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Mazda MX5 Open Race 2010: enfin la course!

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« Be there or be square » diraient nos amis britanniques… La Mazda MX5 Open Race 2010 était vraiment l’évènement à ne pas manquer cette année pour tout journaliste fan de sport automobile et de petit roadster musclé préparé pour la piste.

Le jour J est enfin là et nos 150 concurrents regroupés en 30 teams nationaux sont affutés comme des lames de rasoir pour en découdre sur la piste, le tout immortalisé par quelques 25 équipes de TV dont M6 Turbo et photographes jonchant le bord de piste.
Seul bémol à cet évènement sans pareil, la météo nous aura privé jusqu’au bout du plaisir de chausser les slicks et c’est sur une piste glaciale que je me faufile en premier dans le baquet pour tester nos derniers réglages lors du warmup. La piste a commencé à sécher, nous décidons donc de reconnecter la barre anti-roulis à l’avant et de ne pas toucher aux autres réglages de la veille. Le temps reste très incertain et il nous semble préférable de conserver un set-up intermédiaire en cas d’averse lors de nos 4h de course.

10h30: Quelques tours suffiront pour constater que la voiture est bien équilibrée, a moins tendance au survirage en sortie de courbe et parvient à mieux passer la puissance que la veille, impressions confirmées par Eric Bellegarde qui prend le relais dans la seconde partie du warmup.

13h: Margot Laffite est en pré-grille, arnachée et prête à bondir pour notre premier relais d’une heure. La pluie est bien évidemment de retour pour un départ sous pace-car alors que le reste de l’équipe de France se positionne sur un talus au freinage du premier virage. Deux tours plus tard, le pace-car éteint enfin les feux et bifurque vers les stands et c’est parti pour 4h de course!

Le pole-man de l’équipe allemande se fait prendre au freinage par le pilote Belge alors que Margot s’est fait anormalement piquer une place sous pace-car par la Suissesse qui sévit en championnat GT. Les premier tours se passent sans incident si ce n’est que nous rétrogradons de 3 places alors que notre pilote se fait tasser dans le trafic. Sa réaction ne sera pas longue à venir, Margot commence à aligner les temps sous la pluie en 1.47″ dans le plus pur style familial et se retrouve rapidement de la 18e à la 14e place.

La première heure se passe sans accroc pour nous, notre amie Suisse n’écope finalement pas d’une pénalité pour son dépassement sous pace-car mais finit dans le gravier à la sortie du pif paf alors que pas mal de voitures nous tiennent en haleine avec de belles attaques et parfois des figures de style dignes de « Holiday on Ice ».

14h: Romain Vayron, heureux gagnant du concours M6 Turbo et kartman à ses heures de loisirs est sur les starting blocks pour le second relais. Margot rentre au stand pour le premier ravitaillement de 20l et nous repartons 5mn plus tard au fond du classement. Romain dont c’est la première course auto a pour mission d’assurer et de  ramener la voiture intacte ce qu’il fera avec brio enchainant les tours en 1.53″ et remontant progressivement au classement jusqu’à la 11e position pendant que la valse des ravitaillements a lieu. Le reste de l’équipe est dans les stands, en grande conversation avec Stéphane Lémeret de l’équipe Belge (FIA GT) qui nous donne quelques conseils sur les trajectoires et les zones de freinage ahurissantes de l’équipe de tête (Jeffrey van Hooydonk, excusez du peu,  au volant)…

Freiner en bout de ligne droite à 60m nous parait impossible mais Stéphane nous assure que debout sur les freins, ABS enclenché, la voiture glissera jusqu’au point de corde ou elle reprendra le grip nécessaire… « Freine là et oublies ce que te dis ton cerveau, ça va passer! » Hmmm, j’aurais bien aimé tester cette technique avant la course mais une chose est sure, ses conseils de professionnel ne peuvent être que précieux.

14h40: Romain est de retour aux stands et laisse sa place à Pierre Lardenois. Pierre s’est fixé 3 objectifs:
Ramener la voiture en une pièce, tourner en 1.50 et freiner à ce fameux panneau ‘trop tard’ comme suggéré par Stéphane Lémeret. Aussi chaud qu’une patate sortie du four, Pierre enchaine les tours avec une régularité de métronome et profite d’une piste désormais sèche (mais toujours piègeuse) pour accomplir illico presto deux de ses objectifs, freiner à la limite et tourner régulièrement en 1.50.

Pierre qui était reparti en 20e position suite à un ravitaillement de 7mn accomplit son dernier objectif et ramène la voiture intacte au stand en 11e position.

La course commence a bien prendre son rythme. Les leaders passent de la Belgique à la Hongrie avec le Portugal toujours à l’affut dans le top 3. Eric Bellegarde dont l’anxiété pre-course n’a d’égal que son sens de la compétition prend le relais le couteau entre les dents et aligne un 1.47″ dès son premier tour. Un peu emporté par sa fougue, Eric partira à la faute dans le virage 3 au second tour et perdra 10 secondes. Qu’à cela ne tienne, il se met alors en mode ‘Tunnel Vision » pour enchainer des tours de qualifs jusqu’à décrocher un 1.44.00 et gagner une position tous les 3 tours au grand bonheur de notre team qui commence a espérer une place dans le top 6.

