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    Accueil » 40 ans déjà : Silverstone 79, 1ère victoire de Williams
    Formule 1

    40 ans déjà : Silverstone 79, 1ère victoire de Williams

    Nicolas AnderbeganiNicolas Anderbegani12 juillet 20193 commentaires
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    Le grand prix d’Angleterre 2019 aura une saveur particulière pour l’écurie Williams, puisqu’on y célèbre un double anniversaire : les 50 ans de présence de Sir Frank Williams en F1 et les 40 ans de la première victoire de son écurie !

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    Frank Williams fait partie des derniers géants de la F1, même si les temps sont très durs actuellement pour son équipe, lanterne rouge du peloton. Williams en a connu bien d’autres, tutoyant les sommets comme les pires tragédies. Un pan énorme de la grande histoire de la F1.

    La galérien

    Quand il débute modestement en 1969 avec un châssis acheté à Brabham, c’est une décennie de galères qui attend Frank Williams, un manager et homme d ‘affaires dur au mal, passionné mais déterminé. D’associations ratées en partenariats écourtés (avec Iso, De Tomaso, Wolf, etc.) sans oublier la parte tragique de son pilote et ami Piers Courage, Williams encaisse, rame mais ne lâche rien et trouve finalement en Patrick Head le bon associé pour fonder Williams Engineering en 1977.

    L’argent n’a pas toujours coulé à flots pour cet indépendant, ce qui expliquera souvent la sobriété du team et des négociations houleuses face aux prétentions salariales de certains pilotes. Mais en 1978, tout en devenant constructeur, Williams peut enfin se sentir à l’aise grâce à un accord de sponsoring juteux avec des compagnies…saoudiennes. Ainsi, à la charnière des années 70-80, les Williams ne sont pas bleues mais plutôt vertes et blanches. Williams peut compter en effet sur le soutien financier de la holding TAG, fondée par l’homme d’affaires saoudien Akram Ojjeh (très impliqué dans les contrats d’armement entre l’Arabie Saoudite et la France, acquéreur du paquebot France et décoré de la légion d’honneur par Giscard) et dont le fils Mansour intensifie l’implication en F1, de la compagnie aérienne nationale Fly Saudia et aussi du groupe de BTP Albilad, propriété de la famille…Ben Laden.

    Le début d’une grande épopée

    Quoi qu’il en soit, la saison 1979 est prometteuse pour Williams, qui présente sa première Wing-Car, c’est à dire une monoplace utilisant le principe révolutionnaire de l’effet de sol, introduit par Lotus la saison précédente. Fine, compacte et studieusement élaborée en soufflerie, la FW07 ne débute qu’au 5e grand prix de la saison en Espagne mais ne tarde pas à inquiéter la concurrence. A Monaco, Regazzoni termine 2e sur les talons de Jody Scheckter tandis qu’à Spa, Alan Jones dominait outrageusement la course avant d’être stoppé par un problème électrique.

    A Silverstone, la FW07 est le nouvel épouvantail du peloton. Alan Jones signe une pole pleine d’autorité, 7 secondes plus rapide que la pole de James Hunt en 1977 ! Avec de meilleures vitesses de passage en courbe , Jones colle 6 dixièmes à la Renault de Jabouille, qui a pourtant le turbo. Les Lotus et les Ferrari sont reléguées à 2 et 3 secondes ! Un gouffre !

    Le début de la course est un récital pour Jones, qui compte après 15 tours déjà 11 secondes d’avance sur Jabouille ! Le français est néanmoins ralenti par des ennuis de pneus, si bien qu’au 20e tour, Jones mène devant l’autre Williams de Regazzoni. Le 3e, René Arnoux, est à 30 secondes. Au 40e tour, Jones est cassé dans son élan par une rupture de la pompe à eau, mais Williams peut compter sur l’autre voiture qui prend la relève. Le suisse contrôle aisément la course et inflige une humiliation à la concurrence. Au 59e tour, il prend un tour à la Ferrari de Scheckter et au 62e tour, c’est un deuxième tour de retard qu’il inflige à la Lotus de Reutemann !

