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Daimler : Källenius mettrait fin au partenariat avec Renault-Nissan

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Daimler envisagerait très sérieusement de ne pas renouveler son partenariat avec Renault-Nissan. C’est en tout cas ce que rapporte le journal allemand Manager Magazin, sans toutefois citer ses sources. Cette décision s’inscrirait dans une stratégie plus globale, menée dans le cadre d’un vaste plan dont l’objectif est de réaliser d’ici 2021 six milliards d’euros d’économies au sein de la division Mercedes-Benz et deux milliards dans la division poids-lourds Daimler Trucks. Une nouvelle politique qui correspond à l’arrivée prochaine de Ola Källenius à la tête du constructeur. L’actuel, président du directoire de Daimler, Dieter Zetsche, quittera en effet le groupe à la fin du mois.

Källenius contre un renouvellement du partenariat Renault-Nissan

Selon Manager Magazin, Ola Källenius ne renouvellera pas ses projets communs avec Renault et Nissan, mettant ainsi fin à une alliance entre les constructeurs. Rappelons qu’à l’heure actuelle, les Infiniti Q30 et QX30 sont construits sur une plate-forme Mercedes.

Partage de plates-formes et de moteurs

Plus globalement, le partenariat est basé à l’heure actuelle sur un partage de plates-formes et de moteurs. Il se concrétise notamment via la production du Mercedes Citan chez Renault ou le co-développement entre Renault, Nissan et Daimler d’un moteur essence turbo à injection directe de 1,3 litre installé sur la Renault Mégane ou la Mercedes Classe A.
Le pick-up Mercedes-Benz classe X est basé quant à lui sur le Nissan Navara / NP300. Renault construit pour sa part la Smart ForFour en Slovénie.

Les constructeurs ont une usine commune pour les voitures compactes Mercedes et Infiniti à Aguascalientes, au Mexique.

Vers une collaboration accrue avec Geely

Mercedes envisage par ailleurs d’intensifier sa collaboration avec le chinois Geely, principal actionnaire de Daimler avec une participation de 9,7%.

Notons que c’est déjà sous l’ère Zetsche que Daimler a mis fin au partenariat entre Renault et Smart pour le partage de la plate-forme.

Une stratégie accélérée par les départs de Ghosn et Zetsche

En janvier dernier, Manager Magazin avait d’ores et déjà annoncé « la fin prochaine d’un ancien partenariat phare ». Estimant que Daimler et Renault avaient été jusqu’à présent des partenaires moteurs, le départ de Carlos Ghosn, emprisonné, et le remplacement prochain de Dieter Zetsche, auraient facilité le changement de stratégie, la coopération allant désormais vers sa fin. Les mauvais résultats financiers de Daimler ne faisant qu’accélérer le phénomène et d’autant plus justifier une telle décision.

Des mesures pour endiguer la chute du bénéfice d’exploitation

En février dernier, Daimler avait en effet annoncé travailler à des « contre-mesures » en vue de redresser la barre, après avoir enregistré au quatrième trimestre 2019 une chute – vertigineuse – de 22% de son bénéfice d’exploitation. Raisons invoquées : les tensions commerciales entre Europe et Etats-Unis et la hausse des coûts du développement des véhicules électriques et autonomes.

Coûts et retards induits par des composants électroniques défectueux

Manager Magazin indique également que Daimler se voit contraint de modifier les composants électroniques défectueux de près de 30.000 véhicules Mercedes, produits dans l’usine de Tuscaloosa, en Alabama. Ce qui pourrait entraîner des retards et des coûts importants.

Selon le journal, la perte de chiffre d’affaires avoisinerait deux milliards d’euros, impactant potentiellement le résultat opérationnel du premier trimestre de près d’un demi-milliard d’euros.

Nous devrions être rapidement fixés sur ce point, le constructeur devant publier ses résultats du premier trimestre le 26 avril prochain.

