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Mazda MX5 Ice Race: LBA fait la course

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Après une bonne nuit de sommeil bien méritée, c’est à nouveau sous un soleil radieux que nous approchons du circuit de Are avec cette fois une température de -24°C. Si la température extérieure est glaciale, le spectacle de ce lac gelé aux reflets irisés en bord de montagne est toujours aussi beau et l’ambiance au sein des équipes toujours aussi chaleureuse. Notre « team » commence la journée par une réunion stratégique autour d’un café avant le briefing des pilotes. Le mot d’ordre est simple, n’étant pas les plus rapides, il nous faudra gérer cette course d’endurance en assurant sur une piste particulièrement piègeuse pour espérer un résultat, d’autant qu’il n’y aura cette fois aucun ravitaillement entre les relais.

Départ de la course

10.00: les équipes se retrouvent dans les stands pour se préparer au départ. Romain Bernard attaque notre premier relais et a pour mission de faire ce qu’il peut dans la nuée de neige que va dégager ce départ.

Les 20 MX5 s’élancent pour un tour derrière le pace car et c’est le départ dans un brouillard de particules glacées qui laisse à peine distinguer les feux arrières en perdition cherchant vainement un peu de motricité.

Les premiers freinages se font quasiment en aveugle mais ne font étrangement que peu de victimes. Romain tire son épingle du jeu et gagne une première place ce qui est de bonne augure. La piste est lourde et ses abords freinent fortement les pneus, il faut donc rester sur la trajectoire ce qui n’est pas aisé tant l’adhérence est précaire. Romain tourne en 5.02 dans le trafic mais se dégage un peu et nous sert un 4.53 avant de ramener la voiture au bercail en 11e position.

Pierre Lardenois reprend le volant et c’est la valse des retours au stand qui commence. Les premiers sont de véritables avions qui tournent en 1.48, expérience de la glace oblige tant au niveau pilotage qu’au niveau des réglages en détente et compression. Notre voiture a une fâcheuse tendance à sauter et à peu motricer à l’accélération mais nous n’avons pas touché le setup de base, à tort certainement. Pierre enchaine ses 4 tours lancés de 5km chacun à un rythme très régulier et continue notre remontée si bien entamée par Romain et améliorera même son temps de qualif avec un 5.04″ en course pour ramener la voiture aux stands en 7e position ce qui est déjà inespéré si tôt dans la course.

Le stress du relais

La vie est belle mais le stress commence à se faire sentir à l’approche de mon relais. Il est de temps d’enlever mes deux couches de doudoune, chapka, gants et couvre bottines pour me préparer et c’est le retour de Pierre.
Je saute dans le baquet, Pierre m’arnache, le mécano me fait signe que la voie est libre dans les stands, je déconnecte l’ESP sans quoi la voiture refuse d’avancer et j’entame les interminables 300m des stands à 30km/h, devant un commissaire de piste brandissant son radar comme un Smith & Wesson. Pied dedans et c’est parti pour 25km de patinoire.

La piste est effectivement piègeuse et j’ai du mal garder la voiture droite en ligne droite avant le premier droite qui se passe sur des œufs suivi d’un gauche rapide et d’un gros freinage en bout de ligne droite. Ce premier écueil franchi, je rentre dans la partie lente du circuit et commence à prendre mes marques. Ce premier run ne sera pas de tout repos. Je me retrouve à la fin du premier tour derrière un nuage de neige propulsé par mon prédécesseur qui me fait conduire quasiment en aveugle lorsque surgit du brouillard la voiture italienne en perdition totale. Mon prédécesseur qui a la vue claire change sa trajectoire au dernier moment et je manque de percuter notre ami transalpin de plein fouet. Je fais un écart de fortune qui me vaudra de faire du free style sur 100m pour retrouver le chemin de la droite ligne… Ouf c’est passé mais c’était chaud. Je remonte progressivement sur l’autre concurrent qui est apparemment moins rapide mais c’est un vrai défi de passer qui que ce soit dans les parties lentes de la piste.