    Au bout des 68 tours de course, Regazzoni remporte à 40 ans sa dernière victoire. Un succès célébré au…jus de fruits, afin de ne pas froisser les sponsors saoudiens. Une belle revanche sur Ferrari aussi qui l’avait licencié un an plus tôt, mais malheureusement le suisse sera grièvement blessé l’année suivante et restera paraplégique. Quant à Williams, que de chemin parcouru ! Le petit « garagiste » qui se débrouillait avec des bouts de ficelle est bien loin. La concurrence est prévenue, Williams s’apprête à dominer la F1.

    50 ans après, Williams tient bon

    Depuis, Williams a connu des joies, avec les multiples titres mondiaux, et des drames, avec l’accident de la route de son fondateur et la mort tragique d’Ayrton Senna à Imola, qui hante encore la mémoire de l’anglais. Revigorée avec Mercedes à l’arrivée de l’ère hybride, l’écurie a dégringolé et n’est aujourd’hui que l’ombre d’elle-même, avec des résultats catastrophiques. Mais pourtant, l’entreprise s’accroche à son indépendance et a su se diversifier dans les technologies électriques pour générer des profits. Même si l’âge et une santé fragile l’éloignent des circuits, Frank Williams garde un œil attentif sur le destin de son équipe dirigée aujourd’hui par sa fille Claire.

    « Cinquante ans en Formule 1. Franchement, je n’y ai pas beaucoup pensé. Je ne peux pas dire que j’ai adoré chaque minute, car il y a eu des moments très difficiles – j’ai perdu ma femme, j’ai perdu des pilotes. Mais la Formule 1 m’a très bien traité. J’ai toujours été passionné par la vitesse, depuis mon enfance. Je faisais semblant d’être un pilote, ce genre de sottises (…) L’arrivée de Patrick Head avait été significative : il a grandement aidé à faire de cette entreprise ce qu’elle est devenue. Nous avons connu beaucoup de succès mais il y a une expression bien connue en F1 : ‘On a la réputation de sa dernière course’. Nous continuerons à nous battre, et je ne suis pas près de m’en aller« , conclut Frank Williams. Chapeau !

    Source : Williams

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    Nicolas Anderbegani
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    Petit-fils de "Citroëniste" et fils de "Béhémiste", je suis tombé dans la potion magique automobile tout petit. Charmé avant tout par les belles Italiennes, je suis passionné par les sports mécaniques, Formule 1 en pole position évidemment. Toujours prompt à dégainer mon appareil photo, je suis de près l'actualité sous toutes ses formes, aimant "shooter" des bolides en mouvement et faire des montages vidéos. Mes champs de prédilection sont l'actualité produit des marques Italiennes et des sportives en général, le sport automobile et les évènements historiques, qui recoupent ma profession d'enseignant d'Histoire. Je retranscris ma passion enfin dans l'écriture d'ouvrages.

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    3 commentaires

    1. Thomas on 12 juillet 2019 16h19

      Quand on voit ce qu’est devenu Williams cette saison(pourtant avec un certain Robert Kubica, pas le dernier né des pilotes), quelle tristesse 🙁 🙁

      Reply
    2. lataupe2B on 13 juillet 2019 12h17

      Toujours bien réalisé vos articles. C’est triste de voir cette écurie en bas du tableau.

      Reply
    3. Gustave on 13 juillet 2019 14h38

      Akram Ojjeh…tiens tiens….comme par hasard…
      C’est facile de devenir youtubeur des beaux quartiers en faisant le kéké quand dans ta famille on fait fortune avec la vente d’armes….
      Ce qui prouve encore le peu de crédibilité qu’on ces youtubeurs chez les passionnés…
      Pour les beaufs qui aiment le bling bling par contre…. triste 🙂

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