par Elisabeth Studer

Paris : l’interdiction du trafic de transit reportée à 2024

Petite déconvenue pour Anne Hidalgo, et cette fois-ci il ne s’agit pas de campagne électorale. L’interdiction du trafic de transit dans le centre de Paris - initialement prévue pour le premier semestre 2022 - est repoussée à 2024, en raison de risques de recours juridiques induits par le projet.

Zapping Le Blogauto Essai MG ZS EV

Petite déconvenue pour Anne Hidalgo, et cette fois-ci il ne s’agit pas de campagne électorale. L’interdiction du trafic de transit dans le centre de Paris - initialement prévue pour le premier semestre 2022 - est repoussée à 2024, en raison de risques de recours juridiques induits par le projet.

L’interdiction du trafic de transit dans le centre de Paris repoussée à 2024

Anne Hidalgo, maire socialiste de la Capitale vient de repousser d’un an et demi l’interdiction du trafic de transit dans le centre de Paris. La concrétisation de cette mesure phare du programme de la coalition qui dirige la Capitale est désormais envisagée pour le début de 2024, a annoncé la mairie jeudi 17 février.

Pour "rassurer ceux qui sont inquiets", la majorité de gauche a ainsi décidé de reporter sa mise en oeuvre … juste à temps pour les Jeux olympiques que Paris doit accueillir.

Hidalgo veut réduire de manière drastique la circulation des véhicules dans le cœur de Paris

L’objectif de la mesure demeure quant à lui inchangé. En vue de lutter contre la pollution, Anne Hidalgo et son équipe veulent réduire de manière drastique la circulation des voitures, motos et scooters dans l’hypercentre de Paris.

Après avoir dans un premier temps même évoqué « la piétonnisation du centre de Paris », la maire a mis de l’eau dans son vin … précisant par la suite qu’il ne ne s’agissait pas de bloquer tous les véhicules, mais « seulement » ceux ne faisant que traverser le centre de la capitale. Soit tout de même environ une voiture sur deux.

A terme, le trafic de transit devrait être banni d’une vaste "zone à trafic limité" (ZTL), rebaptisée "zone apaisée" couvrant l’ensemble des quatre premiers arrondissements, ainsi que les parties des 5e, 6e et 7e arrondissements situées entre le boulevard Saint-Germain et la Seine.

Selon David Belliard, l'adjoint (EELV) à la transformation de l'espace public, il y a dans cette zone entre 350.000 et 550.000 déplacements par jour au total.

Des recours en justice susceptibles de se multiplier

Reste que si le projet fait certes le bonheur d’une partie de la population parisienne, il s’avère également très critiqué, notamment à droite et du côté des VTC. Nombre d’élus et de professionnels redoutent un report massif de la circulation aux abords de la zone interdite, qui ne ferait que générer de nouveaux embouteillages, et un transfert de la pollution.

Des recours en justice paraissent inévitables. « Comme pour la fermeture des voies sur berges, qui n’a entraîné qu’un déplacement de la pollution en périphérie et non sa diminution, Anne Hidalgo fait de l’affichage politique », déplorent les élus Les Républicains menés par Rachida Dati, qui « s’opposent catégoriquement au projet ».

Une étude d’impact et enquête publique

Histoire de prendre les devants, la mairie de Paris a consulté l’Autorité environnementale. « Comme nous sommes attendus au tournant, nous avons voulu rendre ce projet plus solide, notamment sur le plan juridique », explique David Belliard, l’adjoint écologiste chargé des transports.

Une étude d'impact devra désormais être menée afin notamment d’éviter "les goulots d'étranglement par effets de report", une enquête publique devra être réalisée auprès du simple quidam, des autorités de transports, commerçants et grands magasins.

Reste qu’il demeure difficile  de contenter tout le monde …  Si le maire LR du VIe arrondissement, Jean-Pierre Lecoq  s’est dit « assez favorable »  à cette «  ZTL light » ,  le préfet de police Didier Lallement a au contraire  fait immédiatement connaître ses "fortes réserves sur le projet tel qu'envisagé".

Notre avis, par leblogauto.com

Le représentant de l'Etat craint "des difficultés pour la circulation des services de secours et de police en périphérie de la zone" et un "impact négatif pour l'activité économique de la capitale".

Autre point de discorde : la mise en double sens du boulevard Saint-Germain à laquelle s'opposent les maires de droite concernés par cet axe. Une "hérésie totale", selon     Jean-Pierre Lecoq pour qui l'on risque de "récréer un périphérique à l'intérieur de Paris".

Sources : AFP, Mairie de Paris

Pour résumer

Petite déconvenue pour Anne Hidalgo, et cette fois-ci il ne s’agit pas de campagne électorale. L’interdiction du trafic de transit dans le centre de Paris - initialement prévue pour le premier semestre 2022 - est repoussée à 2024, en raison de risques de recours juridiques induits par le projet.

La quotidienne

Retrouvez tous les soirs une sélection d'articles dans votre boite mail.