Et si Bugatti n’avait pas toujours été synonyme de luxe extrême ? Avant la Chiron et la Veyron, le génie d’Ettore Bugatti a un temps travaillé… pour Peugeot. Une histoire méconnue, fascinante et pleine de surprises.
Le choc des noms

Quand on dit “Bugatti”, on pense immédiatement à des hypercars hors de prix. Quand on dit “Peugeot”, on imagine des voitures fiables, françaises et accessibles. Pourtant, au tout début du XXᵉ siècle, ces deux géants ont croisé leurs routes.
Le fruit de cette rencontre ? La Peugeot Bugatti Type 19, un véhicule combinant l’ingénierie avant-gardiste de Bugatti et la capacité industrielle de Peugeot. Une alliance courte mais mémorable.
Ettore Bugatti : le génie avant la légende

Bugatti n’était pas seulement un designer : c’était un ingénieur obsédé par la précision et la performance. Avant de fonder sa propre marque à Molsheim, il concevait des moteurs et des voitures pour d’autres industriels, dont… Peugeot.
Sa vision ? Des moteurs légers, puissants et sophistiqués. Peugeot, de son côté, cherchait à se démarquer par l’innovation technique.
De l’Italie à la France : la route d’Ettore Bugatti
Né à Milan en 1881 dans une famille d’artistes et d’ingénieurs, Ettore Bugatti grandit entre design et mécanique. Après des études en Italie et en Allemagne, il s’installe en France, attiré par l’industrie automobile florissante et l’esprit d’innovation du pays. C’est là qu’il commence à collaborer avec Peugeot, avant de fonder sa propre marque à Molsheim.
Cette trajectoire transalpine explique en partie la vision unique de Bugatti : combiner art, ingénierie et performance, un style qui continuera à définir la marque pour le siècle suivant.
La Peugeot Bugatti Type 19 : un concentré de technologie

Le moteur 4 cylindres 8 soupapes, ultra innovant pour 1911.
Quelques caractéristiques qui font rêver (enfin pour l’époque) :
- Moteur 4 cylindres, 855 cm3, avec 8 soupapes latérales
- Distribution avancée signée Bugatti, optimisant puissance et fiabilité
- Boîte 2 vitesses, puis 3 vitesses
- Voiturette très légère, de 2,62 m de long, peu onéreuse à produire
En clair : l’alliance parfaite du génie technique et de l’ingénierie industrielle. Cette « cyclecar » de 330 kg à vide était capable d’atteindre 60 km/h avec sa puissance phénoménale de 10 chevaux. C’est un cabriolet au sens pur du terme. C’est-à-dire capote légère et pas de vitres latérales. Une version berline existait aussi.
Quand l’automobile allait vers des véhicules toujours plus gros, plus lourds, plus luxueux, cette Bugatti – Peugeot voulait, au contraire, démocratiser l’automobile.

Une collaboration courte mais déterminanteUne Peugeot d’époque, illustration du savoir-faire industriel français.
Pourquoi cette collaboration n’a-t-elle pas duré ?
- La Première Guerre mondiale interrompt la production
- Bugatti souhaite voler de ses propres ailes, créant après-guerre les légendaires Type 35 et Royale
- Peugeot poursuit ses innovations orientées production de masse
Malgré sa courte durée, la Type 19 a prouvé que l’ingénierie française pouvait rivaliser avec les meilleurs d’Europe. 3 095 exemplaires de la Bébé Peugeot seront produits à l’usine Peugeot Beaulieu à Mandeure (Doubs).
L’héritage oublié
- Ouverture de la voie aux moteurs multivalves en France
- Preuve que Bugatti n’a pas commencé comme “hypercar de luxe” mais comme ingénieur collaboratif
- Rappel que industrie et génie peuvent se rencontrer, mais que la vision personnelle reste reine
Aujourd’hui, peu de Type 19 existent encore, mais elles restent un joyau oublié de l’histoire automobile française.

Quand la France dominait l’automobile
Cette histoire de l’automobile française a peu à peu été oubliée. La faute à la seconde Guerre Mondiale et au plan de Paul-Marie Pons. Ce dernier a attribué un rôle spécifique à quelques constructeurs pour répartir les matériaux disponibles. Cela a dramatiquement marqué l’industrie française automobile qui n’est jamais revenue à sa grandeur passée.
Toutefois, la prochaine fois que vous verrez une vieille Peugeot, pensez-y : dans ses veines coule un peu du sang de Bugatti. Une histoire oubliée, mais fascinante, qui prouve que l’innovation naît souvent des rencontres inattendues.

