Les voitures électriques coûteront moins cher que les thermiques d’ici 5 ans d’après Volvo

Les voitures électriques coûteront moins cher que les thermiques d'ici 5 ans d'après Volvo

Alors que l’automobile électrique s’impose lentement mais sûrement dans le paysage automobile mondial, une question fait débat depuis des années : quand deviendra-t-elle enfin financièrement plus abordable que sa cousine à moteur thermique ? À en croire le PDG de Volvo, Håkan Samuelsson, ce moment tant attendu pourrait arriver plus tôt qu’on le pense. Selon ses déclarations recueillies à Stockholm, d’ici cinq ans, une voiture électrique coûtera « très probablement » moins cher qu’un modèle à combustion équivalent. Un pari audacieux ? Pas tant que ça, à y regarder de plus près.

Le coût initial reste plus élevé… pour l’instant

Aujourd’hui, soyons clairs, acheter une voiture électrique neuve coûte encore significativement plus cher qu’un modèle thermique équivalent. La facture s’explique surtout par le prix des batteries, qui pèsent lourd dans la structure de coût d’un véhicule électrique. Même si, sur la durée, les économies sur le carburant et l’entretien permettent de lisser l’investissement, cette barrière à l’entrée reste réelle pour une grande partie des acheteurs. Mais pour Håkan Samuelsson, ce surcoût est temporaire. Les économies d’échelle et le progrès technologique devraient rapidement rééquilibrer la donne.

Une rentabilité déjà atteinte chez Volvo

Là où certains constructeurs automobiles accumulent encore les pertes avec leurs gammes électriques, Volvo revendique une approche plus pragmatique : ses modèles 100 % électriques sont, selon Samuelsson, déjà rentables. Certes, les marges sont encore inférieures à celles des thermiques, mais l’essentiel est là : la marque suédoise vend ses voitures électriques « sans les brader », contrairement à d’autres acteurs qui, pour gagner des parts de marché, vendent à perte. Volvo, de son côté, continue à générer du volume et du profit en pariant sur une montée en puissance maîtrisée.

Ce recentrage stratégique a d’ailleurs poussé Volvo à assouplir son engagement initial de devenir une marque 100 % électrique d’ici 2030. Une flexibilité assumée pour mieux s’adapter aux réalités économiques et régionales. Le mot d’ordre ? Viabilité économique avant dogme écologique.

Les voitures électriques coûteront moins cher que les thermiques d'ici 5 ans d'après Volvo

Technologie et production au service de la baisse des coûts

Pour faire baisser les coûts, Volvo mise sur des innovations industrielles concrètes. Le futur EX60 (annoncé pour 2027) illustre cette nouvelle philosophie : intégration directe des cellules de batterie dans la structure du véhicule (cell-to-body), pièces de châssis en méga-casting, moteurs développés en interne… Ces choix techniques permettent de réduire les matériaux utilisés et de simplifier l’assemblage. Moins de pièces, moins de complexité, donc moins de coûts. L’objectif est clair : aligner les marges des modèles électriques sur celles de modèles thermiques comparables, comme le XC60, déjà bien installé dans la gamme.

Un autre levier déterminant est celui de la chimie des batteries. Samuelsson table sur l’adoption massive des cellules LFP (lithium-fer-phosphate), moins coûteuses que les cellules NMC (nickel-manganèse-cobalt), même si cela implique une légère baisse d’autonomie. Mais là aussi, la perception change : une autonomie autour de 400 km va devenir la norme acceptable, et la course aux chiffres spectaculaires pourrait perdre son attrait face à des modèles plus équilibrés et surtout plus accessibles.

Les voitures électriques coûteront moins cher que les thermiques d'ici 5 ans d'après Volvo

Les États-Unis, terrain de conquête prioritaire

Le PDG de Volvo identifie les États-Unis comme un marché particulièrement propice à l’adoption massive de l’électrique. La culture technophile et les habitudes de conduite (distances modérées, usage périurbain, infrastructure en développement) font des États-Unis un laboratoire favorable pour tester cette nouvelle génération de véhicules plus efficients. Si les coûts de production baissent comme prévu, et si la demande suit, la prophétie de Samuelsson pourrait devenir réalité bien avant la décennie 2030.

Certes, l’industrie automobile reste sensible à de nombreux facteurs : disponibilité des matières premières, situation géopolitique, infrastructures de recharge, incitations fiscales… Mais une chose est sûre : la dynamique enclenchée par Volvo n’est pas un coup de poker. C’est la mise en œuvre méthodique d’un équilibre entre profitabilité, innovation et transformation progressive du marché, plutôt que révolution brutale.

Ce qu’il faut retenir
– Aujourd’hui encore, les voitures électriques coûtent plus cher à l’achat, mais cet écart est en train de se réduire.
– Volvo affirme déjà vendre ses EV avec profit, sans les subventionner.
– Nouvelles techniques de fabrication et batteries LFP vont tirer les prix vers le bas.
– D’ici 5 ans, les voitures électriques pourraient coûter moins cher que les modèles thermiques, selon Volvo.

(2 commentaires)

  1. Oui, si on compte les subventions aux VE et les malus appliqués aux véhicules purement thermiques. Deux mots absents de la déclaration de M. Samuelsson.

    Reste la question cruciale du recyclage des VE, qui va être très couteux avec l’intégration complète des batteries dans la structure. La gratuité n’est pas envisageable pour le consommateur.

    1. Le recyclage des VE,
      Plus il en aura. … Plus il sera efficace … Le volume est important pour baisser les coûts et augmenter l’efficacité.
      L’efficacité s’améliore chaque année.
      De plus … une batterie qui tombe à 70 % de contenance … au bout de 10 – 15 ans … Elle devient plus utile pour le particulier qui utilise son VE généralement, néanmoins elle reste utile comme batterie statique dans les stations alimenter aux EnR, pendant encore 10 à 20 ans.

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