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Lewis Hamilton battra-t-il les records de Schumacher ?

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Quand le « baron rouge » raccrocha définitivement son casque en 2012, tout le monde s’accordait pour dire que ses records et statistiques tiendraient fort longtemps. Mais les records sont faits pour être battus, n’est-ce pas ? 6 ans plus tard, Lewis Hamilton semble en mesure, à court terme, d’accomplir cet exploit. Passons en revue les statistiques.

Les records déjà en sa possession

(stats avant la Russie)

Poles (79)

Détenteur du record depuis le Grand Prix de Belgique 2017 (ainsi que du nombre de premières lignes), Lewis Hamilton compte désormais 79 poles et devrait encore accroître ce score, la barre des 100 poles étant sans aucun doute envisageable. Certes, dans le cœur des aficionados, l’exercice de la pole semble moins « noble » aujourd’hui qu’à l’époque des séances de qualification avec pneus spéciaux et moteurs poussés à l’extrême, tant et si bien qu’Ayrton Senna, avec ses 65 réalisations en seulement 161 participations, reste et restera encore pour beaucoup le « king » de cet exercice. Cependant, ne boudons pas notre plaisir, Lewis Hamilton est un esthète du genre et ses prestations récentes à Singapour , Budapest et Melbourne rappellent les chronos stratosphériques que « Magic Senna » était capable de sortir pour éteindre la concurrence.

Points (2891)

De tous les records, celui-ci est le moins significatif puisque le barème introduit en 2010 a totalement faussé le classement, la victoire étant passée de 10 à 25 points, la seconde de 6 à 18 et la 3e place de 4 à 15 ! Si on compare le barème actuel à celui du début des années 90 par exemple, nous sommes passés de 160 à 525 points maximum possibles pour un pilote qui raflerait la mise sur toutes les courses. Bref, sur la période 2010-2018, Lewis Hamilton détient ce record, mais inutile de confronter son score aux autres monstres sacrés de la F1.

Les records dans la ligne de mire

Podiums (129 contre 155)

Avec la fiabilité redoutable des F1 modernes et la régularité au sommet d’Hamilton, qui emmagasine au bas mot une quinzaine de podiums par an, ce record semble envisageable pour le courant de la saison 2020, à condition que Mercedes garde le cap en performances.

Tours et Kilomètres en tête

Là aussi, Lewis Hamilton se rapproche à grands pas des statistiques de l’Allemand. Avec 5 à 6 courses de plus par rapport aux années 90-début 2000, les pilotes parcourent 1500 kilomètres supplémentaires en course sur une saison. De quoi manger du kilomètre et faire rapidement gonfler les stats.

Records potentiellement accessibles

Titres

A 33 ans, Hamilton approche d’un potentiel 5ème titre mondial. En considérant qu’il lui reste facilement 4-5 ans de top niveau, le Graal des 7 titres est envisageable. Égaler Schumacher semble à sa portée, mais un 8ème titre est moins plausible. Les périodes de domination ont rarement excédé 5 ans (4 pour RedBull entre 2010 et 2013, déjà 5 ans pour Mercedes, 5 aussi pour Schumacher avec Ferrari entre 2000 et 2004, 4 titres consécutifs pour McLaren entre 88 et 91) et il semblerait incroyable que la hiérarchie ne connaisse aucun bouleversement d’ici 2022-2023, alors même qu’un grand changement règlementaire interviendra en 2021, provoquant en général une redistribution des cartes.

Victoires (69 à 91)

Après les titres mondiaux, le nombre de victoires demeure le référentiel statistique le plus marquant de la F1. Hamilton a déjà accroché les records (certes plus anecdotiques) du plus grand nombre de victoires par grands prix et circuits différents, bien aidé en cela par l’allongement du calendrier et les nombreuses nouvelles destinations de la F1 depuis une dizaine d’années, alors que les calendriers des années 90-début 2000 furent assez stables, avec moins de nouveautés.

