L’univers des supercars de collection vient d’être secoué par une découverte exceptionnelle. Une Bugatti EB110 Super Sport de 1995 a mystérieusement refait surface en 2019 après avoir disparu des radars pendant 24 longues années. Le plus surprenant ? Cette hypercar légendaire affiche seulement 413 miles au compteur, soit environ 665 kilomètres, un kilométrage dérisoire qui défie l’entendement pour un véhicule de cet âge.
Cette réapparition spectaculaire s’apparente à la découverte d’un trésor automobile. La Bugatti EB110, produite entre 1991 et 1995, représente l’une des dernières créations de l’ère Bugatti originelle avant que Volkswagen ne reprenne la marque. Avec seulement 139 exemplaires produits toutes versions confondues, chaque EB110 constitue déjà une pièce de collection extraordinaire. Mais celle-ci transcende toutes les attentes.

Un joyau technologique des années 90 retrouvé intact
La Bugatti EB110 Super Sport représentait le summum de la technologie automobile au milieu des années 90. Développée sous la direction de Romano Artioli, cette hypercar embarquait un moteur V12 de 3,5 litres suralimenté par quatre turbocompresseurs, délivrant une puissance phénoménale de 611 chevaux. Cette configuration technique révolutionnaire permettait à l’EB110 Super Sport d’atteindre une vitesse maximale de 351 km/h, faisant d’elle l’une des voitures les plus rapides de son époque.
Le châssis en fibre de carbone de l’EB110, une innovation pour l’époque, contribuait à maintenir le poids total à seulement 1 618 kilogrammes malgré la transmission intégrale permanente. Cette prouesse technique permettait des performances stupéfiantes : 0 à 100 km/h en 3,2 secondes, des chiffres qui restent impressionnants même selon les standards actuels.
L’exemplaire retrouvé conserve toutes ses spécifications d’origine, y compris son intérieur en cuir de qualité supérieure et ses équipements de série particulièrement luxueux pour l’époque. Les sièges sport, le tableau de bord en fibre de carbone apparent et les finitions artisanales témoignent du savoir-faire italien qui caractérisait la production de Campogalliano.

Un mystère de 24 ans enfin élucidé
L’histoire de cette Bugatti EB110 Super Sport ressemble à un roman d’aventures automobiles. Produite en 1995, soit l’année de la faillite de Bugatti Automobili SpA, cette voiture a mystérieusement disparu de la circulation peu après sa sortie d’usine. Pendant 24 années consécutives, aucune trace de ce véhicule n’a pu être retrouvée dans les registres officiels ou les bases de données spécialisées.
Les circonstances exactes de cette disparition prolongée demeurent floues, mais plusieurs hypothèses circulent parmi les experts. Certains évoquent un stockage dans un garage privé par un collectionneur discret, d’autres suggèrent une acquisition par un investisseur qui aurait choisi de préserver le véhicule comme un placement à long terme. La réalité pourrait être plus prosaïque : un propriétaire passionné mais peu rouleur qui aurait simplement conservé sa Bugatti dans des conditions optimales.
Ce qui frappe les spécialistes, c’est l’état de conservation exceptionnel du véhicule. Après plus de deux décennies, la carrosserie, les éléments mécaniques et l’habitacle présentent un niveau de préservation remarquable. Cette conservation parfaite suggère un stockage dans des conditions contrôlées, à l’abri de l’humidité et des variations de température.

La réapparition en 2019 s’est faite de manière inattendue, probablement suite à une succession ou à la décision du propriétaire de se séparer de sa collection. Les premiers experts qui ont examiné le véhicule ont été stupéfaits par son état, certains déclarant n’avoir jamais vu d’EB110 dans une condition aussi parfaite.
Une opportunité unique sur le marché des enchères
Mecum Auctions, l’une des maisons de ventes aux enchères automobiles les plus prestigieuses au monde, a eu l’honneur de proposer cette pièce d’exception lors de sa vente de mai 2024. Cette sélection par Mecum confirme le statut extraordinaire de cet exemplaire dans l’univers des supercars de collection.
Le marché des Bugatti EB110 a connu une évolution spectaculaire ces dernières années. Si les premiers exemplaires se négociaient autour de 500 000 euros au début des années 2000, les prix ont littéralement explosé avec la renaissance de la marque sous l’égide de Volkswagen. Aujourd’hui, une EB110 en bon état peut facilement dépasser le million d’euros, et les versions Super Sport atteignent régulièrement des sommets entre 1,5 et 2,5 millions d’euros.
Cette appréciation s’explique par plusieurs facteurs convergents. D’abord, la rareté extrême : avec seulement 31 exemplaires de Super Sport produits, chaque voiture disponible suscite une concurrence féroce entre collectionneurs. Ensuite, la reconnaissance croissante de l’EB110 comme précurseur des hypercars modernes, notamment de la Veyron qui lui succédera une décennie plus tard.
L’exemplaire proposé par Mecum présente des atouts supplémentaires considérables. Son kilométrage exceptionnellement faible le place dans une catégorie à part, même parmi les EB110 les mieux préservées. Les experts estiment qu’il pourrait établir un nouveau record pour le modèle, dépassant potentiellement les 3 millions d’euros compte tenu de son caractère unique.

