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    Accueil » On a lu : Facel Vega, le grand tourisme à la française
    Histoire

    On a lu : Facel Vega, le grand tourisme à la française

    Nicolas AnderbeganiNicolas Anderbegani9 février 20209 commentaires
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    Les éditions ETAI rééditent dans leur collection Prestige une somme exceptionnelle sur la marque Facel Vega. Publié sous la supervision de Jean-Paul Chambrette avec l’implication de l’Amicale Facel Vega, le livre est une véritable encyclopédie, un travail de fourmi qui revient à travers plus de 700 pages et 1400 photos sur la saga de la dernière véritable marque de luxe tricolore.

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    Fondée en 1939 comme filiale de la société aéronautique Bronzavia, Facel (pour Forges et ateliers de construction d’Eure-et-Loire) passe en 1945 sous la direction de Jean Daninos, un brillant ingénieur revenu des Etats-Unis où il a travaillé pendant la guerre pour la General Aircraft Equipment, qui produisait des pièces sous licence Bronzavia. Sous son impulsion, Facel fusionne avec la société Metallon et se spécialise rapidement dans la sous-traitance des carrosseries et de séries spéciales pour des marques comme Delahaye, Simca (Sport) et Ford SAF (Comète). Rapidement, la société se bâtit une solide réputation de carrossier et développe même un modèle spécifique pour Bentley, la Cresta, qui préfigurera la Continental. Mais Jean Daninos voit plus loin et rêve d’ériger Facel au rang de constructeur à part entière. C’est chose faite en 1954 avec la présentation de la Vega, une imposante et superbe berline motorisée par un puissant V8 Chrysler et dotée d’une finition hors du commun. Daninos ressuscite ainsi la voiture de luxe à la française, et la Facel Vega devient l’un des modèles les plus prisés des élites, qu’elles soient des têtes couronnées, des artistes ou des vedettes du show-business. C’est malheureusement dans une Vega conduite par Michel Gallimard qu’Albert Camus perdra la vie, au cours d’un accident survenu en janvier 1960.

    Mais guidée avant tout par la passion, la société Facel souffre d’une maladie chronique : des finances constamment alarmantes, en partie à cause d’une industrialisation manquant de rationalité. Pour essayer d’augmenter les ventes, Facel lance en 1959 un modèle plus léger et plus abordable, la Facellia, propulsée cette fois-ci par un moteur « maison », en réalité conçu par Pont-à-Mousson, une entreprise de longue date proche de Facel, mais assemblé et garanti par Facel. Terrible conséquence ! Le moteur se révèle catastrophique, avec une fiabilité désastreuse et des casses à répétition. Le fiasco technique non seulement aggrave la situation financière de l’entreprise mais nuit considérablement à son image. Sauvée en 1961 par l’État qui accorde un prêt d’1 milliard d’anciens francs, mais à la condition que Daninos prenne du recul, l’entreprise essaie de se relancer et sort encore de magnifiques modèles comme la Facel II et la Facel V6. Seulement, la reprise insuffisante des ventes, la perte des contrats de sous-traitance avec Simca et le lâchage de l’Etat achèvent de condamner la société, qui ferme définitivement ses portes en 1964 après un dernier baroud d’honneur au salon de l’Auto. La voiture grand luxe à la française, qui avait eu du mal à renaître après la seconde guerre mondiale, disparaît pour de bon.

    Divisé en deux grands livres (1939-1958 et 1959-1964) regroupés dans cette nouvelle édition en un seul volume, l’ouvrage s’attarde longuement en première partie sur les origines et l’historique de Facel, la carrière de Daninos – qui a débuté chez Citroën-les années de guerre avec la fabrication de gazobois puis l’essor des activités de sous-traitance pour l’automobile, où Facel aurait pu, avec davantage de moyens mais aussi un paysage automobile national différent, devenir un véritable Bertone français. Par la suite, le texte aborde avec une multitude de détails la conception des modèles Facel, leur présentation officielle, les essais presse, leur carrière commerciale, les évolutions techniques, sans oublier à chaque fois les coulisses tumultueuses de l’entreprise, tiraillée entre les ambitions et la passion de Daninos et les réalités financières et industrielles. Le tout est agrémenté par un grand nombre de photos commerciales, de prospectus, de dessins et de fiches techniques, d’articles presse, de documents internes, de témoignages qui nous replongent avec beaucoup d’émotion dans cette fabuleuse entreprise qui, contre vents et marées, a voulu défendre le prestige national automobile. On reste admiratif devant la capacité de travail, l’abnégation et l’inventivité, en si peu d’années, d’une marque qui a du toujours jongler avec des moyens financiers délicats.