4 cylindres !!
C’est le HDG maintenant chez Pejo…….
Lol
Peugeot aurait du rester Peugeot.
L’alliance italie / usa / france / Exor Agnelli est une catastrophe …
Stellantis a plongé de – 25,17 % en bourse Vendredi …. et -35,41 % depuis le 1er Janvier.
Paris – 18 janvier 2021 – Euronext célèbre aujourd’hui l’introduction en bourse de Stellantis NV, l’un des leaders mondiaux de l’automobile, prix : 12,570 euros par action …. ce week end : 6,111 euros.
https://www.zonebourse.com/cours/action/STELLANTIS-N-V-117814143/
Stellantis a 5 ans d’âge, dont 4 avec des bénéfices nets.
Stellantis hérite des problèmes de fiabilité de PSA et du sous-investissement de FCA en 2021 !
Ils ont pris du retard dans les VE (vers 2015) puis les hybrides (pour 2026).
Mais les 3/4 des problèmes sont déjà du passe et les reste est en cours.
C’est assurément un point bas !
La synergie entre les marques n’a pas encore totalement parlé.
14 marques : Abarth, Alfa Romeo, Chrysler, Citroën, Dodge, Fiat, Jeep, Lancia, Opel, Peugeot, Ram, Vauxhall, Maserati DS Automobiles en bourse ça vaut … 1/3 de Ferrari !!! ….
Stellantis 17,6 milliards / ferrari 49,7 milliards
Exor à perdu 3 milliards d’euros , donc la famille Agnelli la moitié avec Stellantis….
Il y a surement du « grand grand chef patron » à virer , et des vieilles marques du 20ème siècle à virer.
« La création de Stellantis garde tout son sens pour les années à venir, selon le DG »
https://www.boursorama.com/bourse/actualites/la-creation-de-stellantis-garde-tout-son-sens-pour-les-annees-a-venir-selon-le-dg-527b713bac3aadb43fab6d06ed19fbcb
On y croit … Ou pas !?
Mais Stellantis peut rebondir.
Toutes leurs marques avec des nouveaux modèles ont du potentiel.
… Ça va être passionnant à suivre durant les 5 prochaines années.
https://www.automobile-magazine.fr/voitures-electriques/article/50947-a-court-de-batteries-peugeot-ne-parvient-pas-a-livrer-ses-3008-et-5008-electriques
LAMENTABLE………
C’est le résultat de notre retard sur la batterie en général.
Les Européens prennent les décisions, mais toujours avec un mauvais timing.
ACC, c’est lancé dans les batteries NMC quand la demande voulais des LFP.
Soit ! Les NMC sont bonnes pour le HDG pour l’autonomie, mais dangereuses et coûteuses… Et demande de l’expérience.
A force de prendre des décisions au panneau trop tard.
Maintenant, les Chinois sont nos maîtres d’école… On a besoin d’eux !
Mais toutes les révolutions industrielles sont passées par là !
Il faut prendre les bonnes décisions au bon moment … Facile de le dire.
Les Chinois… Etatiquement ont poussé la VE dès 2001… L’UE après 2020 et en mettant la charrue avec les bœufs.
Forcément, bien faire les choses avec 20 années de retard… Cela se paye !
Très bel article sur une histoire oubliée mais non moins mythique. Et quelle ligne!
La calandre avec le Lion assis c’est décadent mais tellement beau!
Quand on dit “Peugeot”, on imagine des voitures fiables, françaises et accessibles.
Française …… de moins en moins mais bon….
Accessible …..ben tiens….. cette marque est bien connue pour cela !!!
Fiable… alors là c’est carrément une fake news…!!!!!
Les moteurs Fiat reviennent chez Stellantoc
🙏
Ou comment un article plein de bienveillance sur un aspect historique s’est transformé en boîte à trolls.
Cela en dit long sur nos usages d’internet et des réseaux sociaux. C’est bien la perception actuelle qu’ont de nombreuses personnes sur cette marque qui est ressorti dans les commentaires.
Les réseaux sociaux et autres sites où on peut laisser un commentaire sont devenus des cahiers de doléances à revendications ou des défouloirs, des caisses de résonance d’une agressivité.
