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F1: la filière Red Bull en panne?

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Mark Webber pilotera pour Red Bull en 2013. Pour la boisson énergisante, c’est « la moins pire des solutions ». Il y a quelques années, elle débordait d’espoirs prêts à piloter une F1 (Neel Jani, Christian Klien, Vitantonio Liuzzi, Scott Speed…) Aujourd’hui, paradoxalement, le réservoir de talents est presque vide.

Sebastian Vettel, le lauréat

Retour à l’hiver 2004-2005. Viré par McLaren, David Coulthard est à pied. Red Bull vient de racheter Jaguar Racing. Elle possède pléthore de talents, mais ils sont jugés un peu « verts ». Coulthard est recruté pour former un pilote capable de le remplacer à terme.

Après pas mal de retard à l’allumage, un pilote émerge enfin en 2008: Sebastian Vettel.

Il remplace donc Coulthard en 2009, chez Red Bull.

La suite, on la connait…

La difficile succession de Mark Webber

L’étape suivante, c’est le remplacement de l’autre pilote RBR, Mark Webber.

L’Australien arrive en 2007. Il a 31 ans et comme Coulthard, il est persuadé d’être en fin de carrière. Il estime alors qu’il raccrochera le casque fin 2009.

Pour désigner son « nouveau Vettel », Red Bull se sert de Toro Rosso comme d’un « volant ».

Sébastien Buemi possède une grosse cote. A 20 ans, sa carrière est météorique: vice-champion de Formule BMW, vice-champion de F3 Euro Series et vice-champion de GP2 Asia. C’est le chouchou de Dieter Mateschitz.

Un SMS à Sébastien Bourdais plus tard, il est rejoint par Jaime Alguersuari. Moins connu du grand public, il est champion de British F3 et domine la FR 3.5 lorsqu’il est « appelé ».
A 18 ans, il devient le plus jeune pilote de F1 (battant le -controversé- record de précocité de Mike Thackwell.)

Les résultats ne sont pas là. Ils n’ont pas la carrure pour jouer les premiers rôles et sont licenciés fin 2011.

Les espoirs se portent désormais sur Daniel Ricciardo et Jean-Eric Vergne.

Comme d’habitude chez Red Bull, ils possèdent un palmarès impeccables. De plus, ils ont multipliés les kilomètres en F1 (essais privés, démonstrations…) avant leurs titularisations.

Ainsi, l’Australien est champion de British F3 et vice-champion de FR3.5.
Quant au Français, il a tout simplement succédé au palmarès de son équipier dans les deux disciplines!

Aujourd’hui, le bilan est mitigé.

Avec trois 8e places, Vergne pointe juste devant son équipier, au 17e rang du championnat.

A moins d’un sursaut en fin de saison, la nouvelle paire devrait être moins bien classée que l’ancienne.

La génération d’après

Mateschitz n’a jamais fait de sentiment. Si un pilote ne lui donne pas satisfaction, il le remplace. De Norberto Fontana à Lewis Williamson, ils sont nombreux à pouvoir témoigner de son tempérament très « on/off ».

Le souci actuel, c’est que Red Bull a beaucoup élagué sa filière. D’où un nombre plus limité de talents sous le coude.

Carlos Sainz Jr est, début 2012, le grand chouchou. Dominateur en FR 2.0 et en Formule BMW, il connait un début de saison tonitruant en British F3.
En prime, c’est le fils du très médiatique Carlos Sainz. Un rêve pour le marketing.

Hélas, ensuite, l’Espagnol déçoit. Trop brouillon, il laisse filer le titre en British F3.

Egalement pilote d’Euro F3 (Red Bull aime les double-programmes), il tente d’y sauver sa saison.

Lorsque Lewis Williamson est viré, la boisson énergisante va chercher un « étranger »: Antonio Felix da Costa. Le Portugais effectue une belle fin de saison en GP3 et en FR3.5.