L’avis de Leblogauto.com

« En théorie, le départ de Carlos Ghosn ne devrait pas grandement changer la donne » …. « à moins que Daimler ne redoute que les Japonais ne profitent de « l’occasion » pour fortement imprimer leur marque et qu’ils décident un changement de stratégie » …  avais-je écrit en février 2019  alors que Dieter Zetsche  avait déclaré avoir discuté avec Nissan de l’avenir de leur coopération suite à l’arrestation de Ghosn au Japon le 19 novembre dernier.

La politique menée actuellement par Nissan et de mauvais résultats financiers auront fait pencher la balance en faveur du non renouvellement du partenariat.

Sources : Reuters, Manager Magazin

Crédit Illustration : Daimler

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19 Commentaires sur "Daimler : Källenius mettrait fin au partenariat avec Renault-Nissan"

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Hotil
Invité

Pourtant un partenariat permet justement de faire des économies
Donc y’a un problème, ou alors daimler trouve que le partenariat actuel n’est pas assez efficace et souhaite en trouver un meilleur
En plus vicelard, c’est peut être une fausse rumeur pour faire baisser les actions de l’alliance et racheter plus de parts

greg
Invité
Bah, il faut se pencher un peu sur l’état des coopérations : 1)Partage Daimler/Infiniti : caduc avec le retrait de la marque japonaise du continent européen et l’abandon l’an passé par Infiniti du développement d’un autre véhicule sur base Daimler 2)Daimler/Renault: premièrement il y a le cas Smart, plus de partage de plateformes, sachant que Renault pourrait en plus abandonner la Twingo. Le partage sur les petits moteurs Diesels n’a plus d’intérêt vu le contexte actuel, et pour les essences, le 1.3 a été développé par Daimler, et on peut imaginer un changement au profit de Geely et Volvo. Pour… Lire la suite >>
Lacomete
Invité

Bon synthèse. Infiniti est plut^t en mauvaise état. La question reste en suspens, ce sont les actions Nissan détenues par Daimler ???? Ou vont-elles aller ??

greg
Invité

Possible que Nissan les garde. Tant que l’action est haute et les profits présents, cela rapporte aussi de bonnes dividendes.

Guallaume
Invité

@ Greg, Lacomete parle des actions Nissan détenues par Daimler, et non de l’inverse.
Tu parles du moteur 1.3 essence, mais il me semble que le 1.5DCI est très largement répandu dans la gamme Mercedes, quand penses tu ?

Thomas
Invité

Les Mercedes vont retrouver leurs vrais moteurs Mercedes CDI 😉

zafira500
Invité

Ou les acheter ailleurs. 😉

SGL
Invité

@ Thomas, Ils seront plus chers …et pas forcément meilleurs.

greg
Invité

Mouais, en tout cas on peut difficilement faire plus anémique que le 1.5 DCI. Il est sobre oui, mais qu’est-ce qu’il est mou…

AXSPORT
Invité

Un 1.6 hdi 100 BVM5 est aussi poussif…….

greg
Invité

Pour avoir eut les deux, je ne trouve pas. 🙂

SGL
Invité

« …après avoir enregistré au quatrième trimestre 2019 une chute – vertigineuse – de 22% de son bénéfice d’exploitation. »
« … Daimler se voit contraint de modifier les composants électroniques défectueux de près de 30.000 véhicules Mercedes»
« … la perte de chiffre d’affaires avoisinerait deux milliards d’euros, impactant potentiellement le résultat opérationnel du premier trimestre de près d’un demi-milliard d’euros. »

Pas de commentaire de @aimelauto ?
Curieux ! 😉 😀

Puzo
Invité
Peut être un coup de pression sur l’Alliance, ou du moins ce qui en reste en ces temps troublés… Autant l’échange de moteur avec Renault est très fructueux, autant les autres projets communs m’ont l’air plus mitigés (en particulier ceux avec Nissan). Rien n’interdit que, même si ce partenariat s’arrête, MB et Renault continuent à partager ponctuellement moteurs voire modèles (Citan, à l’instar de ce que Renault a fait avec Opel puis Fiat pour le Trafic). Arrêter tout échange avec Renault aurait tout de même des conséquences côté MB : probable fin de Smart, et quels moteurs pour les « petites »… Lire la suite >>
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