Le dernier quart du circuit est mon préféré et je me prépare à passer à l’assaut. Quatre enfilades rapides suivies d’une longue courbe à gauche qui se passe en drift… Rien à faire, j’ai beau avoir mon museau au niveau de son aile arrière gauche, il tient bien le cap et nous arrivons vite au niveau de la ligne d’arrivée ou se tient en bord de piste le reste de l’équipe, c’est le moment idéal de briller. Je plonge à l’intérieur en mettant ma roue avant gauche dans la neige, nous passons carrosserie contre carrosserie avec un lèger bruit de tôle mais ça passe et je ressors devant pour m’attaquer au pilote Portuguais. Ce dernier n’est pas une mince affaire et nous nous suivons pendant deux tours sans jamais se lâcher et en tournant en 1.57″ tout en passant deux concurrents dans la foulée. Le bougre est coriace et fait l’accordéon avec moi sans jamais que je ne puisse l’approcher à moins de 10m jusqu’au droite de la partie sinueuse ou la trajectoire extérieure est enneigée. Un freinage un peu tardif le fait sous-virer légèrement, il perd la corde et s’enfonce irrémédiablement dans 50cm de neige me laissant la voie libre pour terminer mon run.

Je rentre au stand soulagé pour passer le volant à Grégory Galiffi, mission accomplie, nous sommes désormais 4ème!

Greg repart et je vais m’installer en bord de piste pour suivre sa course. C’est sa première course et il a pour mission d’assurer, d’ailleurs il n’a pas le choix, les caméras de son équipe de Direct8 sont braquées sur lui! Greg se retrouve dans le trafic mais garde le cap avec des tours en 5.24″ et fera également un sans faute pour ramener la voiture aux stands et conserver notre 4e place au classement à la fin de cette première manche. Le dernier run est pour Eric Bellegarde, c’est un run tronqué puisqu’il ne reste plus que 3 tours avant le drapeau à damier.

Le tournant de la course

Eric part le couteau entre les dents pour confirmer ce bon résultat. Son premier tour lancé est superbe. Nous serrons tous les fesses en le voyant arriver dans le dernier droite à 90° à vitesse grand V mais ça passe, c’est beau et le chrono est formel 4.50.727…

Je fais signe à Eric de calmer le jeu connaissant son penchant pour l’attaque mais il est concentré pour attaquer son dernier tour. Les premières voitures passent le damier, nous sommes toujours 4e et attendons le retour d’Eric pour aller fêter ça au tour d’un bon plat de Rennes mais le chrono commence à tourner au delà du raisonnable. Ne voyant pas Eric Revenir à 5 minutes, je commence à m’inquiéter, il a peut être été ralenti par un retardataire, à 5.30 ça sent la sortie légère dans la neige… Eric ne reviendra qu’au bout de 16 minutes victime de ce même droit qui avait perdu le concurrent Portuguais lors de mon run. Un freinage un peu tardif, un train avant qui n’accroche pas et c’est la dérive vers la partie neigeuse de la piste ou le train avant sombre irrémédiablement. La frustration et le désespoir que l’on peut éprouver à un instant pareil me rappellent ma panne d’essence en Italie à 1/2 tour de l’arrivée après 4h de course.

La voiture est plantée sur place , avant endommagé, les roues tournant dans le vide et le plateau entier nous passe devant pour nous relèguer à la 11e place. Comme disent les anglais, « to finish first, you first have to finish », l’ambiance est sombre au sein du team et le Rennes a un goût de semelle de Sparco. Mais c’est le sport auto, ou se mêlent les grandes joies et les grosses déceptions et puis pas le temps de se lamenter, la deuxieme manche commence à 14h.

2eme manche

Celle-ci est en fait une extension de la première, les positions sont celles enregistrées à l’issue de la première manche et les écarts sont comptabilisés. Il sera donc plus dur de remonter la pente, certaines équipes ayant jusqu’à deux tours d’avance. Romain reprend le départ en 11e position et assure un run irréprochable en tournant comme un métronome entre 4.57″ et 4.53.8″ suivi de Francois, heureux vainqueur du jeu concours M6 dont c’est la première course. François a néanmoins l’expérience des sports mécaniques puisqu’il court en buggy et est donc familier avec les luttes carrosserie contre carrosserie. Il prend son relais en 10e position suite à la place gagnée par Romain et enchaine ses 5 tours entre 5.15″ et 5.20″ ce qui nous permet de conserver notre 10e place.