J’ai envie de dire « pouce », ici l’auteur nous propose un super article sur une histoire peu connue d’un label. C’est cette histoire qu’il faut commenter. Donc un grand merci pour cet article, ça fait du bien de sortir de la névrose collective du « tous pourris ». Faites en plein d’autres sur Peugeot, Talbot, Citroën, Renault …
Merci @SAM pour ce commentaire.
Peugeot est une marque historique de la France …. Comme Renault et Citroën.
On va dire, pour être gentil que @ olivier, est jeune et qui ne connaît pas l’histoire des marques manifestement !?
Française .. Difficile de faire plus français
Accessible…. Là, je serais presque d’accord avec olivier… Les Peugeot n’ont jamais été « données » pour leur catégorie… … Ça n’a jamais été du premier prix.
Fiable… j’ai une Gti de 1991 … 250mKm…. Moteur d’origine… Que le train arrière changé après 200 mKm…. C’est ultra fiable globalement.
Surtout que lors des WE aux Mans pour aller aux courses de karting la vitesse de croisière, c’était 200 à 5.000 tr/mn à l’époque
Quand l’on a vu jeune des milliers de taxis 504 d et 505 d avec des compteurs au-delà du million de km.
Comment peut-on avoir un doute ?
Le Puretech c’est une période noire de 2014 à 2022.
Doit-on réécrire l’histoire de plus de 100 ans pour cette période !?
En 1940, les Allemands étaient intéressés pour remployer des usines Peugeot et leur ingénierie parce qu’ils connaissaient leur réputation de fiabilité.
Les Peugeot de l’époque n’étaient vraiment pas fiables… À cause des sabotages des employées qui faisaient une forme de résistance à Ferdinand Porsche qui les surveillait… et déportait les récalcitrants.
À lire ou relire … Sur RMC 24, il avait eu un excellent reportage !
« Peugeot pendant la Seconde Guerre mondiale »
https://fr.wikipedia.org/wiki/Peugeot_pendant_la_Seconde_Guerre_mondiale
Excellent rappel historique sur la ‘Bébé’ Peugeot. Il est fascinant de voir comment Ettore, bien avant les délires de grandeur de la Royale, appliquait déjà son principe de ‘pur-sang’ à une voiture populaire.
Ce que l’on oublie souvent, c’est que le moteur de la Type 19 était une merveille de compacité : un bloc borgne sans joint de culasse, typique de l’école Bugatti, qui permettait d’éviter bien des soucis d’étanchéité pour l’époque. Cette collaboration a aussi permis à Peugeot de comprendre l’importance du rapport poids/puissance, une leçon qu’Ettore a perfectionnée plus tard avec la Type 35. Dommage que le plan Pons ait ensuite étouffé ce génie créatif français en segmentant trop l’industrie. Un grand merci pour ce focus sur une époque où l’ingénierie passait avant le marketing.
« Dommage que le plan Pons ait ensuite étouffé ce génie créatif français »
OH que OUI !!! @Marco Brunelli 👐
Alors que les Allemands encore sous les tickets de raisonnements dans les années 50, envisageaient déjà du HdG pour l’exportation.
15 années avant, les constructeurs français étaient des champions du premium de l’époque et du luxe.
… Ça a permis, pour ainsi dire, aux Allemands de rouler massivement en Mercedes quand les Français roulaient en VW… Voiture du peuple dans les années 60 (pour les pauvres).
C’est tout à fait vrai. Le paradoxe est frappant : pendant que Mercedes-Benz reconstruisait son image avec la 300 SL, la France sacrifiait ses carrossiers et ses motoristes d’exception (Delahaye, Talbot-Lago, Bugatti) sur l’autel de la reconstruction de masse.
Même l’aventure Facel Vega, avec les superbes HK500, n’a été qu’un chant du cygne, faute de moteurs nationaux de prestige et d’un soutien de l’État. On a fini par importer des V8 Chrysler pour motoriser le luxe français, un comble ! Cette rupture stratégique des années 50 a laissé un boulevard au ‘Premium’ allemand que nous connaissons aujourd’hui. Ravi de voir que cette analyse sur le Plan Pons résonne encore chez les passionnés !
« tickets de rationnement » …évidemment ! 🤭