une rupture totale ou partielle sur certaines stations.

    Outre les déclarations volontairement alarmistes des syndicats pour provoquer ces ruées, il y a les réseaux sociaux, les applications mobiles et les cartes mises en ligne. En effet, les réseaux sociaux ont un effet loupe, comme chaque média. Récemment, en Bretagne, certaines stations ont vu des hordes d’automobilistes arriver, même en pleine nuit, car une information avait été publiée sur Twitter, Facebook ou autre, qu’elles avaient encore du carburant.

    Il y a donc aussi les cartes en ligne ou les applications mobiles. La plupart, dont la plus connue (application Essence & CO), sont participatives. Ce sont donc les internautes qui déclarent les pénuries, partielles ou totales de telle ou telle station. Mais, à l’inverse, très peu signalent les réapprovisionnements. On a donc des stations marquées « à sec » qui ne le sont pas ou plus.

    Les créateurs de sites ou d’applications reconnaissent aussi que certains comptent déclarent des stations « à sec », alors qu’elles ne le sont pas. Volonté de créer une panique ? Quoi qu’il en soit, ces fausses informations accélèrent les ruées avec l’impression que l’on va « manquer ».

    Ne pas changer ses habitudes

    Certains conducteurs jouent l’excès de prudence et remplissent tous les réservoirs qu’ils ont à leur disposition. L’UFIP (Union Française des industries pétrolières) estime que ces ruées et les « pleins par prudence » créent une demande multipliée par quatre, temporairement. Actuellement, une centaine de stations présentent des ruptures partielles sur certains carburants, mais sont rapidement réapprovisionnées. Une centaine sur 11 000. On est loin de la pénurie de carburant annoncée.

    Surtout qu’il est possible de contourner les blocages en envoyant par pipeline dans un dépôt extérieur, et que l’on peut renforcer les importations par voie maritime. Pour les automobilistes, le plus simple et le plus juste est encore de consulter le site officiel du prix des carburants. Ici, ce sont les gérants des stations de carburant qui indiquent le prix de chaque carburant qu’il a à disposition (gazole/diesel, Super sans-plomb 98 ou SP98, SP95-E10, SP95 ou essence, GPLc, E85). Si pénurie il y a, pas de prix. Les déclarations sont faites chaque jour.

    Evidemment, les professionnels des industries pétrolières recommandent de ne rien changer à nos habitudes de consommation pour ne pas alimenter les pénuries provoquées et l’emballement qui s’en suit.

    Illustration : Total (une partie de la raffinerie de Normandie à Gonfreville-l’Orcher)

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    Thibaut Emme

    Thibaut Emme est journaliste automobile et auteur pour Le Blog Auto, média spécialisé dans l’actualité auto, les essais de véhicules, les voitures électriques et l’industrie automobile créé en 2004. Depuis 2011, il couvre les nouveautés des constructeurs, les évolutions du marché automobile, les technologies liées à l’électrification ainsi que les enjeux réglementaires du secteur. À travers ses analyses et articles spécialisés, il décrypte les tendances qui façonnent la mobilité moderne.

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    15 commentaires

    1. 4aplat on 10 janvier 2020 11h29

      Je fais beaucoup de route, je dois donc passer à la pompe souvent, au moins 1 fois par semaine. Il y a eu des blocages, des grèves, des pénuries, j’ai toujours réussi a faire le plein et sans attendre en plus.

      Reply
    2. Nico-84 on 10 janvier 2020 11h38

      Sinon on pourrait tous se mobilisé contre ceux qui font la grève car moi la retraite je l’aurais sûrement pas avant 65 ans ou plus vu que j’ai 30 ans meme si j’ai commencer à travailler il y a déjà plus de 15 ans et ça ne me pose pas de problème contrairement à ceux qui font la grève pour garder leur avantages et être à la retraite avant 60 ans. Pour moi c’est même scandaleux de voir comment ils se comportent

      Reply
      • seb on 10 janvier 2020 12h31

        Tu as 30 ans et tu travailles depuis plus de 15 ans, tu as donc commencer à travailler avant tes 15 ans. Tu trouves du travail dans quoi à 14 ans? ça me parait un peut jeune pour de l’apprentissage, et ça ne peut pas être du temps plein puisque l’école est obligatoire jusqu’à 16 ans, je ne vois donc que l’entreprise familiale genre de la restauration ou le milieu agricole, pendant tes week end et vacances. Je serais surpris que tes parents t’aient déclaré aussi tôt donc même si tu as commencer à travailler aussi jeune tu n’as pas cotisé aussi jeune. L’un comme l’autre sont des métiers physique, si tu fais toute ta carrière dans ce domaine tu vas être cassé à 60 ans, tu seras bien content de pouvoir prendre ta retraite à 62 ans.