J’attaque mon second run beaucoup plus décontracté et avec la ferme intention de profiter à fond de ce magnifique jouet mais la piste est salement dégradée. Des ornières se sont creusées et la voitures saute comme un cabri, par contre le passage incessant des autos a dégagé la neige en suspens et la visibilité s’est nettement améliorée. La pression étant retombée, je m’amuse enfin pleinement et commence à me repèrer dans le dédale de ces 41 virages pour enchainer un tour propre et signer mon meilleur temps en 1.54.9 ce qui termine bien ma journée. Retour au stand en 8e position, Greg reprend le volant et tourne en 5.30″ jusqu’à la rencontre fatidique vec une de ces énormes bottes de pailles d’une tonne que les organisateurs ont pris soin d’emmailloter à certains points de corde sur la piste. La voiture se plante dedans et rebondit sur la piste. La moustache en a pris un coup mais le retard pris n’est pas trop dommageable puisque Greg signe quand même un temps en 6.44″.

Nous sommes selon les relais entre 8e et 9e mais très rapidement stabilisés à la 8e place lorsque Eric prend le volant pour ce dernier run.

La lutte pour la 7e position

Plus que 3 tours avant l’arrivée et une certaine dose de stress rémanente de sa mauvaise expérience du matin. Je monte voir les écrans de contrôle pour vérifier notre position. Romain est sur place jumelles en main. Les allemands sont à nos trousses mais les espagnols, 7e, sont jouables à condition qu’Eric sorte à temps des stands. D’un oeil nous voyons l’Espagnol arriver dans l’avant dernier virage au niveau des stands, de l’autre Eric reculer pour amorcer la sortie des stands… Cela va se jouer à quelques centièmes de seconde et aucun des belligérants n’est au courant de la situation. Romain et moi serrons les fesses, Eric démarre aux 30km/h de rigueur, l’espagnol attaque le virage en glisse suivi de l’allemand, accélère trop tôt et part en tête à queue! Nous sommes 7e pendant 20 secondes sauf que l’allemand nous passe alors qu’Eric est encore en sortie de stands. L’avance est faible, une ou deux secondes les séparent et il faudra un tour seulement pour que nous reprenions notre dû.

L’arrivée

La course s’achève avec l’arrivée des Russes qui n’ont jamais pu être inquiétés que par les Australiens suivis des Belges. Eric ramène la voiture en 7e position et c’est plutôt un beau résultat même si nous avons pu rêver à mi-course à un podium. Une belle histoire s’achève dans les effluves de champagne et sur un fond de « We are the Champions ». Encore une fois Mazda a organisé un évènement remarquable en tous points, à tel point qu’un vrai vague à l’âme me prend à l’idée de quitter la Suède, notre équipe et cette inoubliable MX5 Ice Race. La course d’Adria était déjà un évènement unique en soi, virtuellement impossible à répliquer et pourtant ce deuxième évènement était tout aussi parfait pour ne pas dire mieux. Les vrais champions n’étaient, de toute évidence, pas tous sur la piste.
Un grand merci à toute l’équipe Mazda, à Manuel Bortone notre Team Manager (que l’on soupçonne d’avoir eu la présence d’esprit de faire éliminer les ravitaillements d’essence) à Christophe Hunsicker (ACE TEAM) pour ses magnifiques photos et sa résistance au froid et plus particulièrement à la MX5 pour nous avoir fait vivre ces glisses inoubliables.

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4 Commentaires sur "Mazda MX5 Ice Race: LBA fait la course"

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tetra
Invité

très sympa à lire, bon résultat malgré la sortie.
on dit jamais 2 sans 3 alors après l’essence et la sortie que va-t-il vous arriver ?
je vous souhaite plutôt « la 3ème c’est la bonne »

r.burns
Invité

Merci pour ce reportage au coeur des débats

Puisse cette sympathique expérience inspirer d’autres marques !

tony
Invité

Bonjour, suite à l’emission de Turbo et à cet article très sympa de course sur glace en Mx5, j’aurais aimé connaitre le type de prepa effectués sur cette auto (chassis, echappement etc …) Etant ex possesseur de Mx 5 first gen, qui bénéficie d’un catalogue de pièces assez important (à l’etranger), je serais curieux de savoir sur la derniere ce que l’on peux modifier pour le circuit . (et si les pieces sont dispo en france)

Derniere question est ce que Mazdaspeed se decideras un jour commercialiser sur la france ? ..

Merci et bon courage pour la suite …

Tony

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