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Diesel de course

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A les écouter, Audi et Peugeot auraient été les premiers à s’aligner dans une compétition avec un moteur diesel. C’est faux et pour vous le prouver, voici une sélection (non-exhaustive) de « wacky racers » comme disent les Anglais.

Auburn à moteur Cummins, 1934

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Allemand né à Paris, Rudolf Diesel a déposé le brevet du moteur qui portera son nom en 1892. Mais les premiers diesel sont trop gros pour tenir sous le capot d’une voiture. Vers 1934, André Citroën fera monter un diesel sur un châssis de Rosalie. Mais il ne la carrossa pas et il abandonnera le projet (trop de ressources à consacrer à la Traction?)

La première voiture de tourisme équipée d’un diesel (en l’occurrence un Cummins) fut une très bourgeoise Auburn. Etait-ce une tentative pour relancer une marque durement touchée par la crise de 1929?

Elle n’a jamais couru, mais en temps qu’évènement important dans l’histoire du diesel, elle méritait sa place.

Delettrez, 1949

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Plus d’un demi-siècle avant Audi, les frères Delletrez partirent à l’assaut des 24 heures du Mans. Leur voiture est un curieux mélange: châssis Unic d’avant-guerre, moteur de GMC et carrosserie de Delage V12. Ils débutent en 1949. Au 123e tour, Jacques Delletrez se retrouve avec un réservoir vide. Il termine la boucle au démarreur, rentre au stand, mais la batterie est morte. En 1950, un mécanicien eu la mauvaise idée d’actionner le démarreur alors que le moteur tournait. Le démarreur explose, Jean Delettrez coupe le contact pour éviter l’incendie et sans démarreur… Dernière tentative en 1951 et cette fois, c’est la distribution qui met fin à leurs espoirs.

MAP, 1950

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La Manufacture d’Armes de Paris fabriquait des tracteurs à moteur diesel. En 1949, pour assurer sa promotion, elle créa un engin de record à moteur diesel, basé sur un châssis de Delahaye 4,5l. 15 records tombèrent.

Etape suivante: les 24 heures du Mans 1950 (donc en parallèle de Delletrez) avec un châssis de Delage V12 à moteur diesel en position centrale. Au volant, Pierre Veyron (vainqueur 1939) et Fernand Lacour servirent de chicane mobile. Après 6 heures, pompe à injection cassée, la MAP renonça et le constructeur ne produisit plus d’engins de compétitions.
Kurtis/Cummins, 1953

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Une monoplace diesel? En 1931, alors que les ingénieurs commencent à peine à tester des voitures à moteur diesel, Cummins tente sa chance à Indianapolis. Dave Evans fera les 500 miles avec un seul plein et il termina 13e avec sa Duesenberg/Cummins. Le fabricant de moteur de poids-lourd revint en 1934 (12e) et en 1950 (29e.)

Pour 1952, plus question de faire de la figuration. Fred Agabashian s’offre même la pole à Indy. Mais les Firestone supportait mal le couple du 8 cylindres à compresseur. Fait rarissime à l’époque: Agabashian a du utiliser deux trains de pneus différents au cours des séances de qualification! En course, après 43 tours, il est sur les jantes et doit chausser de nouvelles gommes. Puis, au 71e tour (sur 200), il est trahis par son compresseur. Agabashian rentre définitivement aux stands. Cummins ne reviendra plus.

Mercedes C111/3, 1978

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Avec la crise du pétrole de 1973, le diesel apparait comme une solution providentielle. Surfant sur la vague, Mercedes équipe une C111 (jusqu’ici équipée d’un trirotor Wankel) d’un 5 cylindres turbo-diesel. Alors que la plupart des diesel de record cherchait à consommer le moins, la C111 voulait aller le plus vite possible. Bilan: 16 records.

En 1978, Mercedes récidive avec la C111/3. Elle atteignait 325km/h en pointe. Elle a tourné 12h à 314km/h de moyenne, avant qu’un hérisson ne décide de traverser la piste. Le bouclier avant ne résista pas. Mais elle a eu le temps de glaner 9 records.

Volkswagen Golf TDI Ecotech, 1995

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Dés le milieu des années 90, Volkswagen tente d’imposer le diesel en compétition. Le groupe tente de convaincre la FIA de créer une équivalence 2l turbo-diesel/2l atmo essence dans la catégorie kit-car, afin d’y aligner une Golf TDI. Sans succès. Par contre, en 1995, pour les 24 heures de Spa, l’organisateur créera une catégorie sur mesure pour l’importateur Belge: la Challenge Ecotech.

Les performances sont modestes. On voit ici la Golf TDI d’Hemroulle-Baumschler-Aberdein, premier de leur catégorie en 1996 et seulement 22e au général, à 76 tours des vainqueurs.

Martini/Renault Diester et ETBE, 1997

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En 1997, Geoscan Concept s’associe avec Fior Concept (créateur de la Formule Campus avec Renault et Martini) pour créer les Campus Diester et ETBE. Mues par un diesel de Megane, ces monoplaces fonctionnent au diester de colza ou au bio-éthanol. Il s’agit de créer une coupe monoplace pour gentlemen-drivers. On voit ici Jean-Philippe Dayraut s’envoler vers la victoire, en 1999, l’année de son éclosion.

En 2004, Geoscan Concept s’associa avec Peugeot et la Campus Diester devint la RC Cup.

BMW 320d, 1998

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En 1996, BMW s’aligne aux 24 heures du Nürburgring avec une 320d. En fait, il s’agit d’une série 3 de supertourisme avec un moteur de 320d. Hans-Joachim Stuck, Christian Menzel, Marc Duez et Andreas Bovensiepen se partagent le volant et l’emportent. La 320d n’est pas la plus rapide, mais elle tient 4 heures sans faire de plein. C’est la première grande victoire d’un diesel en course.

Lola/Caterpillar B2K, 2002

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Peu d’infos sur cette Lola/Caterpillar. Son moteur serait un V10 TDI de Touareg rebadgé. Elle fut engagée par les privées Anglais de Taurus Sport Racing. Avait-elle ce moteur diesel, en 2002, lors de ses débuts en ELMS? En tout cas, en 2004, elle se qualifia au 24 heures du Mans. Une première pour un diesel depuis la Delettrez, en 1951. Elle revint en 2005, avec à chaque fois la même punition: la transmission ne résistait pas au couple du V10.

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