Entre 2014 et 2018, sur quasiment 5 saisons complètes, Hamilton est passé de 25 à 69 victoires, triplant presque son score. Au rythme de 8-9 victoires annuelles (voire plus), l’anglais pourrait dès 2020 mettre en danger le record mythique du Kaiser, là aussi à condition que Mercedes ne régresse pas dans la hiérarchie. Si l’anglais venait à continuer après 2020, la barre symbolique des 100 victoires pourrait même être envisagée. Il est certain que l’inflation des courses au calendrier (Schumacher a disputé en majorité des saisons de 16-17 GP, contre 20-21 actuellement) optimise les chances d’Hamilton dans sa chasse aux records.

Records pas évidents à atteindre

Meilleurs tours (40 contre 77)

C’est peut-être le record qui sera le plus difficile à atteindre pour l’anglais, qui totalise à peine plus de la moitié des meilleurs tours de l’allemand. Il faut dire aussi que la configuration des courses a changé. Au temps des ravitaillements en essence, les Gp étaient souvent une succession de sprints entrecoupés de pit-stops, permettant au Kaiser et à ses Ferrari dominatrices de claquer des records du tour. Avec les courses actuelles plus stratégiques et plus axées sur la gestion avec des configurations de gommes assez variées, le vainqueur n’est pas forcément très bien classé dans le classement des meilleurs tours. La preuve à Singapour où le best lap est réalisé par Magnussen, qui n’a terminé pourtant que… 18! Cette relative « faiblesse » de l’anglais dans le meilleur tour pourrait l’empêcher de viser le record des hat-trick (14 contre 22 à Schumacher) et celui du Grand chelem, détenu encore par…Jim Clark !

Source : statsf1.com pour les données statistiques

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12 Commentaires sur "Lewis Hamilton battra-t-il les records de Schumacher ?"

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Invité

A part peut être les titres, je pense qu’ils vont tous tombés sans grande difficulté, la domination de Mercedes entre 2014 et 2016 était digne de la McLaren de 88 et depuis on reste quand même pratiquement sur du 50% de pole/victoire

Ce qui serait intéressant aussi ça serait les %, je sais pas si c’est de vrai record, mais ils sont intéressant

Thibaut Emme
Admin
En pourcentage, Hamilton est passé devant Schumi avec la série chez Mercedes. Parmi les vainqueurs de plusieurs GP, le plus « régulier », c’est Fangio avec 47% de victoires devant Ascari (mais qui a moins de départs en F1). Hamilton est pratiquement à 31% de victoires, derrière Jim Clark (moins de GP aussi), et juste devant Schumi avec 29,64% (merci F1 stats 🙂 ). Si on regarde les « porteurs d’eau », ils sont à 3 ou 4% (genre Barrichello, Massa, Bottas, etc.). Mais le plus amusant, c’est quand on regarde les champions du monde…Keke Rosberg 4,39% de victoires…c’est le pire des champions du… Lire la suite >>
Rowhider
Invité

Si Mercedes continue sur cette lancée, je ne vois pas pourquoi il n’y parviendrait pas: contrairement à Schumacher qui avait une équipe entière à son service et un second pilote avec interdiction de gagner, Hamilton parvient à se battre sans aide extraordinaire de son équipier.
Du point de vue vitesse pure, Hamilton est en plus devant Schumacher. Comme l’expliquait Prost, la vitesse de Schumacher n’a jamais été exceptionnelle, de nombreux pilotes de sa génération étaient plus rapides que lui. Sa grande faculté était sa capacité à fédérer une équipe à son service.

