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    Accueil » Le film du mercredi : Weekend of a Champion
    Formule 1

    Le film du mercredi : Weekend of a Champion

    Joest Jonathan OuaknineJoest Jonathan Ouaknine5 mars 2015Aucun commentaire
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    Cette semaine, le cinéma, c’est le mercredi ! Matching Numbers veut lancer des projections privées mensuelles, sur le thème de l’automobile. La première séance était consacrée à Week-end of a Champion. Le Blog Auto se devait d’y être.

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    Le lieu

    Le cinéma l’Accatone (du nom du premier film de Pier Paolo Pasolini) a longtemps été une salle d’art et d’essai, plutôt à gauche. Comme nombre de cinémas indépendants du Quartier Latin de Paris. Désormais, il appartient à la Maison de l’Epargne.

    Avec une cinquantaine de places dans l’unique salle, c’est un bon compromis. Un lieu plus intime que les salles géantes de multiplexes, mais plus professionnel qu’une projection chez un particulier.

    Côté Matching Numbers, la formule est en rodage (programmation ? Débat post-projection ? Type de films projetés ?) A priori, ils s’orientent vers une séance unique et mensuelle. En tout cas, la première est un succès. La salle est comble et les spectateurs, enthousiastes.

    Le film

    Weekend of a Champion est un peu le pendant « F1 » de Le Mans. En 1971, Roman Polanski avait voulu suivre son ami Jackie Stewart lors du Grand Prix de Monaco. C’est un tiers, Frank Simon, qui tenait la caméra car rompu à l’exercice du documentaire, contrairement à Polanski. Ainsi, on suit l’Ecossais partout (même dans sa salle de bain !) et on voit le quotidien d’un pilote de F1 des années 70. Précisons qu’il faut mettre les sous-titres, car certains propos sont rendus inintelligibles par les bruits de moteur.

    C’était une période charnière. Il y avait déjà les TV, les sponsors, les pipoles (Ringo Starr et Joan Collins font une apparition) et une médiatisation des pilotes. Stewart fut d’ailleurs le premier à monétiser sa notoriété. Mais malgré tout, par moments, on se croirait plutôt dans Jour de fête. Il y avait une fanfare, des majorettes et des banquets. Les F1 partageaient un unique garage (Stewart dut interrompre son briefing car les oreilles d’Helmut Marko trainaient !) C’était « Uncle Ken » qui poussait lui-même ses Tyrrell en pré-grille. Les ingénieurs prenaient des notes sur des cahiers d’écoliers et lorsqu’il pleuvait, les mécanos de Tyrrell empruntaient des imperméables à leurs collègues de BRM ! Les stands étaient à même la piste,  la voie des stands n’étant construite qu’en 1972, l’année suivante, et le départ était donné par Louis Chiron, agitant un drapeau au milieu de la piste.

    Côté voitures aussi, c’était une période charnière. Avec l’apparition des slicks et des ailerons, les temps fondaient. Graham Hill, poleman 1968 en 1’28″2, serait parti dernier en 1971 ! Mais on ne savait pas encore où et comment placer les appuis (d’où des solutions originales comme les capots boucliers des March.) Certaines F3 roulaient même sans appuis. A titre de comparaison, Stewart décrocha la pole au Paul Ricard en 1’50″71, avec une Tyrrell 002. En 2014, lors des World Series by Renault, Nick de Vries y décrocha la pole des FR 2.0 en 2’02″895.

    Stewart était le « personnage principal ». Très photogénique, un peu cabot, ayant un bon sens de l’humour, il aurait fait un bon acteur. Champion 1969, l’Ecossais était persuadé d’être le meilleur en piste, quitte à avoir des crises de melonite. Mais une fois passé les grilles du circuit, c’était un autre homme. Le visage fermé, la démarche martiale, il était déjà dans la course. Il signait des autographes sans regarder ses fans… Puis il croisa Juan-Manuel Fangio. La star des circuits devint alors lui-même un fan, l’espace d’un échange.

    Le temps que Stewart se prépare, Simon filme la mise en grille. Une dizaine de pilotes défilent. Parmi eux, seuls Reine Wisell et Henri Pescarolo sont encore parmi nous. Avec le recul, on découvre l’extrême mortalité de la F1 des années 70.

    Comme dans toute production, il y a des seconds rôles. François Cevert joue le jeune premier, élève appliqué mais brouillon de Stewart. Graham Hill est touchant. Double champion, il avait visiblement conscience d’être sur une pente descendante. Nina Rindt, jeune veuve, semblait dans un autre monde. Puis il y a cet homme louche, un peu souteneur, qui agrippe Stewart sur le chemin de sa voiture. Il veut lui proposer de passer sur son bateau après la course, où des « bunny girls » l’attendraient…

    Stewart voulait gagner cette course et l’Ecossais fut irrésistible. Après trois manches, il avait déjà fait le break sur Jacky Ickx (qui n’apparait pas à l’écran) et il s’envolait déjà vers un deuxième titre. Pour info, la course de F3 fut remporté par Dave Walker, qui se perdit ensuite chez Lotus en F1 (où seul Emerson Fittipaldi existait.)

    Puis le film défile sur un écran de TV moderne. En contrechamp, on découvre Polanski et Stewart, version 2012. Le triple-champion du monde évoque sa carrière, François Cevert et son combat pour la sécurité. Un délicieux bonus.

    Un documentaire à voir impérativement pour tout fan de F1, de Monaco ou des années 70.

    Crédit photos : R.P. Productions, sauf photos 1 et 2 (Joest Jonathan Ouaknine/Le Blog Auto)

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