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Lifan : Yin Mingshan s’auto-interviewe !

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Yin Mingshan est le fondateur du groupe Lifan (voitures, mais aussi motos, groupes électrogènes, poids-lourd, climatiseurs, minivans…) Pour le compte du site du constructeur, il se pose quelques questions. Il évoque son « rêve chinois »; un mélange de nationalisme, d’entrepreunariat, de cosmopolitisme et de paternalisme.En 1949, à 12 ans, Yin assiste à la prise de sa ville, Chongqing, par les communistes. Dans les années 50, les grandes villes (Pékin, Shanghai, Canton/Guangzhou…) sont victimes d’une punition collective: on les accuse de s’être « perverties » au contact des occidentaux. A contrario, les villes moyennes, comme Chongqing, ont le vent en poupe. La famille Yin, a priori issue de la classe moyenne, échappe ainsi aux premières purges.
Dans les années 60, Yin se met à son compte. A l’heure de la révolution culturelle, ça ne passe pas et il est condamné à l’exil. Aujourd’hui, le sujet est tabou et il évoque pudiquement un « voyage d’étude à Wuhu ». Wuhu est l’actuel fief de Chery et JAC. Mais lorsque Yin s’y trouve, ce n’est qu’une bourgade misérable. Il en ressort en 1984, à 47 ans. Plutôt que de se plaindre, il préfère dire qu’il a « perdu 23 années ». Sans le goulag, il aurait fondé Lifan 23 ans plus tôt et il aurait ainsi créer des emplois, de la richesse et pu prendre sa retraite à 60 ans!

Au début des années 90, il constate le boum économique: les Chinois achètent de tout! Il fonde Lifan en 1992. L’un des premiers métiers du groupe, c’est la fabrication de 125. Les constructeurs japonais grincent des dents… D’autant plus que les Lifan sont vendues sous la marque Hong Da (NDLA: le « g » est muet!) La copie, c’est une constante, que l’on retrouvera dans l’automobile. Récemment, un journaliste Japonais l’interroge sur les motos et le traite de copieur. Réponse de Yin: « Les brevets ont une durée limités dans le temps. Ceux des Japonais dans l’automobile et la moto sont périmés; nous pouvons les utiliser. Les Chinois ont inventé les baguettes. Les Japonais mangent avec des baguettes. Faut-il que les Japonais payent des droits aux Chinois? Non, car c’est passé dans le domaine public. »

En Chine, chez Lifan ou ailleurs, les usines sont remplies de jeunes travailleurs (ouvriers et cadres), débarqués de la province. Ils viennent là quelques années, le temps d’économiser de l’argent. Yin découvre que les deux tiers de ses employés n’ont pas de quoi acheter un logement à Chongqing. Du coup, il bâti un dortoir de 10 000 chambres individuelles (les autres PDG préfèrent les chambres communes, y casant des ouvriers travaillant à des horaires différents.) Le confort serait « digne d’un 3 étoiles » (dixit l’intéressé.) De quoi résoudre le problème du logement (et accessoirement, fliquer les allers et venus.) Un bâtiment de 4 000 chambres doit bientôt suivre.

Actuellement, Yin ne s’occupe plus de la gestion quotidienne du groupe. Il a tout de même un droit de véto (qu’il utilisa lorsqu’en 2009 BAIC veut racheter Lifan Auto, en faillite.)
Il joue surtout les VRP de luxe. Au printemps, il est au Brésil pour le lancement du SUV X60 (ci-dessous.) Lifan Auto est également présent au Chili. En Argentine, il tente de convaincre le ministère de l’industrie de s’y implanter et c’est un bide: « 50 heures d’avions, un voyage à 50 000 yuans (6 300€), tout ça pour un « non » au bout de 5 minutes. »

Prochain défi: l’électrique. Yin loue la qualité de la R&D japonaise en matière d’électrique. D’autant plus qu’ils fabriquent leurs propres batteries. A contrario, il admet que sa marque est à des années-lumières. Il n’a aucun savoir-faire dans l’électrique et il doit s’appuyer sur une expertise étrangère. De plus, au-delà des discours, la 620 EV est poussive et elle met trop de temps à se recharger.

Dans les années 2000, le PCC décide de s’ouvrir aux PDG chinois. Lifan, c’est 20 usines, 16 000 employés (tous métiers confondus), 120 000 voitures en 2012, vendues dans 70 pays. De quoi passer pour un poids-lourd local. Yin, ex-pariat, est désormais « consultant » pour le comité de Chongqing. Il a même effectué un discours lors d’un congrès national du PCC! Il rêve d’un état chinois davantage ambitieux à l’export, avec des subventions pour les meilleurs élèves. Sachant que Lifan Auto est le 3ème exportateur chinois, on devine de qui Yin parle…

A 75 ans, Yin Mingshan prétend que la passion d’entreprendre le protège des maladies. Il se voit encore longtemps à la barre.
Il a un fils d’un premier mariage, Yin Xi. Comme beaucoup de fils à papa, il n’a pas vraiment d’emploi (même fictif.) Éphémère petit-ami de Paris Hilton, il défraye la chronique avec son goût pour les GT (dernier achat: une Bugatti Veyron.)
Le patriarche s’est remarié et il a eu une fille, Yin Suowei (ci-dessous.) A 26 ans, elle est la dauphine officieuse. Elle gère déjà la division motos, le fond d’investissement de Lifan et la holding qui pilote le groupe!

Source:
Lifan

A lire également:
Shanghai 2013 Live: Lifan

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3 Commentaires sur "Lifan : Yin Mingshan s’auto-interviewe !"

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Carlos Ghost
Invité

Louis Schweitzer s’est fait brider les yeux !

JiFa
Membre

HAHAHHAHA enorme celle là 😉

Invité

La construction automobile Chinoise s’evolue tres vite. J’admire avec beaucoup de passion la progression de Lifan automobile et motorcycle. Par ailleurs je pense qu’il faut ameliorer la tenue de route en modifiant les suspensions arriere comme les arbres de torsions accompagnes d’amortisseurs afin de mieux stabiliser le comportement des voitures sur les routes sinueuses. Ainsi de meme les motos avec des suspensions monocross hydrauliques renforces sous la siege. Une tres bonne suspension assure la securite des utilisateurs et plus avantageuse au niveau de comfort et economie d’energie.

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