Accueil Nissan Renault : Conseil d’Administration de crise suite à l’action de l’Etat

Renault : Conseil d’Administration de crise suite à l’action de l’Etat

130
30
PARTAGER

Carlos Ghosn a convoqué un conseil d’administration extraordinaire cet après-midi en réaction à la décision de l’Etat de monter – temporairement – au capital du groupe Renault pour faire échouer toute tentative de rejet de la loi « Florange ».

L’intitulé de l’ordre du jour dévoilé par Les Echos ce matin était « évolution de la composition de l’actionnariat et les conséquences sur l’alliance ». En clair, le conseil a évoqué la décision de l’Etat de faire respecter la loi Florange et l’attribution de doubles droits de vote. Du coté de l’Etat on se justifie en expliquant « défend[re] les intérêts de l’Etat, c’est-à-dire les intérêts des Français. Certaines entreprises, pour nous ou pour d’autres d’ailleurs, cherchent à supprimer cette capacité de peser dans Renault. L’Etat est présent dans Renault, l’Etat pèsera dans Renault, non pas pour diriger Renault à la place des dirigeants mais pour peser sur le devenir » explique le Ministre de l’Economie Michel Sapin sur la radio France Inter.

Sauf que la convocation de ce conseil de crise montre que du coté des dirigeants de Renault on est bien décidé à faire passer la résolution numéro 12 lors de l’Assemblée Générale. Par cette résolution, la loi Florange des droits de vote doubles sera shuntée et seule prévaudra l’équation actuelle « 1 action = 1 voix ». Selon Renault, en appliquant la loi Florange, et en montant au capital du losange, l’Etat déséquilibre l’Alliance puisque Nissan qui détient 15% de Renault (comme l’Etat) a accepté par convention de ne pas faire jouer ses droits de vote et verrait son rôle diminuer.

Une manoeuvre risquée mais des milliards d’euros potentiels

Si l’Etat s’entête dans sa manoeuvre, Nissan pourrait bien décider de faire jouer ses droits de vote pour contrer l’avancée de l’Etat et comme le dit le communiqué de Renault, « veiller à la pérennité et à l’équilibre de l’Alliance ». Du coté de l’Etat on joue l’apaisement en réaffirmant le soutien plein et entier à Carlos Ghosn. En fait en voulant appliquer la loi Florange chez Renault, l’Etat cherche surtout à faire de l’argent « facile ».

En effet, une fois les doubles droits de vote acquis, l’Etat pourra revendre la moitié de ses actions (donc descendre à 7,5% au final) tout en conservant le même nombre de droits de vote chez Renault. 22,180 millions de titres qui, au cours du jour, représentent un peu plus de 2 milliards d’euros.

Le Conseil d’Administration de Renault demande à Carlos Ghosn de veiller à la pérennité et à l’équilibre de l’Alliance

Un Conseil d’Administration de Renault a été convoqué, le jeudi 16 avril 2015, avec pour ordre du jour l’évolution de la composition de l’actionnariat de Renault et ses conséquences sur l’Alliance.

La pérennité et le succès de l’Alliance sont, depuis son origine en 1999, basés sur un équilibre des participations. Depuis 1999, Renault et Nissan sont des équipiers. La solidité du partenariat entre Renault et Nissan explique les succès de l’Alliance qui ont directement bénéficié aux deux partenaires.

Dans ce but, le Conseil d’Administration réaffirme son soutien à la résolution n°12 qui sera présentée à l’Assemblée Générale du 30 avril 2015, motivée par la situation spécifique des droits de vote au sein de l’Alliance.

Le Conseil d’Administration demande également que l’équilibre entre les deux principaux actionnaires de Renault soit maintenu lors de la prochaine assemblée générale ou restauré après celle-ci.

Source : Renault

Illustration : Renault

Poster un Commentaire

30 Commentaires sur "Renault : Conseil d’Administration de crise suite à l’action de l’Etat"

Notification de
avatar
Trier par:   plus récent | plus ancien | plus de votes
Troll
Invité

Une participation de 15 % a été prise par Nissan (sans droit de vote), tandis que Renault a augmenté sa part jusqu’à 44,3 %

http://group.renault.com/wp-content/uploads/2015/03/20150228_informations_relatives_au_nombre_total_de_droits_de_vote-28-02-15.pdf

Renault : nombres d’actions 295 millions
Renault : nombres de votes exercable 247 millions
Nissan qui appartient à Renault , 50 millions d’actions sans droits de vote.

SAM
Invité
L’Etat français souhaite tout simplement que l’actionnariat de Renault et de Nissan ne soit pas éclater pour ne plus être sujet aux spéculations des fonds de pension et autres investisseurs qui ne demandent que des dividendes. Ce que Goshn arrive incroyablement à faire !! Regardez VW-AG, la Basse Saxe et le clan Porsche garantissent l’emploi en Allemagne mais aussi un développement sur le long terme de cette entreprise. L’Etat reproche tout simplement à Goshn de ne pas consolider son actionnariat …Piëch a réussi là où Goshn se plante. Renault-Nissan est les premiers à demander des aides de l’Etat français en… Lire la suite >>
UBeralles
Invité

Aucun interventionisme de la Base Saxe, ainsi en a décidé la CJUE il y a quelques années. La comparaison s’arrete là tant cela n’a rien à voir avec ce sujet.