    Vous l’aurez compris, le travail réalisé pour ce coffret Prestige Facel Vega est colossal. On trouve même en annexe la liste des propriétaires célèbres ! C’est un bel hommage à un marque qui, à sa façon, a symbolisé les Trente glorieuses en France, le dernier souffle d’une automobile tricolore de prestige qui n’a malheureusement pas survécu aux affres de l’Histoire.

    Le coffret est proposé par ETAI au prix de 99 euros.

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    Nicolas Anderbegani

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    9 commentaires

    1. Mwouais on 10 février 2020 7h24

      Ne reste plus qu’à imaginer le renouveau…que j’espère lié à un groupe et pourquoi pas dirigé par Bugatti. Une A8 ou A6 moins cliniquement parfaite par exemple, plus baroque à l’intérieur….

      Rêvons un peu.

      On me chuchote électrique, soit !

      Reply
    2. AXSPORT on 10 février 2020 8h02

      Sympa
      ?

      Reply
    3. labradaauto on 10 février 2020 9h48

      …J’aurais vu un vrai moteur dans ces belles carrosseries. En France on avait le 6 cylindres de Citroën , trop paresseux. Si Daninos avait emprunté un moteur Alfa Roméo par exemple, je n’aurais pas vu les belles anglaises de l’époque. Parce que Facel, chef d’oeuvre carrosserie brillait. Dommage: l’argent toujours. Très bel article.Merci.

      Reply
    4. greg on 10 février 2020 14h37

      La derniere marque de luxe / haut de gamme automobile made in France.
      Un autre niveau que DS Automobiles. Pour le coup, Facel, c’ etait vraiment du luxe.

      Reply
    5. Akouel on 10 février 2020 16h51

      Pour moi, la plus sera en fait une bentley Mk IV…recarossée par Facel Mettallon. Un modèle unique au monde, et une carrosserie intemporelle !

      https://www.ultimatecarpage.com/images/events/ece2003/1951_bentley_mk_iv_facel_metallon_coupe-1.jpg

      Ps : si le lien ne convient pas, je ne ferai pas un scandale s’il est supprimé pour quelque raison que ce soit ^^

      Reply
      • Mwouais on 12 février 2020 7h19

        Je ne connaissais pas, merci. (Même si je préfère une Facel standard moins d’apparence boursouflée en photo :cette Bentley semble un mélange Facel et Lancia Aurelia soit 2 voitures parfaites. A voir en vrai ?)

        Reply
    6. scott on 11 février 2020 12h06

      l’entreprise citée Bronzavia existe toujours.

      Reply
    7. Straton on 9 mars 2020 12h56

      Eh non ! Ce n’est pas la Loire qui coule en Eure-et-Loir, mais la rivière Le Loir qui, par ailleurs, se jette dans La Loire du coté d’Angers. Donc pas de “s” à Eure-et-Loir. Cette faute est faite systématiquement par ceux qui ne savent pas qu’il existe une rivière appelée Le Loir qui, pourtant, donne son nom aux deux départements qu’elle traverse, l’Eure-et-Loir et le Loir-et-Cher.

      Reply
      • Straton on 11 mars 2020 10h20

        En tout cas, un grand bravo pour votre article qui m’a beaucoup appris sur l’histoire Facel et qui m’a donné envie d’en connaître plus sur notre dernière marque française de prestige, aussi ai-je commandé ce coffret “Prestige Facel-Véga” que j’attends avec impatience.

        Reply
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