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La FIA se met au drift avec l’Intercontinental Drifting Cup

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L’enfant terrible du sport automobile est désormais un membre reconnu de la famille : après avoir durant des années détourné le regard de ce type de compétition au succès grandissant, la FIA a décidé de prendre le drift sous son aile très officiellement et annonce l’organisation d’une coupe intercontinentale en septembre à Tokyo.

Comme le veut la désormais bien connue légende, le drift est né de façon tout à fait sauvage au coeur de la nuit dans les années quatre vingt sur les petites routes de montagne et dans les zones industrielles et portuaires japonaises, pour se structurer peu à peu en une discipline codifiée et de plus en plus corporate à l’initiative de quelques grandes figures comme « Dai » Daijiro Inada, le patron de l’empire de presse automobile Sanei Shobo et bien entendu Keiichi Tsuchiya, le « Dorikin », figure tutélaire et roi du drift. Au fur et à mesure que le drift prenait de l’importance au Japon avec la montée en puissance de la série professionnelle D1 GP, la discipline essaimait dans le reste du monde, aux Etats-Unis et en Asie mais aussi en Europe, toujours en dehors des instances officielles gouvernant le sport auto.

Cette croissance incontrôlée ne s’est pas faite sans difficulté puisque des organisations rivales comme Formula Drift, née aux Etats-Unis, et le D1 GP n’ont jamais vraiment réussi à s’entendre ni à s’étendre en dehors de leurs fiefs originaux. Il y a eu quelques tentatives dans les années 2000 de confrontation des meilleurs pilotes internationaux mais aucune série n’a vraiment réussi à prendre l’ascendant et à monter une véritable structure internationale. Par ailleurs, si de l’argent a vite afflué via de gros sponsors tels que les boissons énergisantes et les manufacturiers de pneus (qui n’aiment rien tant que de voir leurs produits partir en fumée en cinq minutes chrono), les constructeurs ne se sont jamais bousculés de façon officielle, à l’exception notable de Ford, dans ces compétitions qui gardent un parfum un peu sulfureux.

Le fait de rentrer dans le giron de la FIA devrait changer tout ça. Avec la respectabilité nouvelle apportée par le sceau du vénérable organisme, les visites de messieurs en blazer et les interviews de Jean Todt, l’image du Drift devrait rapidement évoluer de celle, caricaturale mais pas sans un fond de vérité, de hooligans repeignant les parking en noir de gomme vers une espèce de patinage artistique motorisé. On peut avoir des sentiments partagés face à cette évolution mais le jeu en vaut la chandelle si elle permet au plus grand nombre de découvrir les champions incroyablement talentueux de cette discipline spectaculaire.

L’organisation de la première coupe intercontinentale FIA de Drift est confiée au promoteur historique du D1 GP, Sunpros, et aura lieu à Odaiba à Tokyo en septembre. C’est déjà le lieu d’une manche très populaire de la série qui se déroule au coeur de la capitale japonaise depuis 2004, ce qui devrait garantir une belle affluence. Il semble que cette épreuve marque également le rapprochement de Keiichi Tsuchiya avec le D1 GP, une première depuis le départ du Dorikin et d’Inada pour créer une série concurrente en 2011. Il est trop tôt pour connaître les participants, mais il faut espérer que les grands noms de la discipline aux Etats-Unis et en Europe viendront défier les meilleurs Japonais sur leur terrain.

Source : FIA
Crédit photo : PL Ribault/le blog auto

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3 Commentaires sur "La FIA se met au drift avec l’Intercontinental Drifting Cup"

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labradaauto
Invité
Le drift n’est pas ce qu’il a de plus efficace pour rouler vite, c’est même le contraire. Mais le drift apprend à conduire. Il développe le côté sensoriel de l’adhérence limite, sa rupture, la glisse contrôlée. La discipline est prisée, car spectaculaire. Le public dit qu’il a du spectacle. La compétition classique a provoqué des progrès incroyables des engins engagés. Les classements se font « aux gros coeurs », car les machines passent à fond presque partout sans déraper . Le spectacle de la glisse a disparu, hormis les virages très serrés où les pilotes usent du frein arrière hydraulique pour virer… Lire la suite >>
Thibaut Emme
Admin
En fait on peut voir que les discipline « à la mode » se déroulent sur des circuits courts. Le WRX (rallycross) qui de la version « à la papa » avec des voitures rafistolées est passé dans une dimension très supérieure avec les Supercar de 600cv, 4 roues motrices. On peut aussi parler du Global RallyCross (version US) qui rajoute en plus un saut. Là on a une discipline qui se court aussi sur des circuits courts, sur des épreuves rapides (comme le WRX), ca fait du bruit, les pilotes n’hésitent pas à faire le show, etc. Et tout comme le WRX, les… Lire la suite >>
Xavier
Invité

Quelle belle idée …
D’un coté nous avons la FIA qui pousse la Formule 1 vers des moteurs plus « vertueux » , moins de consommation, récupération d’énergie , bla bla bla et j’en passe. De la même manière développe la Formule E.

Et qui dans le même temps va promouvoir du fumage génocidaire de pneus par millions…. Expliquez moi la logique ?? ( les $$$ , je sais…)

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