Baptiste Delverde
Membre
Je dois admettre que je ne comprends pas, Hamilton est un génie, un des pilotes les plus rapides de sa génération et il laissera son empreinte dans ce sport. Sur un tour il est assez incroyable (ce tour à singapour…) Mais la comparaison avec Schumacher est absolument faussée. As tu regardé les GP d’Hongrie, d’Allemagne, d’Italie? Sans Bottas, la victoire d’Hamilton resterait très hypothétique. Pourtant personne ne niera son talent. Résumer Schumacher à seulement sa capacité à fédérer est incomplète, sa capacité de metteur au point était incroyable et à façonner la domination de Ferrari. Sur 11 ans chez Ferrari,… Lire la suite >>
Rowhider
Invité
Schumacher n’a jamais été dans une équipe ne favorisant pas les consignes d’équipes: que ce soit chez Benetton ou chez Ferrari, il a toujours été largement favorisé et sans équipier capable de se battre pour la victoire. (Patrese, Brundle, Herbert, Irvine…). Seul Barrichelo avait la vitesse et le talent mais a toujours été muselé, et on peut même se demander s’il se battait à voiture égale. Le pire étant en 1995 quand Herbert gagne à Monza, toute son équipe se barre et personne n’assiste à sa victoire car Schumacher avait perdu: un bel exemple de duel bien sportif au sein… Lire la suite >>
Baptiste Delverde
Membre
Difficile de quantifier la chance, je trouve bizarre de juger le pilote qui a eu tant de records comme étant limite moyen. Les équipiers de Schumacher étaient moins bon que lui, quand tu gagnes 7 titres peu pouvaient être au dessus à son époque. Certes ils étaient peut être choisi volontairement. Comme beaucoup pensent que Bottas est moins fort qu’Hamilton. Un exemple tout bête il s’est mis au service d’Irvine lorsqu’il bataillait pour le titre en 1999. La comparaison des pilotes sur des périodes de temps différentes me semblent hors de propos. Après les records sont faits pour être brisés,… Lire la suite >>
Thibaut Emme
Admin
Il y a une dimension négligée dans l’affection (ou l’admiration) que l’on peut avoir pour un pilote. Depuis des années (Jules Bianchi étant là pour malheureusement le démentir) on ne meurt plus en F1. On n’est d’ailleurs plus trop blessé malgré les grosses boîtes qu’ils se mettent ! Et qu’on le veuille ou non, dans l’inconscient de bcp de fans, cela joue sur la fameuse question de « untel est-il plus grand pilote que l’autre ? ». Par exemple, Lauda…il n’est « que » trois fois champion du monde, n’a « que » 25 victoires, 24 poles en 171 courses. Mais…bordel….quel pilote ! Quelle « science » de… Lire la suite >>
Baptiste Delverde
Membre

C’est bien vrai et il vaut mieux souligner les pilotes incroyables qui ont jalonné l’histoire, plutôt que de les comparer et de les remplacer les uns par les autres. On a des attirances pour des pilotes, mais rien n’empêche de voir la qualité de ceux que l’on apprécie moins.

Rowhider
Invité
Sur les 7 titres de Schumacher tu peux déjà supprimer celui de 1994 obtenu avec une très forte probabilité de tricherie. Tous les experts sont d’accord pour dire que Benetton avait trouvé le moyen de continuer à utiliser les aides au pilotage même s’il ne sont jamais parvenus à le prouver. Même au sein de l’équipe Benetton, la voiture de Schumacher était bâchée en permanence et personne n’avait le droit de l’approcher dixit Jos Verstappen. Par ailleurs, la tricherie de Benetton sur la voiture de Schumacher était largement dénoncée par Senna. Schumacher était un monstrueux racer, assoiffé de victoire, malheureusement… Lire la suite >>
Doeds
Invité
« Leur point commun c’est cette capacité à sublimer leur voiture lorsque cette dernière n’est pas dominatrice. » Pour Hamilton je dirais strictement l’inverse. Hamilton est un pilote qui doit beneficier d’une voiture au top pour etre performant (meme profil que Vettel d’ailleurs). On l’a vu pour les 2, des que la voiture est un ton en dessous, ce n’est plus la meme histoire. Voir par exemple que Button score davantage qu’Hamilton durant leur cohabitation chez McLaren. Meme chose pour la cohabitation Vettel/Ricciardo. Tout l’inverse d’un Alonso par exemple capable d’amener une auto bien plus haut que son niveau reel (demandez donc… Lire la suite >>
Baptiste Delverde
Membre

Je pense que la Ferrari était un chouia au dessus de la Mercedes sur l’ensemble de la saison, quand on voit le nombre de poles signé sur des circuits ou la mercedes semblait un poil en dessous de ces concurrentes est assez impressionant, les victoires aussi.
Button était un pilote complètement sous coté à mon sens, et la cohabitation avec Hamilton montre à quel point il était fort.
Alonso est de la même trempe je suis entièrement d’accord avec toi, ses perfs chez Ferrari en 2010 et 2012 en sont la preuve.

zafira500
Invité

Hamilton à tellement la baraka en ce moment qu’il en serait capable.

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