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L’examen d’accès au métier de chauffeur dans le viseur des plateformes VTC

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Deux ans après l’entrée en vigueur de l’examen d’accès à la profession de chauffeur VTC, les plateformes de mise en relation militent pour sa simplification, estimant qu’il alimente la pénurie de chauffeurs, ce que contestent d’autres acteurs du marché.

« On a de grandes difficultés à satisfaire les demandes de courses », explique à l’AFP Yves Weisselberger, président de la fédération française des transports de personnes sur réservation (FFTPR), qui regroupe six plateformes (SnapCar, Kapten, Marcel, LeCab, Allocab, Bolt). Selon lui, le secteur a besoin de « 5.000 à 10.000 chauffeurs » supplémentaires, pour environ 60.000 chauffeurs en activité, selon un chiffre évoqué au ministère des Transports.

« On prive des milliers de personnes d’un emploi », tandis que « les clients paient 20% à 25% de plus qu’il y a quelques mois », s’agace M. Weisselberger, également président de SnapCar.

Kapten, confrontée à une « demande grandissante en Ile-de-France », fait état d’un temps moyen d’attente qui a bondi « de 60% » en quelques mois. Uber dit avoir « deux fois moins de chauffeurs à Paris qu’à Londres, deux villes ayant pourtant des populations comparables ».

En cause, selon ces sociétés, l’examen d’accès au métier, instauré par la loi Grandguillaume votée sous François Hollande, qui a durci les conditions et constitue une « barrière sérieuse », selon Uber. L’opérateur pointe un « taux d’admission cumulé faible » (35% en 2018, soit 5.039 lauréats) et des délais trop longs entre l’inscription et les résultats.

« Il y deux sessions par an, le délai, c’était six mois minimum, si tout se passe bien, pour commencer à exercer », raconte aussi à l’AFP Xavier, 29 ans, un ancien employé dans la restauration qui souhaite garder l’anonymat. « Cet élément a contribué à me faire abandonner. »

Questions « pas en rapport » avec le métier

Le secteur milite donc pour une refonte, avec des sessions « plus fréquentes » et un examen « plus simple » que l’actuel, qui comprend sept épreuves écrites d’admissibilité allant de la sécurité routière à la gestion d’entreprise, en passant par l’anglais et le « développement commercial », en plus d’une épreuve pratique.

« Ce sont clairement des questions qui ne sont pas du tout en rapport non seulement avec le métier, mais avec le niveau de qualification moyen » des candidats, estime Maxime Drouineau, en charge des affaires publiques de la plateforme Kapten.

Pour accélérer le processus, la FFTPR propose que les épreuves soient organisées par les milliers d’auto-écoles implantées partout en France et non plus par le réseau de 95 Chambres des métiers d’artisanat (CMA).

« On pouvait penser que le président Macron et le gouvernement étaient plus ouverts à ces mutations de l’économie et plus enclins à libéraliser l’accès, mais en pratique rien ne s’est produit, c’est un peu décevant », déplore Yves Weisselberger.

« Protection des passagers »

Le gouvernement, lui, défend les mesures comprises dans la loi Grandguillaume. L’examen répond « à un enjeu de protection des passagers, de sécurité routière et de lutte contre le travail clandestin », fait-on valoir au ministère des Transports.

Surtout, et « contrairement à ce qui est régulièrement avancé, il n’y a pas de reflux constaté de candidats à l’examen »: ainsi, le nombre de candidats en Ile-de-France a augmenté de 34% au premier semestre 2019, par rapport à l’année précédente.

Enfin, la voie de l’examen ne représente que 30% des personnes qui accèdent à la profession. Les autres sont d’anciens professionnels du transport de personnes (chauffeurs de bus, ambulanciers, taxis…), dispensés des épreuves pour devenir chauffeur VTC.

Pour la Fédération Française des Exploitants VTC (FFE-VTC), où se sont regroupées des entreprises historiques du secteur, souvent indépendantes, afin de peser face aux nouvelles plateformes, l’explication à la pénurie de chauffeurs rencontrée par ces dernières est à chercher ailleurs, dans le turn-over auquel elles sont confrontées.

« Avec les plateformes, [les chauffeurs] ne gagnent pas leur vie, ils perdent même de l’argent », avance François Donnadille, président de la FFE-VTC, pour expliquer le « va-et-vient assez rapide » sur ce marché.

« En soit, le turn over n’est pas un problème », répond Yves Weisselberger, qui chiffre le taux de renouvellement des chauffeurs à « 15% à 20% » par an. « Il le devient si d’un autre côté vous bouchez les filières qui permettent d’accéder à la profession ».

