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    Accueil » 20 ans déjà : Toyota Supra Mk4
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    20 ans déjà : Toyota Supra Mk4

    Pierre-Laurent RibaultPierre-Laurent Ribault25 août 2013Aucun commentaire
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    La Toyota Supra de quatrième génération, code JZA80, est la queue de comète et une sorte d’apothéose pour la période faste des constructeurs japonais qui couvre la fin des années 80 et le début des années 90. Lancée au salon de Chicago le 24 août 1993, elle représente alors le point culminant de la tradition sportive Toyota et mythifie l’appellation à tel point que les moindres rumeurs d’une nouvelle Supra aujourd’hui suffisent toujours à enflammer les cercles d’amateurs de sportives.

    Le nom de Supra est arrivé sur les catalogues Toyota pour la première fois en 1978, pour désigner une version allongée de la Celica d’alors qui accueillait deux versions du 6 cylindres en ligne trouvé sur les grosses berlines de la marque. La voiture se voulait une tentative de prendre une part du florissant marché d’une autre japonaise célèbre aux Etats-Unis comme au Japon, la Nissan Z.

    La seconde génération, lancée en 1981, reprenait le même principe de la base Celica accouplée à un 6 cylindres en ligne puissant, mais s’émancipait un peu plus de cette dernière pour devenir plus clairement le « grand coupé » de Toyota. C’est à ce moment qu’elle commençait à être importée, au compte-goutte, en Europe en plus de ses terres de prédilection du Japon et des Etats-Unis.

    La troisième génération de la Supra, en 1986, coupait le cordon ombilical avec la Celica et franchissait un palier en terme de puissance et de sportivité, restant une propulsion alors que la Celica devenait une traction avant. Il y aura quatre déclinaisons du 6 cylindres en ligne selon les marchés, la plus puissante étant proposée au Japon en 3 litres avec un turbo et 230 chevaux. Une version d’homologation Groupe A sera même proposée en nombre limité avec 270 chevaux, car c’est avec cette génération que la Supra entame réellement sa carrière sportive au moment où le Groupe A connaît son heure de gloire au Japon comme en Europe.

    L’aboutissement de la lignée arrive donc en août 1993. Complétement redessinée, avec un style tout en courbes et une inspiration revendiquée de la Toyota 2000 GT, la quatrième génération penche vers le purement sportif et s’éloigne du style GT confortable de ses prédécesseurs. La poursuite de la légèreté a présidé à la conception et la nouvelle venue plus courte, plus basse et 100 kg plus légère que la précédente grâce à l’emploi d’aluminium et de plastique. Si elle reste, avec 1460 kg pour la version de base, plus lourde que la NSX toute en alu, elle est plus légère que la Nissan Z32 embourgeoisée et que sa rivale en performance, la Skyline GT-R R33 puis R34.

    Surtout, elle franchit un palier en puissance : toujours fidèle au 6 cylindres en ligne, credo japonais de l’époque, elle reçoit le nouveau bloc 2JZ de 3 litres, réponse de Toyota au fameux RB26 des Nissan Skyline. Le moteur, qui par ailleurs équipe les grosses autos de la marque (Crown, Soarer, Mark II, Aristo, Chaser…), est disponible en deux versions dans la Supra : avec ou sans suralimentation. Dans les deux cas il est couplé avec une boîte à six rapports Getrag. La version atmosphérique développe 223 chevaux et la version équipée de deux turbos est annoncée pudiquement à 280 chevaux au Japon, histoire de respecter la lettre du gentlemen agreement entre les constructeurs locaux mais sans que personne ne soit réellement dupe étant donné qu’elle est donnée pour 326 chevaux ailleurs. Avec le 0 à 100 km/h en 5 secondes, c’est une sportive du haut de tableau.

    Elle connaîtra une belle carrière qui durera presque dix ans. Elle cessera d’être exportée en 1998, mais la production continuera sur le marché japonais jusqu’en 2002, atteignant de l’ordre de 50 000 exemplaires au total. Peut-être plus encore que sous sa forme standard, c’est comme plateforme idéale de tuning que la Supra a construit sa réputation.

    Châssis sain, bonne répartition des masses (51:49), suspension à double triangulation aux 4 coins, simple dans sa conception technique, elle accepte avec bonne grâce et compétence les puissances de plus en plus colossales que les préparateurs japonais et américains tirent de l’indestructible 2JZ. Les autos à plus de 500 chevaux sont légion, celles à plus de 1000 pas rares… Voiture de sport noble dans sa conception, puissante mais facile à vivre, modifiable à souhait et relativement accessible du fait de sa production élevée, elle reste très populaire 20 ans après.

    Son autre titre de gloire est lié à son palmarès en compétition. La précédente Supra s’était illustrée en Groupe A, la Mk4 le fera en GT. Engagée en compétition aux Etats-Unis, c’est aussi et surtout en JGTC puis en Super GT que la Supra a trouvé son terrain de jeu favori et la célébrité au Japon et au-delà, via Gran Turismo.

    Introduite en 1995 sous forme d’une coque de série équipée d’un 4 cylindre turbo et évoluant au cours des ans et des changements de règlement vers une silhouette à moteur V8, la Supra a remporté 4 titres en 1997, 2001, 2002 et 2005 sous des livrées devenues icôniques comme la TOM’S Castrol de Michael Krumm et Pedro de la Rosa en 1997 ou la Team Le Mans Esso Ultraflo de Juichi Wakisaka et Akira Iida en 2001.

    La Supra de Super GT, quelque peu modifiée, s’est également aventurée au Mans en 1995 et 1996. En parallèle à sa carrière en piste, elle a aussi été longtemps une des montures favorites dans les épreuves de drift, que ce soit au Japon aux mains expertes de « Max » Orido ou aux Etats-Unis dans celles de Rhys Millen.

    Le dernier fait d’armes de la Supra JZA80 en compétition est en 2007 quand, équipé d’un système hybride directement précurseur de celui que l’on retrouve maintenant dans la TS-030 du WEC, un ex-châssis Supra de Super GT remporta les 24 heures de Tokachi, inscrivant alors la première victoire dans une course de 24 heures d’une voiture hybride (n’en déplaise à Audi).

    On reparle depuis l’année dernière du retour d’un coupé d’esprit GT chez Toyota, un projet dont Tetsuya Tada, le père de la GT86 ne fait pas mystère. Ce projet, qui devrait être réalisé en collaboration avec BMW, portera-t-il le nom de Supra ? Si oui, il aura une sacrée réputation à tenir.

    Source : Toyota, Wikipédia, forums dédiés à la Supra.

    Crédit images : Toyota sauf Advan Wheels (Advan Supra), leblogauto.com (drift)

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