SAM
Invité
L’Etat avait entre autres demander à ce qu’une actionnaire de « référence » soit assez tenté pour se lancer dans l’aventure Renault-Nissan… Depuis 1999, à part l’Etat français il n’y a pas de grands actionnaires que ce soit chez Renault mais aussi chez Nissan… Qui restent des valeurs boursières très spéculatives donc très volatiles contrairement à l’action VW-AG devenu une valeur refuge. C’est le principal talon d’Achille de cette alliance. Alors donc, c’est bien, Goshn est le champion de la rentabilité et du versement des dividendes… Mais contrairement à Piëch il est à la ramasse concernant l’actionnariat de ce groupe. Daimler a… Lire la suite >>
SAM
Invité

@UBeralles
Et la « Loi Volkswagen » et son article sur la minorité de blocage? pas du tout interventionniste?

Uberalles
Invité

Non, plus depuis 2007.

cf :
http://lexpansion.lexpress.fr/entreprises/loi-volkswagen-la-justice-europeenne-donne-raison-a-l-allemagne_1374890.html

Encore une fois incomparable avec la situation de l’article puisque cette loi résulte en partie de la pression de l’occupant brittanique à éviter d’une part que VW tombe dans l’escarcelle d’entreprises soviétiques ou au mieux dans les mains d’anciens dirigeant proche du régime de l’entre 2 guerre.

Uberalles
Invité

Le debut de l’article reprend mon lien, donc ca m’apprend rien. Le dernier paragraphe est juste un parti pris de journaliste. Surtout que la reduction de CO² voté en 2014 pénalise plus les constructeurs teutons et avantage les francais:

http://www.atlantico.fr/decryptage/ue-renforce-obligations-reduction-rejets-automobiles-co2-que-va-concretement-changer-pour-constructeurs-jean-pierre-corniou-997541.html

Encore une fois vous vous entetez à comparer des pommes et des poires. On connait tous la finalité de cette comparaison…

GREG
Invité

« Nissan qui appartient à Renault ».
Non, c’est une alliance industrielle, pas une fusion, les deux entreprises restent complètement indépendantes, même si Ghosn dirige les deux.

wizz
Membre

Les Chinois ont 15% de PSA.
Est ce que PSA est toujours indépendant?

Et si les Chinois montent à 44%, qu’en sera t il?

Pépé
Invité

Pour ces gens, l’état n’est là que pour filer la thune. Voir Dassault.

Pas pour en prendre, qui est leur exclusivité.

Louis
Invité
…pourrait réveiller les velléités de Nissan de prendre plus de poids dans l’Alliance et on pourrait bien avoir soit Renault qui baisse sa participation dans Nissan, soit Nissan qui augment la sienne dans Renault et demande à faire jouer ses droits de vote… OUI MAIS Le problème pour Nissan est qu’il ne peut rien décider sans Renault du fait de la place du français dans son actionnariat. Et que Renault ne pourra plus rien décider qui ira à l’encontre des intérêts de l’Etat sans accord de celui-ci si l’Etat augmente sa part au capital et voit, en +, ses droits… Lire la suite >>
Louis
Invité

Si Nissan décide de faire jouer ses droits de vote

Encore une fois, pour que Nissan adopte cette strategie, il faut que Renault soit d’accord et celui qui à le plus de pouvoir chez Renault c’est …. l’Etat (sans parler des petits actionnaires qui le suivent).

XX
Invité
le proprio et patron de Nissan est Renault / Carlos Ghosn. Nissan décide de faire jouer ses droits de vote , c’est exclu dès l’achat de ses actions ( faudrait connaitre la remise sur le cours d’achat à l’époque ? ) il y a quelques années….. Il parait que hier tout le conseil d’administration était d’accord avec Carlos Ghosn , sauf une voie ( ??? Mr Yaourt ,Frank Riboud patron de Danone ?? ou Me Yuriko Koike ancienne ministre japonaise de l’écologie et de la Défense ?? ) du conseil d’administration de Renault. Des quatre administrateurs élus par : le… Lire la suite >>
beniot9888
Invité

Ghosn est le patron de Renault : oui
Ghosn est le proprio de Renault : non

beniot9888
Invité

Je voulais dire de Nissan, bien sur.

XX
Invité

A la louche il manque seulement 2 milliards d’euros d’actions Nissan pour que Renault soit propriétaire de Nissan.
Pour passer le cap des 50 % chez Nissan….
Ce qui est assez facile à faire financièrement, avec l’appui d’investisseurs , mais très très très …et encore plus…….politiquement incorrect en France.

Pour une entreprise de la Germany , ce serait déjà fait , et les trolls applaudiraient, vous avez vu la Puissance de l’Allemagne……

wizz
Membre
A quoi ça servirait de posséder 51% de Nissan? Y aurait il plus à gagner ou plus à perdre à procéder ainsi? Si le but final était de posséder Nissan, alors n’aurait il pas été judicieux de le faire dès le début, à un moment où les actions de Nissan, au bord de la faillite, ne valaient rien? Si Renault possédait Nissan dès le début, est ce que le redressement de Nissan aurait été garanti, aurait été une certitude (c’est à dire les Japonais se seraient mis à bosser à 200%, pour redresser une entreprise dont ils ne sont plus… Lire la suite >>
Invité

parce qu’il y a une ancienne ministre de l’écologie du gvt japonais dans le conseil d’administration ?!? Là j’apprends quelque chose

Orff
Invité

Quand l’État détenait encore 25% de Renault il y a douze ans, personne ne parlait d’équilibre entre Nissan et l’État français.

wpDiscuz