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    Accueil » Reconversion réussie pour les usines Panhard & Levassor
    Histoire

    Reconversion réussie pour les usines Panhard & Levassor

    La rédactionLa rédaction22 juin 2014Aucun commentaire
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    Son histoire nous ramène  aux débuts de l’industrie automobile. En 1873, René Panhard s’associe à Émile Levassor, tous deux ingénieurs centraliens. Petit-fils de carrossier, Panhard s’intéresse à l’hippomobile. Levassor a lui travaillé pour Cockerill, une société belge de sidérurgie et de charbon.

    Tous deux s’intéressent au moteur à gaz avant de rencontrer Édouard Sarazin, représentant en France des moteurs à essence Daimler, qui leur confie alors une licence de fabrication en exclusivité.

    En 1891, ils emmènent un premier véhicule, la type 2D, jusqu’à Versailles, puis Etretat. Ils s’installent au 16 avenue d’Ivry, à Paris, où ils reçoivent leurs 5 premières commandes.

    En 1895, ils participent à la première course automobile au monde, Paris-Bordeaux-Paris, et signent un doublé. S’en suivront de nombreux succès à Monte Carlo ou aux mille Miles. L’année suivante, Émile Levassor est victime d’un grave accident dans la course Paris-Marseille en voulant éviter un chien sur la route. Il succombera à ses blessures l’année suivante devant sa table à dessin.

    Sa réputation faite, Panhard se spécialise dans les voitures puissantes et luxueuses, destinées à une clientèle fortunée. En 1905, l’usine parisienne sort jusqu’à 150 châssis par mois, malgré des prix conséquents : de 12 000 F à l’époque pour un châssis type 15 cv à 30 000 F pour un type 50 cv. En parallèle, la marque produit aussi des camions, ce qui la place avant la première guerre en tête des ventes de véhicules en France. Le conflit va pousser le constructeur à s’intéresser aux véhicules militaires afin de participer à l’effort de guerre.

     

    Début 1930, la marque compte 3 modèles, les 6CS, 6DS et la 8DS à moteur 8 cylindres. Leur avancée technique est la barre Panhard, qui n’est autre que la barre anti-roulis toujours utilisée aujourd’hui. En plein essor, Panhard présente un nouveau modèle révolutionnaire en 1936 : la Dynamic. Caisse autoporteuse en acier, freinage hydraulique à double circuit, vitres panoramiques et moteur 6 cylindres. Mais au même moment, l’arrivée du Front populaire entraine de longues grèves qui causeront l’échec commercial du modèle, les familles bourgeoises n’osant pas se montrer dans un véhicule aussi exubérant. Après 4 années de production, seulement 2 600 Dynamic sortiront des chaînes de la porte d’Ivry.

    Après la seconde guerre, Panhard se tourne vers des voitures plus populaires utilisant des moteurs moins coûteux à produire, des flat-twin, 2 cylindres à plat. La Dyna X l’inaugure en 1946, suivi par la Junior en 1952 puis la Dyna Z en 1954. Panhard se tourne à nouveau vers la compétition, en développant un modèle spécialement conçu pour les 24 heures du Mans : La Monopole, qui participera de 1956 à 1958.

    En 1959 est lancée la PL17 rendant hommage aux deux créateurs par ses initiales, 17 étant l’addition de 6 litres aux cent, 6 places et 5cv fiscaux. Puis en 1963, La 24 rendra quant à elle hommage aux 24h du Mans.

    Cette popularisation de la marque rendra sa situation financière difficile au début des années 60. Citroën se pose alors comme repreneur idéal, mais mettra fin à la production civile des Panhard en 1967, malgré les débuts prometteurs de la 24. La marque continuera toutefois à produire des véhicules militaires, ce qu’elle fait toujours aujourd’hui d’ailleurs.

    L’usine de l’avenue d’Ivry servira par la suite à produire des 2CV fourgonnette, puis sera partiellement détruite. À l’abandon, elle sera rachetée par Remi Gaston-Dreyfus qui lancera ensuite le chantier de rénovation.

    Le bâtiment à conservé ses murs triangulaires en brique rouge et son ossature métallique. Situé entre l’avenue d’Ivry, la rue Nationale et le boulevard Regnault, le bâtiment abrite également une halte garderie et un centre d’accueil pour les sans-abris. À l’intérieur, on peut notamment admirer une Dyna X, dernier clin d’oeil à son histoire.

    Anecdote intéressante, la proximité immédiate du quartier chinois actuel s’explique en partie par l’emplacement de l’usine parisienne Panhard. Les ateliers ont en effet employé de nombreux ouvriers asiatiques, immigrés en France après la Première Guerre mondiale.

     

    Credits photos : AREP (Photos 1, 6 à 10), Panhard (Photos 2 à 5 & 11 à 14)

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