La pression commence à se faire nettement sentir de mon côté. Mon relais approche à grand pas et la lourde tâche de finir le beau boulot de mes coéquipiers commence à peser. Manuel Bortone notre team manager me fait signe de me préparer alors qu’il pannaute Eric d’un « 3 Laps » avant ravitaillement.

Une fois casqué, j’ai droit à un petit footing  le long des stands pour rejoindre le ravitailleur accompagné d’Olivier, le journaliste cadreur de M6 Turbo, qui recueille mes impressions caméra au poing histoire de me mettre un peu plus la pression, et c’est l’attente de quelques minutes avant le moment fatidique.  Eric fera un sans faute jusqu’à la fin de son run et me ramène la voiture en 7e position. Une quinzaine de litres dans le réservoir plus tard, Eric m’arnache et c’est parti pour 50 minutes de course.

La voiture, qui a pas mal travaillé depuis 3 h est toujours aussi saine. Mon premier tour en 1.47 est de bonne augure et je commence à enchainer les tours en 1.45 en fonction du trafic et des diverses bagarres qui me sont présentées.

Une voiture aux couleurs de la Norvège est à mes trousses depuis deux tours, au point que je distingue clairement le regard de mon agresseur dans les rétros. Je m’accroche en attaquant au maximum tout en essayant de rester le plus propre possible et nous tournons en 1.44.4 au coeur de la bagarre. Je sors vite du dernier virage avant les stands et passe glorieusement de la 2 à 8000 tours en 5 à 1500 tours minute en omettant la 3 et la 4. Le Norvégien n’en croit certainement pas ses yeux et me passe comme un avion le sourire aux lèvres. Pas le temps de me flageller pour cette erreur, je recolle à mon agresseur en moins d’un tour avec notre botte secrète made in Belgium, le freinage à 60m sur l’ABS. Re-sortie de courbe, je me colle à la boite Norvégienne et prend une bonne aspi pour reprendre mon bien et pour finalement voir mon concurrent disparaitre de mes rétros dans le virage 3,  à grands coups de 360° dans l’herbe à la suite d’une tentative de freinage un peu optimiste

Ce répit bienvenu me permet d’enchaîner deux tours propres et de passer en dessous de la barre des 1.44 avec un 1.43.8 qui restera mon meilleur temps à moins d’une seconde de Stéphane Lemeret (et c’est bien grâce à lui), meilleur temps de notre heure de course en 1.42.9.

J’attaque mon dernier tour au bout de 50mn de course, nous sommes 6e au classement, toute l’équipe est debout sur le bord des stands pour célébrer en beauté la fin d’une belle aventure . Un dernier plaisir avec un freinage appuyé dans le virage N°1 suivi de la longue ligne droite vers le 2. Je ré-accélère tôt et là tout s’écroule, la pédale de gaz ne répond plus et ma MX5 si performante jusqu’alors se met à ratatouiller violemment avant de s’éteindre sur le vibreur extérieur.

Panne sèche à un demi tour de l’arrivée, un demi-litre trop court après 4h de course et c’est l’ensemble du plateau qui me passe à côté en direction du drapeau à damier.

Le sport automobile est réputé pour procurer les plus grandes sensations comme les plus grosses déceptions et j’en fais l’expérience à mon modeste niveau, au point que je redoute le retour aux stands et la déception de l’équipe qui avait été remarquable en tous points. Le remorquage jusqu’au stand à 10km/h est une torture interminable ou se mêlent fatigue, déception et la sensation d’avoir néanmoins fait une belle course. L’équipe est déçue mais toujours aussi soudée et la bonne nouvelle tombe: nous perdons la 6e et la 7e place mais les neuvièmes sont à un tour, nous sommes finalement 8e au classement ce qui est un moindre mal compte tenu des circonstances.

Félicitations à l’équipe Belge qui remporte cette épreuve avec brio

Je retiendrai d’un point de vue personnel:

* Une expérience formidable avec une organisation de Mazda Europe qui ne sera jamais prise en défaut malgré l’ampleur de l’évènement (30 voitures, 150 concurrents, 3 jours sur circuit, une trentaine de mécanos).
* Une voiture tout simplement bluffante, ludique, performante et d’une fiabilité à toute épreuve (aucun problème mécanique constaté sur les 30 voitures en 4h de course)
* Un niveau de pilotage inattendu sur un évènement « media ». La chance de se frotter à des pilotes en GT, un ex F3000 et pilote d’essai chez Midland F1 entre autres est une belle leçon d’humilité.
* Une équipe de France aussi sympa que compétitive.

Un seul regret, ne pas pouvoir amener cette MX5 dans nos bagages vers une prochaine épreuve.
Si cela vous tente, les propriétaires de ce type de modèle seront heureux de savoir qu’ils pourront la préparer « course » avec un kit qui leur coutera €11000 + 70h de main d’oeuvre chez Mazda Europe (optionnel).
Vivement les 30 ans de la MX5!

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6 Commentaires sur "Mazda MX5 Open Race 2010: enfin la course!"

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Robert Brasseur
Membre

Bjr, et Bravo Christophe pour cette superbe course et ce récit qui nous fait très bien vivre la course.

tetra
Invité

+1 avec com n°1
félicitations et la prochaine fois qq centilitres en plus enleveront toute frustation…

roberto
Invité

bravo pour l’artcle
j’étais tellement à fond dans l’artcle que j’ai oublié d’en respirer

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