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Detroit en faillite

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Dave Bling, maire de Detroit, a un gros problème. Sa ville affiche un déficit de 18,5 milliard de dollars (14 milliard d’euros) de dette. Faute de recettes, « Motor City » est incapable de payer. D’où une mise en faillite de la ville.Les maux de Detroit

Les problèmes de la ville sont connus. Nous avons récemment évoqué la chute de l’ex-« Paris de l’ouest ». L’industrie automobile US a manqué de recul. Son mot d’ordre s’est résumé à : « Les Américains achètent ceci depuis des années, pourquoi ça changerait? » Elle n’a pas « vu » l’attrait soudain de ses clients pour les « compactes », ni pressenti l’invasion japonaise.

L’industrie britannique a connu les mêmes soucis. Néanmoins, les sites de British Leyland et Rootes étaient répartis sur l’ensemble de l’Angleterre. A contrario, les « 3 grands » s’étaient exclusivement implantés dans la région de Detroit. Laquelle avait délaissé les autres industries pour se consacrer exclusivement à l’automobile. Les fermetures d’usines en cascade, dans les années 70-80-90, entrainent la suppression de nombreux emplois indirects. Par un effet domino, c’est tout une région qui se retrouve sinistrée. Aux Etats-Unis, la classe moyenne n’attend pas que les emplois « reviennent ». Elle préfère faire ses valises.

Aujourd’hui, Detroit n’est plus « Motor City »: les premiers employeurs locaux sont les secteurs de la santé, les écoles et les mutuelles. L’automobile n’arrive qu’ensuite.

Même le salon de Detroit n’est plus ce qu’il était. Fini, l’époque où il était LE rendez-vous automobile nord-américain et LA porte d’entrée pour les constructeurs étrangers. Désormais, les « importateurs » préfèrent se rapprocher de leurs clients et à exposer à New York ou Los Angeles.

Dave Bling a des préoccupations plus terre-à-terre: son budget est structurellement déséquilibré. En 1950, la population atteignait 1 849 568. Les usines tournaient à plein régime et les caisses de la ville débordaient. A l’instar des constructeurs, la municipalité pensait que l’expansion continuerait. D’où un programme d’infrastructures, dimensionnées pour une ville bourgeoise de 2 millions d’habitants.

Mais l’arrivé de familles noires (poussés hors des campagnes par la pauvreté et la ségrégation) fit fuir les blancs. Puis, les fermetures d’usines firent donc partir plusieurs milliers d’habitants. Au lieu de progresser, la population s’effondre. L’AFP avance le chiffre de 680 000 âmes aujourd’hui.

Ainsi, Detroit est une ville dimensionnée pour une population 3 fois supérieure à ce qu’elle est ! En prime, seuls sont restés ceux qui sont trop vieux ou trop pauvres pour partir. Ces populations payent peu d’impôts et comme elles touchent des aides, elles aggravent le déficit.

La solution de Bling consiste à « réduire Detroit ». Il tente de revendre certains bâtiments à l’abandon et fait condamner les quartiers les plus déserts. En cas d’incendie, on attend que le feu ait balayé la friche pour intervenir. Tant pis pour les théâtres ou les salles de concert.

Le rebond?

Grâce à la reprise économique US, les « 3 grands » vont mieux. Dan Akerson (PDG de GM) peut se tenir sereinement au milieu de la bourse de New-York. Il y a donc des postes à pourvoir ! La nuance, c’est qu’ils recrutent non pas des ouvriers, mais des cadres. Les chômeurs se retrouvent donc exclu du marché de l’emploi. Les jeunes n’ont pas les moyens de faire des études universitaires et ils ne peuvent pas non plus postuler. La municipalité préfère leur fourguer des formations de secrétaire médicale ou de conseiller en assurance. Quant aux cadres (blancs), pas question d’aller à Detroit: il n’y a que des noirs et des pauvres, en plus!

Les nouveaux sauveurs, ce sont les Chinois. Les équipementiers de rang 2, voir 3, débarquent à Detroit. Ils fabriquent essentiellement des pièces plastiques. S’installer là leur permet de se rapprocher de leurs clients potentiels et en plus, il y a des terrains quasiment gratuits. On y trouve même des usines clef-en-main, avec outillage! Ils sont d’autant plus appréciés que là, par contre, ils cherchent des ouvriers non-qualifiés.

Pour autant, le phénomène est très marginal. On estime le nombre de à une dizaine de milliers. Certains y voient l’avant-garde des constructeurs « purs »; travailler comme fournisseur est un bon moyen pour capter des plans et du savoir-faire. Pour l’instant, seul SAIC possède un bureau à Detroit. A suivre?

Source:
20 minutes/AFP

Crédits photos: Ford (photo 1), Chrysler (photo 2), Nissan (photo 3), GM (photos 4 et 5) et MG (photo 6)

A lire également:
La fin de Detroit?

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13 Commentaires sur "Detroit en faillite"

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leelabradaauto
Invité

ici, on pourrait tirer enseignement d’une politique hostile aux automobilistes
paradocalement , des agences de notation redonnent le triple A aux Etats- Unis , je n’ai pas tout compris

Membre

Dans le même genre « j’ai pas tout compris », voilà maintenant qu’on nous annonce que la mise en faillite de Detroit était illégale :

http://lci.tf1.fr/monde/amerique/une-juge-s-oppose-a-la-mise-en-faillite-de-detroit-8150753.html

Raph
Invité

Pas grave l’OCP va raser le vieux détroit et y construire Delta City….

Comment ca, c’est un film et pas la réalité..??? Pourtant l’état de ruine et d’ultra violence qui y règne prouve bien a quel point Robocop était anticipatif.

greg
Invité

+1. 🙂
D´autant que le remake tout pourri est en cour de tournage 🙁

fod29
Invité

Bling bing………………

pedro
Invité

Les USA ont toujours de l’avance sur la france.
Detroit est la boule de cristal dans laquelle nous devons lire…

Membre

Aller, encore un atteint de déclinisme !

pat d pau
Invité

US obligé de faire ami/ami avec les chinois 😉

« Notre devise est votre problème »

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