        Reply
        • annonyme on 11 janvier 2020 20h02

          @seb . Nico84 a raison ; Il est tout à fait possible qu’il ai commencer a travailler a 15 ans . Pour ma part , moi même j’ai commencer a 15 ans .
          car dans les année 60 , l’école n’était pas obligatoire jusqu’à 16 ans . Et on pouvait trouver du travail Autre que dans des entreprise familiale où agricole comme vous le dites . Dû faite que j’ai commencer a travailler tôt , j’ai pu prendre ma retraite a taux plein , deux mois avant mes 60 ans , car à l’époque , la loi me le permettait . Mais depuis , ces lois ont fortement changer ?

          Reply
        • annonyme on 11 janvier 2020 20h12

          @seb Je dois également dire que j’ai toujours été déclarer par mon père et je ne le remercierais jamais assez pour cela . malheureusement , il n’est plus de ce monde

          Reply
      • Xavier on 10 janvier 2020 14h30

        S’il faut prendre en compte les années ou l’on a travaillé sans être déclaré, ça va compliqué un peu la reforme 😉

        Reply
        • Xavier on 10 janvier 2020 14h32

          Compliquer un peu la réforme.

          Reply
      • The Stig on 10 janvier 2020 23h12

        Ça ne te pose pas de problèmes parce que tu es jeune et sans soucis de santé. Je ne te le souhaite pas, mais ma mère est décédée à 60 ans, et a eu heureusement un départ en retraite anticipée à 55 ans. Mon père, lui, commence depuis la fin 2019 un traitement pour une leucémie aiguë à 64 ans. Si départ en retraite à 63 ans, il aurait « profité » d’une courte année de retraite.

        Alors les statistiques qui disent qu’on peut partir plus vieux parce qu’on vit plus longtemps, hein, j’en ris… ou j’en pleure plutôt.

        Reply
        • The Stig on 11 janvier 2020 21h41

          Je me réponds à moi-même pour une mise à jour du post d’origine : mon père est décédé ce matin.

          On est peu de choses…

          Reply
          • SGL on 11 janvier 2020 21h54

            Toutes mes sincères condoléances @Stig.
            J’étais dans le même cas il y a juste 1 an.

            Reply
    3. Lovehornby on 10 janvier 2020 16h47

      Si seulement faire perdre des avantages a certains en faisait gagner aux autres, mais si vous décortiquez bien le projet, tout le monde sera perdant même ceux qui sont déjà en retraite. A part bien sur les professions qui ont négocié en amont avec le gouvernement car ils ont de trop gros pouvoir de blocages: militaires, aiguilleurs du ciel, policiers…
      Que chaque personne qui souhaite y réfléchir et donner son avis commence par calculer a quoi il a droit en ce moment en partant a différents âges, et a quoi il aura droit après.

      Reply
    4. Verslefutur on 11 janvier 2020 18h44

      Il faut voir un point positif:
      Les syndicalistes nous entraînent avant la vraie pénurie qui arrivera dans quelques années, à moins que ce soit l’effondrement de notre civilisation qui s’impose avant que l’on ait extrait le dernier litre de pétrole disponible.

      Reply
    5. shooby on 11 janvier 2020 18h49

      En effet, le vrai risque, c’est nous. Cela me rappelles cette dame qui, interrogée sur BFM début décembre, disait qu’elle allait faire le plein de ses deux voitures bien qu’elle n’en n’ai pas vraiment besoin juste parce qu’on lui a dit qu’il y aurait risque de pénurie !?!

      https://twitter.com/shooby02470/status/1201080246008786944

      Reply
      • SGL on 11 janvier 2020 22h15

        Le problème @shooby, j’en parlais avec un ami collègue, est que les premières fois où on laissait faire la « foule » paniquer parce que nous ne voulons pas être des moutons de Panurge.
        Au moment où nous avons besoin réellement du carburant, il y avait pénurie parce que tout le monde avait paniqué avant nous.
        En fait, la peur de pénurie créait la pénurie.

        Reply
    6. wizz on 11 janvier 2020 20h42

      bien sur narbeth….

      toi, tu es à la retraite, et avais commencé à bosser à 15 ans dans les années 60….

      ….sauf que notre nico84 dit avoir 30 ans aujourd’hui, aurait donc 15 ans en 2004, et pas en 1964 comme toi

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