En guise de récompense, il pilotera la F3 de Sainz au Grand Prix de Macao (un désaveu supplémentaire pour l’Espagnol.)

A 21 ans, Felix da Costa fait presque figure de « vieux » (au regard des critères de Red Bull.) Sera-t-il vraiment intégré à la filière? Ou bien n’y fera-t-il qu’un passage (comme Patrick Friesacher, Sébastien Bourdais ou Robert Doornbos)?

Reste enfin Daniil Kvyat. Le Russe se bat aujourd’hui pour le titre en FR2.0.

Il lui manque au moins une, voir deux saisons, avant de pouvoir aller en F1. Quant à évoquer un remplacement de Webber…

Au final, Mark Webber apparait comme un éternel choix par défaut. Remotivé par ses premières victoires, en 2009, il repousse sa retraite.

Néanmoins, à 36 ans, l’Australien ne pourra pas poursuivre éternellement. En terme de résultat, on voit bien qu’il est un cran derrière son équipier.
Il est rapide (on ne remporte pas 9 victoires par hasard), mais il lui manque ce petit « plus ».

Si Christian Horner l’aime bien, Mateschitz lui reproche de n’être pas un « vrai » Red Bull. On se souvient qu’en 2011, l’équipe est quasiment coupée à mi-saison entre les « pro-Vettel » et les « pro-Webber ».
Mateschitz n’a pas tout à fait tort. Au fil de sa carrière, Webber a fait preuve de pragmatisme, voir d’opportunisme. On l’a vu successivement en « meilleur ami pour la vie » avec Norbert Haug, Flavio Briatore, Paul Stoddart, Frank Williams et aujourd’hui, Christian Horner. Autant dire que si demain, il y a une réelle opportunité chez Ferrari…

Demain, qui remplacera Webber? Horner fera-t-il « monter » bon gré, mal gré, un pilote de la filière ou bien vont-ils devoir recruter à l’extérieur? Ce serait alors un sacré désaveux.

Crédits photos: Red Bull (sauf photo 10 -British F3- et photo 11 -Renault Sport-)

A lire également:
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10 Commentaires sur "F1: la filière Red Bull en panne?"

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Fabien
Invité

Article très complet ! Merci !

Vergne et Ricciardo seront surement moins bien classés que leurs prédécesseurs mais le fait est que la Torro Rosso régresse comparativement à la concurrence. En particullier Williams est reparti de l’avant. Maintenant c’est vrai que aucun des deux ne fait d’éclat mais il faut pas non plus en demander trop tout de suite : tout le monde n’a pas le début de carrière de Hamilton ou Vettel : en particulier Button ou Weber ont mis du temps a gagner !

pro-pulsion
Invité

Et des gars comme sutil, hulkenberg, ??

Verth.
Invité

Pas grave, ils ont des parachutistes pour vendre leur boisson gazeuse dégueulasse !

hgsbnt
Invité

Red Bull Racing consomme ses pilotes comme on boit leur boisson … pas très sérieux non plus de voir tous ces pilotes ne pas convenir alors que tant d’espoirs sont placés en eux. Tout doit arriver trop vite, trop tôt. Combien de temps cela va t-il durer?

S. Buemi reste tout de même le 3e pilote de RBR … une succession en devenir quand Weber ne sera plus? J’ai tout de même des doutes.

mcdoaln
Invité
Je pense que Toro Rosso a regressé à cause du départ de Buemi le metteur au point puis du directeur technique Ascanelli. Ricciardo et Vergne font de leur mieux mais c’est difficile pour deux presque débutants sans grande expérience de la mise au point. Il eut été plus intelligent de garder Alguersari ou Buemi et de recruter d’abord Ricciardo en 2012 puis Vergne en 2013 après un an de « formation » chez HRT. Je ne crois pas non plus que Buemi aura accès à la Red Bull de Webber ou de Vettel si un des deux pilotes part à la fin… Lire la suite >>
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