Les collectionneurs les plus fortunés voient dans cette Bugatti bien plus qu’un simple véhicile de collection. Elle représente un témoin authentique de l’histoire automobile, une capsule temporelle qui a traversé près de trois décennies sans altération. Pour les passionnés de la marque Bugatti, posséder cet exemplaire équivaut à détenir un morceau de l’âme même de la manufacture italienne.
Au-delà de sa valeur financière, cette EB110 Super Sport incarne l’esprit visionnaire des années 90, une époque où les constructeurs repoussaient les limites techniques sans les contraintes réglementaires actuelles. Son moteur suralimenté par les quatre turbocompresseurs de marque Ishikawajima-Harima, sa transmission manuelle et son caractère brut en font un objet de désir ultime pour les puristes de l’automobile.
Cette découverte rappelle que le monde des supercars de collection recèle encore des trésors cachés. Dans des garages privés, des entrepôts oubliés ou des collections secrètes, d’autres merveilles automobiles attendent peut-être leur heure pour refaire surface et éblouir à nouveau les passionnés du monde entier.

… pristine. Hummm
Petites précisions :
Il y a eu jusqu’à présent 4 « époques » de Bugatti :
– Bugatti
– Artioli dont fait partie l’EB110
– VW
– et maintenant Rimac
Le moteur der l’EB110 n’est pas atmosphérique : il y a 4 turbos.
C’est grosso modo ça en ce qui concerne la division automobile. Mais si on veut pousser plus loin il y en a plus, c’est même un « multiverse » l’actuelle Bugatti.
En réalité la vraie filiale descendante du Bugatti historique fait partie du groupe Safran. C’est l’entité Safran Landing System qui est la descendance directe de Bugatti. Quand Bugatti était en train de faire faillite, ils se sont reconvertis dans la production de pièces aéronautique. Plus tard et suite à de nombreuses fusions ils ont intégrés le groupe Safran (Bugatti, Bugatti-Messier, puis enfin Safran Landing System). Et c’est toujours dans la vraie usine historique (en partie du moins) que sont produit aujourd’hui les trains d’atterrissage de nombreux avions (leader mondial d’ailleurs).
Quand Artioli à « relancé » la marque, en réalité il a créé de toute pièce une nouvelle entreprise en payant des Royalties à Safran pour utiliser le nom Bugatti. Cette boite a été liquidé, puis VAG en a recrée une de toute pièces plus tard mais cette fois-ci sous régime français. Et là aussi j’imagine qu’ils paient toujours des royalties à Safran.
Donc finalement il y a bien plus d’époques. Une branche historique, et une branche cadette qui ont toutes leur histoires 🙂
Très intéressant.
Comme quoi les Bugatti modernes n’ont vraiment aucun rapport avec les modèles historiques.
Existe t’il d’autres marques luxe/sport tombés dans l’oubli qui pourraient être réveillées? Hispano-Suiza ça n’a pas marché il me semble?
Non en effet elles n’ont aucuns liens direct si ce ‘est l’emprunt du nom. Mais VAG à tout de même fait un beau travail pour assurer une certaine parenté. Déjà en basant l’entreprise en France, et en plus dans le fief historique. Habitant à 15min, c’est une fierté locale. Ils ont même poussé le vice plus loin en rachetant à Safran le château Saint Jean qui sert aujourd’hui de siège social. C’est un morceau du Bugatti historique.
Concernant Hispano Suiza, c’est marrant que tu abordes le sujet car je voulais en parler. Là aussi on a une histoire bien spéciale. D’abord Espagnole, ils se sont implantés plus tard en France au début du siècles dernier. Les tension, l’Espagne Franquiste, la guerre, ont fait qu’a un moment donné la division française à été nationalisée. Mais tout en gardant son nom Hispano Suiza. Et plus tard cette division française s’est reconvertie dans l’aéronautique, et comme Bugatti… absorbé par ce qui deviendra Safran. La division mère espagnole ayant elle disparue. Chose marrante, c’est finalement la branche française qui a permis au nom « Hispano-Suiza » de vivre le plus longtemps.
Aujourd’hui Hispano-Suiza tente de revenir en tant que marque auto. Projet porté par les descendant du fondateur espagnol. Comme Bugatti c’est une entreprise sans aucun lien avec l’entreprise originelle. Et ils doivent surement payer des royalties pour utiliser le nom.
Je trouvais que cette nouvelle époque des automobiles Bugatti pouvait encore être une Bugatti mais pas avec l’époque VW, trop éloignée de l’esprit, c’est pas avec je fais la plus grosse que l’on fait revivre Bugatti.