Peu de voitures incarnent aussi intensément l’esprit de la compétition automobile des années 60 que l’Alfa Romeo Tipo 33/2 Daytona. Née dans un contexte de bouleversement technologique et de rivalité féroce entre les constructeurs dans la catégorie des prototypes, cette machine représente une fusion entre design avant-gardiste, ingénierie de pointe et ambitions sportives assumées. Autodelta, branche compétition officielle d’Alfa Romeo, y injecte toute la philosophie de la marque italienne : une course vers l’innovation, servie par des hommes de génie et des pilotes au talent brut. Le modèle ici présenté, châssis 017, est sans conteste l’un des plus emblématiques de l’histoire du constructeur milanais.

La Tipo 33/2 Daytona : évolution et palmarès d’une icône de la compétition
Lancée dans la catégorie très disputée des prototypes Groupe 6, la Tipo 33/2 est une version affinée et optimisée du premier modèle de 1967. Elle se distingue par un châssis en H ingénieux, conçu pour intégrer les réservoirs de carburant dans les longerons, évoquant les méthodes de l’aéronautique. Le moteur, un V8 de 2,0 litres, délivre 270 ch grâce à un système d’injection mécanique, et la carrosserie adopte deux configurations : une version longue dite Le Mans et une version courte, plus compactée et affûtée, appelée Daytona.
La saison 1968 voit la Tipo 33/2 Daytona entrer dans la légende. Avec ses performances très remarquées au Targa Florio, au Nürburgring ou encore aux 24 Heures du Mans, elle incarne l’espoir d’Alfa Romeo face à la domination allemande, notamment celle de Porsche. Le châssis 017, qui nous intéresse ici, fut confié aux pilotes Giovanni Galli et Ignazio Giunti. Avec ce duo, la voiture remporte la catégorie 2L au Targa Florio (2e au général), s’impose également dans sa classe au Nürburgring, et termine 4e au général au Mans en septembre 1968. Rarement une même voiture aura aligné de telles lignes à son palmarès.

Un modèle rare, une splendide pièce de collection
Le véhicule proposé aujourd’hui à la vente fait partie des 28 exemplaires seulement produits. Il ne s’agit pas d’un simple modèle de course, mais bien du châssis 017, véritable pièce unique ayant marqué l’histoire de l’endurance. Au fil de sa carrière, il a été piloté par les figures majeures du volant Alfa Romeo, remportant les plus grandes épreuves de sa catégorie lors de la saison d’or de 1968. Ce n’est pas une réplique ni une reconstruction : c’est l’original, avec une histoire documentée, conservée et respectée.
Après deux saisons riches en performances, la voiture est retirée de la compétition. Elle est acquise par Antoine Raffaelli, collectionneur réputé, et exposée pendant 35 ans au Musée de l’Automobile de Mougins. Restaurée en profondeur entre 1997 et 1999, elle est aujourd’hui proposée à la vente. Une opportunité rare de posséder un chapitre entier de l’histoire du sport automobile.

Intérêt historique et valeur sur le marché
Dans le segment des voitures de course de collection, la Tipo 33/2 Daytona se positionne comme une alternative de caractère aux Porsche 907 et Ferrari 206 S Dino. Mais avec un pedigree comme celui du châssis 017, elle se distingue très nettement. Triple vainqueur de catégorie dans trois compétitions mythiques, toujours avec les mêmes pilotes au volant, elle dépasse le simple statut de voiture de collection. Son historique confirmé, sa restauration documentée et sa rareté en font une valeur prestigieuse pour les collectionneurs avertis.
Le prix n’est ici pas communiqué publiquement, mais il est cohérent de placer ce modèle dans la tranche supérieure du marché des prototypes historiques, soit plusieurs millions d’euros en considération de son état, de son authenticité et de son palmarès. Comparée à d’autres véhicules de la même époque et catégorie produits à plus large échelle, cette Alfa Romeo reste aussi rare qu’influent dans l’histoire du sport automobile international.

- Marque : Alfa Romeo
- Modèle : Tipo 33/2 Daytona
- Année : 1968
- Châssis : N°017
- Motorisation : V8 2.0 litres, 270 ch
- Historique : Participant aux épreuves majeures de 1968, dont Le Mans, Targa Florio et Nürburgring
- Restauration : Complète entre 1997 et 1999, documentation disponible
- Prix : Sur demande, taxes européennes acquittées
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