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    Accueil » Len Sutton: mort d’un pilote indestructible
    Compétitions Auto

    Len Sutton: mort d’un pilote indestructible

    Joest Jonathan OuaknineJoest Jonathan Ouaknine8 décembre 2006Aucun commentaire
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    Avec 3 victoires en 74 départs en Champ Car (auquel s’ajoute une 2e place aux 500 miles d’Indianapolis 1962), Sutton n’avait pas le plus beau palmarès. Mais il est resté dans les mémoires comme un pilote qui arrivait à se sortir (presque) sans bobo des accidents les plus horribles.

    Sutton fut d’abord mécano en charge des avions des garde-côtes de son Oregon natal. En 1947, sur le speedway de Portland, il rencontre Rolla Vollstedt, un constructeur de midget. Sutton a une révélation: il sera pilote de course.

    Il essaye donc une midget de Vollstedt et sa première séance se termine par un tonneau!

    Sutton débute en stock car division ouest où il fait une razzia sur la discipline, décrochant les titres 1949, 1950, 1954 et 1955.

    A l’instar de son ami Mario Andretti (dont il fut le conseiller), Sutton fut un pilote polyvalent. En parallèle de la Nascar, il couru en midget, en régional, puis en national, ce qui l’amena en Champ Car, en 1955 (avec une Vollstedt.)

    A l’époque, les courses sont encore organisée par l’AAA. Le calendrier comporte des courses sur oval, d’autres sur des « routiers », mais également des courses sur piste en terre et la course de côte de Pikes Peak (auquel il ne participera pas)! Côté voitures, il s’agit de rustiques « roadsters » propulsé par un moteur Offenhauser et muni d’une boite à deux vitesses (une pour le démarrage et une pour la course.)

    En 1956, Sutton décide de s’attaquer à Indianapolis (qui comptent encore pour le championnat de F1.) Aux essais, sa Lesovsky part en vrille, attérit à l’envers et comme il n’y a pas d’arceau, Sutton et son casque raclent le sol jusqu’à ce que la voiture s’arrête, 300m plus loin. Les officiels croient que Sutton est mort sur le coup, mais après quelques semaines à l’hopital, il est sur pied.

    Sutton n’a jamais été un trompe-la-mort, au contraire, c’était un pilote soucieux de sa mécanique, quitte à sacrifier un podium. Mais lorsque l’on voit ces pilotes qui courraient en tee-shirt et casque en carton bouilli, les voitures aux pneus de vélo, sans arceau, ni harnais, le réservoir apparent et les circuits où cerné de barbelés et d’arbres, on se doute que tout est fait pour créer des accidents.

    En 1964, à Indianapolis, Sutton voit les voitures de Dave MacDonald et d’Eddie Sachs, rentrer en collision et exploser, tuant les deux pilotes. Sa femme Anita, présente sur le muret des stands, surveille anxieusement l’épais nuage, mais Sutton en émerge, sain et sauf.

    En 1965, le Champ Car a évolué. L’USAC en est l’organisateur. Les circuits en terre se raréfient et les roadsters cèdent leur place à des monoplaces à moteur central. Celle de Sutton est construite par Vollstedt, encore lui. A Langhorne, il voit Mel Kenyon griévement brulé après l’incendie de sa voiture. Il termine 7e et décide de raccrocher son casque, pour ne pas repartir les pieds devant.

    Sutton devra encore sa battre contre un cancer, sa dernière victoire et à 80 ans, il pilotait une monoplace de Vollstedt pour un meeting d’anciennes. Très modeste, en 2005, il voulait envoyer un message à Danica Patrick pour la féliciter pour sa 4e place aux essais d’Indianapolis, mais il était persuadé qu’elle ne saurait pas qui il était.

    Décidément, c’était un pilote d’un autre époque. Chapeau bas, M. Sutton.

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