Par AFP

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17 Commentaires sur "L’examen d’accès au métier de chauffeur dans le viseur des plateformes VTC"

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Xavier
Invité

« En soit, le turn over n’est pas un problème », répond Yves Weisselberger, qui chiffre le taux de renouvellement des chauffeurs à « 15% à 20% » par an. « Il le devient si d’un autre côté vous bouchez les filières qui permettent d’accéder à la profession ».
Si on peut plus exploiter les chauffeurs comme on veut, c’est pas du jeu !

pat d pau
Invité

c’est fou ca, on met un systeme qui permet d’exploiter les gens (VTC), de l’autre cote, cela a fait baisser les licences de 50% mini..
Voila on s’embete a creer des esclaves, a flinguer le metier de taxi.. et l’autre il se plaint… c’est vraiment n’imorte quoi.

greg
Invité
« de l’autre cote, cela a fait baisser les licences de 50% mini.. » Pas exact, en tout cas sur Paris : https://6-t.co/prix-de-licence-de-taxi-se-stabilise-a-paris-signe-dune-maturite-marche/ Ensuite la fédération des artisans taxi a tout fait pour que le nombre de licences ne soit jamais augmenté à force de lobbying, générant une spéculation sur les licences en question qui valaient plus de 200000€ à un moment. Je rappelle quand même que le nombre de licences n´a pas évolué depuis 1945! Quand le gouvernement bérégovoy avait tenté une timide libéralisation par l´attribution de plaques temporaires (les fameuses plaques de couleur jaune), les Taxis ont immédiatement lancé des… Lire la suite >>
seb
Invité

@greg, tu oublis un détail amusant aussi concernant les licences. A la base, elles sont gratuites. Ils se font drôlement plaisir les taxis parisiens à vendre 200 000€ un truc gratuit quand même. ^^

Sid
Invité
Entre 15 et 18 ans d’attente, dossier à renouveler chaque année pour espérer avoir une licence gratuite qui était vendable après 15 ans d’exploitation… Et depuis octobre 2014 elles ne sont plus cessible! Certes yen a qui se sont fait plaisir à l’époque mais bon … Essayez de faire taxi 2/3 semaines sur Paris je vous garanti une dépression et crise de nerfs tout ça pour quelques euros au final . J’ai investi sur 10ans, jme fais pas forcément de salaire, j’ai perdu 65k€ sur la valeur initiale, mais je ne dépend pas d’appli qui te ponctionne de 1/4 du… Lire la suite >>
Jo le Taxi
Invité

Plaque c était gratuit pour les anciens taxis. les nouveaux ont acheté leur licence à l’Etat qui a bien pris l’argent pour les frais de mutation
et la terre c’était gratuit et après ? .
..

mko
Invité

Pourquoi les taxis sont ils dispensés ?
Passent ils cet examen aussi quand ils deviennent taxi ?

greg
Invité

Un Examen similaire, quoique moins lourd et complexe.
http://orkypia.fr/devenir-chauffeur-de-taxi-lexamen-national/
https://www.chauffeur-solutions.net/examen-chauffeur-vtc/
Les taxi sont par exemple dispensé d´examen en anglais qui n´est qu´optionnel curieusement.
Ce qui n´est pas surprenant, cette loi Granduillaume est avant tout là pour protéger le monopole des taxi et moins le consommateur.

KEYZER
Invité

Quand au mois de mai dernier, Macron reçoit à l’ Elysée le patron d’ Uber, c’est tout que pour parler du beau temps… Et là aussi, coïncidence, ça a correspondu avec la loi de l’orientation des mobilités qui promet un tapis rouge aux plateforme de vtc ( par ex, le travail salarial déguisé qu’impose les plateformes ne sera plus considéré comme illégal…)

sabriv
Invité

‘jai passer l examen d anglais pour taxi

Laurent
Invité

VTC et TAXIS passent le même examen (et c’est normal).

Manuel
Invité

Les plateforme ne pensent qu’à elle et non au chauffeur on est trop nombreux elles ont qu a nous assurer un chiffre jour a 350€ pour que l’on puisse s’en sortir au lieu de vouloir recruter ce quelle veulent cest un chauffeur par client il ne pensent qu’à leur chiffre et non a celui du chauffeur je suis vtc depuis trois ans je sais de quoi je parle .

Marcel
Invité

Bien dit

Incognito sinon uber va suspendre mon compte
Invité
Incognito sinon uber va suspendre mon compte

Bonsoir, le méthode uber et kapten c’est d’avoir le maximum de chauffeurs pour facturer le maximum, mais beaucoup de chauffeurs fait que ont va même pas gagné le smic, vous êtes une merde, les platforms, ce qui va arriver c’est que tout le monde va arrêter parce que les chauffeurs arrive même pas à payer le gasoil. Un chauffeur qui travaille sa fait 3 ans et j’ai fait ma carte sans formation du premier coup alors si vous dites que c’est difficile ? Aller il faut mettre tout les mecs sans un minimum de formation, la honte la France.

Michael Mouveau
Invité

Tout cela est faux, je ne travaille pas depuis longtemps et j’ai bcp d’attente entre 2 courses et pourtant mes stats sont excellentes ( platinum, pour info). Je ne travaille pas assez et j’ai fait la nuit, la journée et c’est pareil, des courses mais bcp d’attentes. Alors entendre dire qu’il faut encore plus de chauffeurs, cela n’intéresse que les services vtc mais sûrement pas les chauffeurs !!!!
Quels mensonges.

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